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L'activité du Royaume-Uni se contracte au 3e trimestre, la récession se profile
L'activité britannique a marqué le pas au troisième trimestre, l'inflation et la crise du coût de la vie se ressentant sur l'économie, qui semble entrer en récession.
Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2% entre juillet et septembre contre une hausse de 0,2% au 2ème trimestre, indique l'Office national des statistiques (ONS) vendredi dans son rapport mensuel sur l'activité.
Le repli a été particulièrement marqué en septembre (-0,6%) à cause du jour de congé national pour l'enterrement d'Elizabeth II, qui s'est traduit par la fermeture de très nombreuses entreprises.
L'ONS mentionne la hausse des coûts comme facteur pesant sur la production des entreprises, l'inflation tournant autour de 10% dans le pays.
Les secteurs de la consommation et de la vente au détail ont pâti notamment de la frilosité de consommateurs confrontés à une envolée de leurs factures.
La fin du mois de septembre a également été marquée par les turbulences financières déclenchées par les mesures budgétaires massives et non financées du gouvernement précédent mené par l'ex-Première ministre Liz Truss.
L'ex-ministre des Finances Kwasi Kwarteng a semblé vouloir partiellement se défausser de ce fiasco, affirmant dans un entretien à Talk TV qu'il avait essayé de prévenir Liz Truss que leurs mesures budgétaires destinées à doper la croissance allaient "trop vite", même s'il reconnait qu'elles ont "surpris les marchés" et qu'il en porte la responsabilité.
Ces annonces budgétaires avaient fait plonger la livre à son plus bas historique et s'envoler les taux d'emprunt de la dette britannique à long terme, ce qui s'est ressenti sur les crédits des entreprises et des ménages, d'autant plus que la Banque d'Angleterre est déjà en plein cycle de relèvement des taux d'intérêt pour calmer l'inflation.
Elle a procédé la semaine dernière à la plus forte hausse de son principal taux directeur depuis 1989: 0,75 point à 3%, tout en peignant un paysage économique lugubre, avertissant d'une récession qui pourrait être la plus longue connue au Royaume-Uni.
Tous ces facteurs minent la confiance des consommateurs, des investisseurs et dirigeants d'entreprises.
- Chemin difficile -
Samuel Tombs, de Pantheon Macro, observe que le repli de l'activité en septembre est plus marqué qu'attendu par les analystes.
"L'économie britannique se retrouve une fois de plus en queue de peloton du G7, plombée par sa politique monétaire et budgétaire, et des dégâts de long terme importants provenant du Covid et du Brexit", commente-t-il.
Cet été notamment, beaucoup de secteurs de l'économie ont été perturbés par le manque de travailleurs, dû en partie à une sortie du marché de l'emploi par les plus de 50 ans ou de personnes atteintes de maladies de longue durée, beaucoup liées aux conséquences du Covid.
Cette pénurie de bras était également attribuée au Brexit, qui complique la venue de travailleurs européens au Royaume-Uni.
Paul Dales, de Capital Economics, estime que même en enlevant l'effet du jour férié, "le PIB réel s'affiche en déclin au troisième trimestre et nous pensons que cela marque le début de la récession" - dont la définition généralement admise est d'au moins deux trimestres successifs de contraction.
"Nous n'échappons pas aux difficultés mondiales liées à une inflation élevée et à une croissance lente due largement à la guerre illégale" de la Russie en Ukraine et des limitations sur les approvisionnements russes en gaz qui ont fait flamber les prix de l'énergie et l'inflation, a justifié le Chancelier de l'Echiquier Jeremy Hunt.
Evoquant un "chemin difficile devant nous" qui va "requérir des décisions extrêmement dures pour restaurer la confiance et la stabilité économique", il insiste sur le fait "pour parvenir une croissance de long terme nous devons enrayer l'inflation, équilibrer les comptes et faire reculer la dette".
Le ministre doit présenter un projet budgétaire la semaine prochaine qui devrait comporter des réductions de dépenses publiques et des hausses d'impôts, ce qui fait craindre un retour de l'austérité dans le pays.
La responsable travailliste pour les questions économiques Rachel Reeves a qualifié les chiffres du PIB d"extrêmement inquiétants".
O.M.Souza--AMWN