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La ministre de la Transition écologique redit son opposition aux néonicotinoïdes, dénonce l'obstruction parlementaire
La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré dimanche qu'elle n'était "pas favorable à la réintroduction" d'un insecticide néonicotinoïde en France, tout en dénonçant l'obstruction parlementaire contre un texte attendu lundi à l'Assemblée et qui permettrait ce retour.
"Dans un pays qui a interdit les néonicotinoïdes, je trouve que c'est dommage de rouvrir cette possibilité, parce qu'on perd tout l'élan qu'on a fait d'investissement dans des alternatives. Et qu'on va se reposer la question dans quelques années parce qu'immanquablement une interdiction arrivera" au niveau européen, a déclaré la ministre à franceinfo.
La proposition de loi portée par le sénateur LR Laurent Duplomb visant à "lever les contraintes" du métier d'agriculteur, prévoit notamment de réintroduire par dérogation l'acétamipride, un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018 mais autorisé ailleurs en Europe jusqu'en 2033.
Cette disposition, réclamée par les producteurs de betteraves et de noisettes, est décriée par les apiculteurs et les défenseurs de l'environnement, et a profondément divisé les parlementaires.
Le texte fera lundi l'objet d'une motion de rejet par ses partisans, qui espèrent ainsi contourner les quelque 3.500 amendements déposés, notamment par les écologistes et la gauche.
Agnès Pannier-Runacher a dénoncé une tentative "inacceptable" de confisquer le débat parlementaire.
"Par rapport au texte qui initialement prévoyait une réouverture sans limite de l'utilisation (de l'acétamipride, NDLR), le Sénat a verrouillé fortement cette utilisation, elle est sous fortes conditions. Et on peut encore progresser au niveau de l'Assemblée nationale. Donc vous voyez, moi ce que je trouve choquant, c'est justement que le débat politique ne se fasse pas", a-t-elle déclaré.
"Aujourd'hui, la question qui s'est posée, c'est quel est le niveau de risque que nous sommes d'accord pour accepter, et quelles sont les limites que nous apportons à l'utilisation d'un ensemble de produits qui nous permettent de produire notre nourriture en quantité et en qualité acceptable", a-t-elle relevé.
Soulignant que la France faisait "partie des pays qui sont les plus restrictifs en matière de phytosanitaires", elle a souligné que "face aux ravageurs, face à un certain nombre de dangers qui menacent les cultures, on a besoin d'avoir une pharmacopée", insistant d'une manière générale sur la question du "dosage".
L.Durand--AMWN