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Espagne: feu vert à la remise en liberté de Dani Alves, condamné pour viol
Sortie de prison en vue pour Dani Alves: un tribunal de Barcelone (nord-est de l'Espagne) a donné son feu vert mercredi à la remise en liberté du footballeur brésilien, condamné à quatre ans et demi de prison pour viol, moyennant une caution d'un million d'euros.
Mais cette décision a été aussitôt dénoncée en termes très vifs par l'avocate de la plaignante, Me Ester García, qui s'est dite "très surprise" et "très indignée", et a annoncé qu'elle ferait appel contre un arrêt "qui n'est pas conforme au droit", y voyant "une justice pour les riches".
Pour justifier cette remise en liberté, le tribunal de Barcelone a mis en avant les nombreuses conditions encadrant l'éventuelle remise en liberté de l'ex-star de la sélection brésilienne, du Barça et du Paris-Saint-Germain, qui a fait appel de sa condamnation.
En début d'après-midi, on ignorait quand Alves ou son entourage serait en mesure de verser cette somme d'un million d'euros et donc quand il pourrait sortir de prison.
Alves, 40 ans, qui est en détention depuis le 20 janvier 2023, devra aussi "se présenter toutes les semaines" au tribunal et répondre "à toutes les convocations" judiciaires d'ici à son nouveau procès, dont on ignore la date.
Il lui sera également interdit d'approcher "à moins d'un kilomètre du domicile" ou "du lieu de travail" de la victime et "de communiquer avec elle par tout moyen", souligne le tribunal.
- "Un scandale" -
Dani Alves avait demandé sa remise en liberté provisoire mardi lors d'une brève session à huis clos devant le tribunal de Barcelone. Le parquet s'était opposé à cette demande, estimant que le risque de fuite était important.
Entendu par vidéoconférence depuis la prison de Barcelone où il est détenu, l'ancien arrière latéral de la Seleçao avait assuré au tribunal qu'il ne prendrait pas la fuite, ajoutant qu'il croyait en la justice, selon des sources judiciaires.
Son avocate, Me Inés Guardiola, qui avait proposé une caution de 50.000 euros en contrepartie de la remise en liberté de son client, avait rappelé, de son côté, que l'ancien joueur avait déjà purgé un quart de la peine prononcée en première instance.
Un argument pris en compte par le tribunal, qui s'était jusqu'à présent opposé aux différentes demandes de remise en liberté du joueur en raison justement du risque de fuite, jugé élevé compte tenu de ses moyens financiers.
"Il faut prendre en compte le temps qui a passé" depuis le début de son incarcération, qui le rapproche de sa date potentielle de remise en liberté, a souligné dans sa décision le tribunal pour justifier son changement d'appréciation.
De quoi agacer l'avocate de la plaignante. "C'est un scandale qu'on laisse en liberté une personne alors qu'on sait qu'elle peut rassembler le million d'euros en un rien de temps", a déclaré Me Ester García sur la radio catalane RAC-1.
Le parti de gauche radicale Sumar, membre de la coalition de gauche au pouvoir à Madrid, a également vertement critiqué la décision. "Dani Alves peut attendre chez lui la sentence définitive d'un viol parce qu'il a un million d'euros. La justice est patriarcale et de classe. Ca suffit!", a lancé Sumar dans un message sur le réseau social X.
- Changements de versions -
Alves a été condamné le 22 février à quatre ans et demi d'emprisonnement pour le viol d'une jeune femme dans la nuit du 30 au 31 décembre 2022 dans une discothèque de Barcelone, une peine très inférieure aux réquisitions du parquet, qui réclamait neuf ans de prison.
Le tribunal avait également obligé le joueur à verser 150.000 euros à sa victime et lui avait imposé cinq ans de liberté surveillée après sa sortie de prison, ainsi qu'une interdiction d'approcher sa victime pendant neuf ans et demi.
Lors de son procès, Alves avait assuré que la relation sexuelle était consentie, mais sa défense avait été fragilisée par ses nombreux changements de versions, épinglés par l'accusation.
Footballeur parmi les plus titrés de l'histoire, Dani Alves a connu la période la plus glorieuse de sa carrière au Barça, entre 2008 et 2016.
Au moment de son incarcération, il jouait dans le club mexicain des Pumas, qui l'a licencié.
B.Finley--AMWN