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En France, quatre fumeurs sur cinq achètent leurs cigarettes chez le buraliste
Pas de report massif vers le marché noir, malgré les hausses de prix successives: 4 fumeurs sur 5 ont acheté leur dernier paquet de cigarettes chez le buraliste, décrit une note de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publiée vendredi.
"En 2021 en France métropolitaine, 79,2% des fumeurs interrogés ont déclaré avoir effectué leur dernier achat chez un buraliste", pointent les auteurs de la note sur l'approvisionnement en tabac en France entre 2014 et 2022, publiée en partenariat avec Santé publique France (SpF).
D'après eux, l'achat dans la rue ne concerne que 1% des derniers paquets achetés par les fumeurs, mettant à mal l'idée reçue d'un risque de report vers le marché parallèle.
Les contournements illégaux vont de l'achat dans un pays tiers par un particulier dépassant les volumes autorisés au fait d'acheter à la sauvette auprès de revendeurs illégaux.
Ce marché noir est estimé par les organismes publics entre 10% et 20%, soit deux à quatre fois moins que les estimations produites par des études financées par l'industrie du tabac, nuancent les auteurs de la note.
"Sur la période 2017-2019, il y a eu une politique forte de hausse des prix et ça n'a pas fait évoluer les comportements d'achat et les modes d'approvisionnement déclarés par les fumeurs", rappelle à l'AFP Guillaume Airagnes, directeur de l'OFDT.
Le prix annuel moyen du paquet de cigarettes de la marque la plus vendue s'élevait à 10,50 euros en 2022, contre 7 euros en 2014.
- Baisse "spectaculaire" -
"L'augmentation du prix fait partie des mesures de politiques publiques les plus efficaces pour réduire le tabagisme dans la population", tranche M. Airagnes.
Les pays limitrophes de la France hexagonale n'ont pas augmenté les prix du tabac de manière aussi importante, le tabac s'y trouve donc moins cher.
"La part des fumeurs ayant acheté leur dernier paquet dans un pays limitrophe s'y élève à 42%, contre seulement 7% en moyenne dans les autres départements", rapportent les auteurs.
La note s'appuie sur les enquêtes en population générale de l'OFDT pour les adolescents de 17 ans et sur le baromètre de SpF pour les adultes.
De manière générale, les chiffres sur la consommation sont en baisse, chez les jeunes comme chez les adultes, une diminution à l'origine de la baisse des volumes de tabac achetés chez les buralistes entre 2014 et 2022 (55.415 tonnes à 40.314 tonnes, ndlr).
"Le tabagisme quotidien chez l'adulte est passé de 28,6% à 24,5%. La baisse est encore plus spectaculaire chez les adolescents à 17 ans puisque là, les niveaux d'usage quotidien ont été divisés par deux. Ils ne sont plus qu'à 15,6% en 2022", précise à l'AFP Marc-Antoine Douchet, chargé d'étude à l'OFDT et l'un des auteurs de la note.
Un fumeur de 17 ans sur deux (58,3%) s'approvisionne chez les buralistes, alors même qu'il est interdit de vendre du tabac aux mineurs.
"L'absence de contrôle chez les buralistes est systématiquement mentionnée. Les mineurs enquêtés identifient très bien les situations les plus susceptibles d'entraîner des refus (âge du buraliste, achats en groupes) ainsi que les bureaux de tabac réputés +conciliants+", observent les auteurs.
F.Bennett--AMWN