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Face à Pyongyang, Biden resserre les rangs avec le Japon et la Corée du Sud
Le président américain Joe Biden rencontre dimanche les dirigeants du Japon et de la Corée du Sud, qui partagent les craintes d'un essai nucléaire nord-coréen, à la veille d'une rencontre avec son homologue chinois Xi Jinping qu'il exhortera à dissuader Pyongyang de passer à l'action.
L'ombre des missiles nord-coréens va planer au-dessus du dernier jour du sommet de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), à Phnom Penh.
Après une série record d'essais d'armements du régime de Kim Jong Un, Joe Biden initie sa riposte diplomatique en s'affichant sur la même ligne que Tokyo et Séoul, deux alliés de longue date inquiets d'un éventuel essai nucléaire nord-coréen, qui serait le premier depuis 2017.
Le président américain rencontre dans l'après-midi le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol, que la crise avec Pyongyang a rapprochés, malgré des différends historiques entre leurs pays.
Ils évoqueront leur stratégie vis-à-vis de la menace posée par "les armes de destruction massive et le programme de missiles balistiques illégaux" de la Corée du Nord, a indiqué la Maison Blanche.
Leur dernière rencontre trilatérale remonte à juin.
Pyongyang a justifié son action en réaction aux plus grandes manoeuvres aériennes jamais réalisées par les Etats-Unis et la Corée du Sud.
Joe Biden entend également évoquer les menaces que fait peser la Corée du Nord lors de sa rencontre, lundi, avec le président chinois Xi Jinping, lors du G20 sur l'île indonésienne de Bali.
Ce face-à-face très attendu entre les deux dirigeants sera le premier depuis le début du mandat du président américain, dans un contexte de fortes tensions entre les deux superpuissances.
Il entend notamment dire à M. Xi qu'il est dans l'intérêt de Pékin de "jouer un rôle constructif pour réfréner les pires tendances de la Corée du Nord", a déclaré samedi Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale du président américain.
"La Corée du Nord représente une menace non seulement pour les Etats-Unis, non seulement pour (la Corée du Sud) et le Japon, mais aussi pour la paix et la stabilité dans toute la région", a-t-il insisté.
- Lavrov à Phnom Penh -
Les Etats-Unis possèdent des bases militaires au Japon et en Corée du Sud. Cette présence est perçue comme une menace pour la Chine, superpuissance rivale qui regarde d'un mauvais oeil l'engagement de Washington de défendre Taïwan en cas d'invasion chinoise - ainsi que ses accusations répétées de "génocide" des Ouïghours dans le Xinjiang.
M. Biden a glissé samedi une allusion discrète à Pékin, qu'il n'a pas nommé, en assurant vouloir collaborer avec l'Asean pour "se défendre contre les menaces importantes qui pèsent sur l'ordre fondé sur la règle et sur l'Etat de droit".
Le dirigeant américain, conforté par les derniers résultats des élections de mi-mandat, se présente comme un champion de la démocratie face aux régimes autoritaires de Moscou ou Pékin.
Joe Biden et Li Keqiang, le Premier ministre chinois, étaient séparés samedi à la table du dîner de gala par l'hôte de la cérémonie, le Premier ministre cambodgien Hun Sen.
Ils vont participer ensemble au sommet de l'Asie orientale, qui réunit les membres de l'Asean et leurs principaux partenaires, dimanche matin.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov sera également présent. Il a rencontré samedi plusieurs de ses homologues de l'Asie du Sud-Est, une région qui majoritairement s'évertue à rester neutre vis-à-vis du conflit en Ukraine.
L'invasion russe de l'Ukraine risque de revenir sur la table de la séquence chargée qui arrive, entre G20 à Bali et le Forum de l'Asie-Pacifique (Apec) à Bangkok, où il continuera de représenter le président Vladimir Poutine.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky devrait participer par écrans interposés au G20, après que sa demande de livrer un message vidéo à l'Asean a été rejetée.
O.Karlsson--AMWN