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Euro de hand: les Bleus face à l'Allemagne pour basculer du bon côté
Se frotter à l'Allemagne dans son Euro: un défi "kolossal" attend à Berlin mardi (20h30) les handballeurs français, revanchards après leur match nul contre la Suisse (26-26) deux jours plus tôt.
"C'est un premier moment décisif parce qu'on a besoin d'abord de se qualifier et en même temps d'essayer de faire le plein de points pour rentrer dans la deuxième phase de la meilleure des manières", affiche le sélectionneur Guillaume Gille.
Si l'élimination dès cette ultime rencontre de leur groupe A est théoriquement possible, elle est peu probable, les Bleus affichant une différence de buts très supérieure à la Suisse (+23) qui affronte elle la Macédoine du Nord.
Il s'agit surtout de basculer du bon côté après une "prestation moyenne voire par moment un peu insuffisante", de l'aveu du patron des Bleus.
"Ce match nul donne un petit arrière goût désagréable", livre Nikola Karabatic à propos de sa 350e apparition en bleu. "Si on n'est pas assez fort mentalement et qu'on ne se projette pas sur le match suivant, ça peut saper un peu notre confiance."
Celle-ci n'est pas entamée, même si les champions olympiques et vice-champions du monde se sont montrés peu tranchants en transition comme brouillons au tir.
"Il y a beaucoup de moments où on s'est un peu arrêté de courir alors que c'est notre notre marque de fabrique", observe Guillaume Gille.
"On sait que les débuts de compétition peuvent être compliqués et que ça n'augure rien de la suite, rappelle Nikola Karabatic. On a conscience de ça aussi. On ne se juge pas sur les cartons qu'on met ou non."
A l'inverse, les Allemands ont fait le plein de confiance en même temps que de la Spiel-Arena de Düsseldorf (53.586 tickets vendus, un record) mercredi.
"Avec cette expérience assez incroyable et en démontant l'équipe Suisse (29-14, NDLR), ils ont emmagasiné de l'énergie positive", décrit "Gino" Gille.
- "Il ne faudrait pas une 2e piqûre de rappel" -
Ses hommes espèrent bien s'en nourrir à écouter Nikola Karabatic, 40 ans en avril, qui salive devant l'affiche les attendant: "Pouvoir enchaîner contre l'Allemagne, chez elle, qui est en plein état de grâce, c'est un bon moyen de rebondir et tout de suite de se concentrer pour aller de l'avant."
"Ça peut nous remobiliser, poursuit-il. On a pris une petite piqûre de rappel, il faudrait pas qu'il y en ait une deuxième."
Après le gardien suisse Nikola Portner sur lequel les Bleus ont buté dimanche (10 arrêts pour 34 tirs, 29%), une autre référence mondiale les attend dans les cages allemandes, Andreas Wolff.
Celui qui avait conduit la Nationalmannschaft vers le sacre européen inattendu de 2016 s'est montré intraitable face à la Suisse (61% d'arrêts).
"Il a montré lors de ce premier match qu'il pouvait être monstrueux et encore au top mondial. Ce sera un de leurs points forts", décrit le portier français Samir Bellahcene à propos de son confrère, blessé au dos en début de saison.
Gare aussi au demi-centre Juri Knorr, fils de l'ex-international allemand Thomas Knorr. "Il est depuis deux saisons la tête d'affiche de cette équipe", brosse Samir Bellahcene. Lancé à la 25e minute et solide face à la Suisse (11 arrêts pour 24 tirs, 46%), l'ex-Dunkerquois, aux cinq sélections, peut postuler à un rôle d'ampleur en l'absence de l'habituel N.1 Vincent Gérard, opéré d'une pubalgie en septembre.
D'autant que Bellahcene côtoie, avec son club de Kiel, la plupart de ses futurs adversaires en Bundesliga: "Bien sûr que je les connais, mais ça peut être à double tranchant aussi. Ils me connaissent aussi."
A.Rodriguezv--AMWN