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Mayer abandonne à San Diego et n'est toujours pas qualifié pour les JO
L'étau se resserre autour du chef de file de l'athlétisme français, Kévin Mayer, contraint à l'abandon au décathlon de San Diego (Californie) et toujours pas qualifié pour les Jeux olympiques de Paris.
La maison ne brûle pas encore pour le double vice-champion olympique et double champion du monde, gêné aux adducteurs. Lui-même se dit "pas inquiet".
Mais Mayer a abandonné aux Mondiaux de Budapest l'été dernier et n'a plus terminé un décathlon depuis son titre mondial à Eugene (Oregon, Etats-Unis) en juillet 2022.
Pour réaliser les minima (8.460 points) largement à portée du détenteur du record du monde (9.126 en 2018), il reste du temps.
Meilleure chance de titre olympique de l'athlétisme français, il n'a pour l'instant pas donné de précision sur la suite de son programme, mais pour s'épargner l'angoisse de manquer le rendez-vous d'une vie, il voudra sans doute y parvenir avant les championnats de France à Angers le 30 juin, qui seraient sa dernière chance.
Dans l'anonymat d'un petit meeting universitaire ensoleillé, au stade de l'Université de San Diego, le Français a de nouveau été lâché par son corps et a dit stop lors du saut en hauteur, quatrième des dix épreuves du décathlon.
"Il avait plus de choses à perdre qu'à gagner. Il va se soigner rapidement et repartir sur un nouveau décathlon", a assuré le patron de l'équipe de France Romain Barras, justifiant la prudence de Mayer.
- "Plus indulgent" -
Après une première alerte dans la matinée au genou gauche lors de l'échauffement à la longueur, c'est finalement une gêne au grand adducteur côté droit selon son propre diagnostic, contractée après son arrivée aux Etats-Unis le 5 mars, qui l'a empêché de passer une barre à la hauteur.
Mayer, bandé à la cuisse droite, après deux courses d'élan mal assurées, et un conciliabule avec son entourage, a préféré dire stop.
Malgré cette "contracture de fatigue" qu'il espère faire partir "en dix jours", "Kéké" garde une confiance totale pour les Jeux de Paris.
"Je ne suis pas inquiet pour me qualifier. C'est le décathlon, on est tous +pétés+ (blessés) (...) Je suis devenu mon propre coach, mon propre préparateur physique, je suis un peu mon préparateur mental aussi, il faut que j'apprenne à être plus indulgent avec moi-même", a-t-il expliqué aux médias français présents, avec un sourire vite retrouvé.
"Je me vois complètement dans un Stade de France rempli le jour J, ne vous en faites pas. (La qualification) c'est le plus petit de mes problèmes. Le jour où je serai sur la piste du Stade de France, je peux vous dire que ce sera un +plaiz+ (plaisir) énorme."
- "Jambes en feu" -
A San Diego, dans un stade quasi désert pour un meeting universitaire, le double champion du monde du décathlon avait attaqué de manière correcte sa journée sur 100 m en 10 sec 75, sa "meilleure rentrée".
Il avait ensuite connu une première alerte lors de l'échauffement de la longueur, avec une légère torsion au genou gauche à cause de la perte de pointes situées sous sa chaussure.
Frustré par sa marque de 7,07 m, il s'est montré brillant au lancer du poids, expédié à 16,10 m (d'après la marque officielle, malgré l'annonce de la juge de 16,12 m entendue par toute l'assistance) d'un cri libérateur, pour son meilleur jet depuis trois ans.
"Je sais que j'ai les Jeux en tête depuis deux ans, et que le jour des Jeux, j'aurai les jambes en feu. Je peux pas demander à mon cerveau de faire pareil pour des minima", a-t-il tenu à rassurer une nouvelle fois.
Après avoir renoncé à un décathlon en Australie en décembre et l'abandon à San Diego, "Kéké" devra batailler un peu plus longtemps.
Mayer a l'habitude des qualifications olympiques pressées par le temps comme en 2012 (obtenue début juillet, un mois avant les JO après trois abandons) et en 2016 (obtenue fin mai).
T.Ward--AMWN