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Ligue 1: taulier à Nice et ambitieux en Bleu, Todibo sur tous les fronts
L'excellence en club, le procès Galtier, l'épisode du "rire nerveux" en Bleu avec qui il compte disputer l'Euro: à bientôt 24 ans, Jean-Clair Todibo, taulier de la défense de Nice en déplacement au Havre samedi, est sur tous les fronts.
Devenir l'un des meilleurs joueurs de Ligue 1 et être régulièrement convoqué en équipe de France impliquent un changement de statut, de notoriété et d'image. Jean-Clair Todibo, qui vit cette situation actuellement, est désormais un homme dont chaque attitude est scrutée.
Vendredi, à la veille de la rencontre au Havre, se déroulait au tribunal correctionnel de Nice le procès de son ancien entraîneur Christophe Galtier, jugé pour harcèlement et discrimination, essentiellement contre des joueurs musulmans. Forcément, le nom de Todibo y a été associé, lui le musulman pratiquant dont les relations avec l'ancien entraîneur du PSG se sont fortement dégradées à la fin de leur collaboration.
Mais Todibo n'était pas à l'audience, pas plus qu'aucun autre joueur concerné par l'affaire. D'ailleurs, si les Niçois ont "discuté de ce procès", "on est passé à autre chose", explique le milieu Morgan Sanson. "Si on commence à se polluer la tête avec tous ces problèmes, ça ne va pas aller", balaie-t-il.
Selon l'entraîneur niçois Francesco Farioli, Todibo a également adopté cette ligne. "Sur le terrain, je le vois très concentré, souligne-t-il. On a deux rencontres qui se succèdent (Le Havre et Lens, mercredi, NDLR), on n'a pas le temps de penser à autre chose. C'est un motif, pour lui, pour rester concentré. Ensuite, ce qui concerne l'extra-sportif relève de conversations privées."
Le joueur, qui a été entendu par les enquêteurs, se garde bien de médiatiser ses ressentis. Le moment est bien différent de celui de son "rire nerveux", en octobre dernier, au moment d'une minute de silence en hommage aux victimes du conflit entre le Hamas et Israël et de l'attentat commis à Arras, avant la victoire de la France aux Pays-Bas.
-"Pression et responsabilités"-
Dès le lendemain, il était venu devant les médias pour s'excuser et s'exprimer "par rapport à l'ampleur que (prenait) la situation et à son interprétation (...) assez folle". Il en avait été d'ailleurs très touché, "parce que ça entache l'éducation que ma mère m'a donnée".
Todibo avait dû dévoiler une partie de son intimité et adressé un message empli de respect. Son club l'avait aussi soutenu. Didier Deschamps, qui avait peu goûté l'attitude initiale, avait apprécié les excuses d'un joueur que le sélectionneur de l'équipe de France a titularisé par la suite contre Gibraltar (14-0) et dont il vante les progrès.
Coéquipier de Todibo en club, Gaëtan Laborde confirme que "c'est dur face à lui" tous les jours à l'entraînement. "+JC+ a encore passé un +step+, assure le buteur. Il est rapide, a progressé dans les relances. Mentalement, il est bien. Il prend plus la parole, devient leader. Cela a un impact sur tout le monde. Ses convocations en équipe de France le font mûrir. Il a plus d'ambitions. C'est bénéfique."
"Je le vois grandir au quotidien, corrobore Farioli. Il comprend mieux nos exigences, est le premier à reconnaître ce qu'il peut améliorer (...). Il a juste besoin de gagner en maturité, pour rester concentré. Ses prestations conditionnent les performances de l'équipe et inversement."
Aussi, poursuit Farioli, Todibo doit-il désormais s'obliger "à assumer ses responsabilités" et gérer une pression qui va s'accroître.
"Il a, dit-il, de grands objectifs personnel - disputer l'Euro avec la France - et collectif avec Nice. On met notre énergie en commun pour que tous réussissent. Pression et responsabilités sont les deux faces d'une pièce. Dans le futur, la pression deviendra son quotidien, car ses responsabilités seront toujours plus importantes, avec nous ou avec l'équipe de France."
P.Stevenson--AMWN