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Turquie: au moins six morts dans un attentat au coeur d'Istanbul
Un attentat a visé dimanche le coeur battant d'Istanbul, principale ville et capitale économique de la Turquie, faisant au moins six morts et des dizaines de blessés dans l'artère commerçante très fréquentée d'Istiklal.
L'explosion de forte puissance est survenue vers 16H20 (13H20 GMT), au moment où la foule était particulièrement dense dans ce lieu de promenade prisé des Stambouliotes et des touristes.
"Les premières observations laissent subodorer un attentat terroriste", a affirmé le chef de l'Etat, ajoutant qu'"une femme y serait impliquée", sans autre précision.
Des rumeurs ont couru immédiatement après l'explosion évoquant une attaque suicide, sans aucune confirmation ni preuve.
L'attaque n'avait pas été revendiquée en début de soirée.
"Les auteurs de ce vil attentat seront démasqués. Que notre population soit sûre (qu'ils) seront punis", a promis M. Erdogan qui avait déjà été confronté à une campagne de terreur à travers le pays en 2015-2016.
Revendiquée en partie par le groupe Etat islamique, elle avait fait près de 500 morts et plus de 2.000 blessés.
Un premier bilan du gouverneur d'Istanbul, Ali Yerlikaya, avait fait état de quatre morts et 38 blessés.
- "assourdissant" -
La police a aussitôt établi un large cordon de sécurité pour empêcher l'accès à la zone meurtrie par crainte d'une seconde explosion. Un imposant déploiement de forces de sécurité barrait également tous les accès au quartier et aux rues adjacentes, a constaté la vidéaste de l'AFP.
"Les gens couraient en panique. Le bruit était énorme. Il y a eu une fumée noire. Le son était si fort, presque assourdissant", a-t-il rapporté.
Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux au moment de l'explosion, celle-ci, accompagnée de flammes, a été entendue de loin et a déclenché aussitôt un mouvement de panique.
Un large cratère noir est visible sur ces images, ainsi que plusieurs corps à terre gisant à proximité.
Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu s'est rapidment rendu sur place: "J'ai été briefé par les équipes de pompiers sur Istiklal. Ils poursuivent leur travail en coordination avec la police" a-t-il indiqué sur Twitter, en présentant ses condoléances aux victimes et à leurs proches.
Dans le quartier voisin de Galata, beaucoup de boutiques ont baissé leurs rideaux avant l'heure. Certains passants, arrivés en courant du lieu de l'explosion, avaient les larmes aux yeux, a constaté un journaliste de l'AFP.
- Diffusion d'images interdite -
A la nuit tombée, les terrasses des restaurants de ce quartier très touristique restaient en partie vides.
Le Haut conseil audiovisuel turc (RTUK) a rapidement interdit aux médias audiovisuels de diffuser des images de la scène, décision justifiée par le directeur de la communication présidentielle et proche conseiller du président Erdogan, Farhettin Altun, pour "empêcher de semer la peur, la panique et l'agitation dans la société et (risquer) de servir les objectifs d'organisations terroristes".
"Toutes les institutions et organisations de notre État mènent une enquête rapide, méticuleuse et efficace concernant l'incident" a-t-il promis dans une déclaration.
L'émotion est intense à Istanbul, déjà durement éprouvée par le passé. Les matches des grands clubs de foot stambouliiotes, dont le Galatasaray, ont été annulés.
La rue Istiklal, qui signifie "l'Indépendance", dans le quartier historique de Beyoglu, est l'une des plus célèbres artères d’Istanbul, entièrement piétonne sur 1,4 km. Sillonnée par un vieux tramway, bordée de commerces et de restaurants, elle est empruntée par près de 3 millions de personnes par jour durant le week-end.
Elle avait déjà été touchée, en mars 2016, par une attaque suicide qui avait fait cinq morts.
En Grèce, avec laquelle Ankara entretient des relations tendues, le ministère des Affaires étrangères a "condamné sans équivoque le terrorisme et exprime ses sincères condoléances au gouvernement et au peuple turcs".
Y.Aukaiv--AMWN