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Coupe de France: Nantes-Toulouse, finale sous tension au Stade de France
Le Stade de France commençait samedi à se parer de jaune et de violet, couleurs de Nantes et Toulouse, opposés (21h00) en finale de Coupe de France, un match sous tension sécuritaire et sociale, avec un rassemblement syndical aux abords du stade avant la venue d'Emmanuel Macron.
Plusieurs centaines de supporters des deux équipes ont rejoint les alentours de l'enceinte francilienne en milieu d'après-midi, à quelques heures du coup d'envoi de cette rencontre disputée sous haute vigilance des forces de l'ordre.
A leur sortie du RER B ou du métro 13 à Saint-Denis, certains ont même croisé plusieurs représentants des syndicats locaux venus leur distribuer des cartons rouges et autres sifflets - interdits dans le stade -, pour qu'ils manifestent leur opposition à la réforme des retraites ou leur rejet du président de la République, attendu dans la soirée comme le veut la tradition, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Ce rassemblement a été autorisé à la dernière minute par la justice administrative: le tribunal administratif de Paris, saisi en référé, a donné tort samedi au préfet de police de Paris qui voulait l'interdire, faute "d'éléments suffisants concernant les risques de troubles à l'ordre public ou des difficultés spécifiques dans ses missions de maintien de l'ordre".
- Remise de Coupe en tribunes -
Quelque 78.000 spectateurs sont annoncés pour cette finale inattendue entre deux équipes de seconde partie de tableau en championnat. Leur réaction à la venue d'Emmanuel Macron sera particulièrement scrutée, même si ce dernier n'a pas prévu de descendre sur la pelouse comme le veut parfois la coutume.
"Alors que les sifflets font partie d'un certain folklore au Stade de France, le Président de la République a toujours respecté la tradition du salut des joueurs qu'il a réinstaurée. Pourtant, cette année, force est de constater la volonté de certains responsables politiques et syndicaux d'orchestrer un événement visant à détourner l'attention de la soirée (...) sur un combat politique", a-t-on expliqué dans l'entourage du chef de l'Etat. "Le président de la République saluera donc les joueurs, comme il l'a toujours fait depuis 2017, avant leur entrée sur le gazon" et "à l'accès du terrain", a-t-on ajouté.
Le président français ne remettra pas non plus la Coupe au vainqueur depuis la pelouse, comme il en était l'usage depuis trois ans et la crise Covid.
Le préfet de police, Laurent Nuñez, a décidé que le trophée au vainqueur serait remis dans la tribune car "cela empêche l'envahissement" de la pelouse.
- 3.000 policiers et gendarmes -
La retransmission de la rencontre par France Télévisions sera en tout cas "fidèle à ce qui se passera dans le stade", a assuré le groupe à l'AFP, après des craintes de la CGT concernant une "censure en direct" en cas de sifflets.
L'Association nationale des supporters (ANS) a, de son côté, saisi le tribunal administratif pour demander "l'enlèvement des grilles en bas des tribunes", en pointant un "danger" avec ce dispositif. Ces grilles avec des piques sur leur sommet étaient bien présentes en bas des deux virages réservés aux supporters à quelques heures du coup d'envoi.
Quelque 3.000 policiers et gendarmes seront mobilisés samedi aux abords de l'enceinte francilienne. Un dispositif "50% plus important", selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, que celui mobilisé le 28 mai 2022 pour la dernière finale de Ligue des champions, marquée par des scènes de chaos avant le match Real Madrid-Liverpool (1-0).
Les acteurs de la rencontre, eux, peinent à occulter ce contexte social, d'autant que les groupes de supporters ultras des deux équipes entretiennent des relations tendues.
"Je pense qu'on ne pourra pas faire abstraction car ce sera très présent, mais il faudra rester connectés à ce qu'on a à faire sur le terrain et sur notre performance", a expliqué vendredi l'entraîneur de Toulouse Philippe Montanier.
"Je n'ai qu'à espérer que tout se passe bien", a renchéri son homologue nantais Antoine Kombouaré. "Les amoureux de foot viennent pour voir un grand match".
La rencontre est historique: Nantes n'a gagné la Coupe que quatre fois, et Toulouse une seule fois, en 1957, sous le maillot rouge et blanc d'un club disparu en 1967, puis recréé de toutes pièces en 1970.
Pour Nantes, tenant du titre, dont le maintien n'est pas assuré en Championnat (16e), cette finale ressemble à un oasis dans le désert: s'il rate ce trophée puis subit une relégation en L2, il aura tout perdu.
ama-ali-ab-pab/ll/obo
L.Davis--AMWN