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Cyclisme: "Forcément quand on suit ces gars-là, cela donne beaucoup de confiance", confie Seixas à l'AFP
"Forcément quand on suit ces gars-là une fois, cela donne beaucoup de confiance": en stage dans la Sierra Nevada, en Andalousie, le prodige du cyclisme français Paul Seixas se prépare pour sa deuxième saison dans l'élite avec l'ambition de rivaliser avec les plus grands.
Dehors, c'est la tempête. Un blizzard glacial paralyse la station de ski espagnole, située à plus de 2.300 m d'altitude, et rend les routes presque impraticables.
Au chaud - ou du moins au sec - dans les installations du centre de haute performance du Conseil supérieur des sports espagnol, Paul Seixas doit se contenter d'une séance de home-trainer, à un peu plus de dix jours du Tour de l'Algarve (18-22 février), sa course de rentrée.
"Un jour sur deux, on doit s'entraîner en intérieur. C'est pas facile, et il n'y a pas les vraies sensations du vélo", glisse le coureur de 19 ans, nouveau leader de l'équipe Decathlon CMA-CGM, les cheveux encore humides dans sa chambre d'hôtel.
"Cela fait deux mois que je n'ai pas vu mes parents, ni ma copine. Mais on sait pourquoi on le fait: c'est des sacrifices à faire pour la performance", estime-t-il. "Quand tu redescends, tu sens vraiment la différence."
Endurance accrue, capacité à répéter les efforts, meilleure récupération: autant d'atouts qui lui avaient permis de franchir un cap "entre le Tour des Alpes et le Dauphiné" l'an passé.
- Rattraper les cadors ? -
Pour sa deuxième saison chez les pros, le Lyonnais espère "un petit boost en début de saison" pour gagner sa première course en élite. La suite logique d'une ascension éclair, qui l'a notamment mené à une médaille de bronze aux championnats d'Europe l'automne dernier, derrière les monstres Tadej Pogacar et Remco Evenepoel.
"Forcément quand on suit ces gars-là une fois, même si c'est qu'une fois, cela donne beaucoup de confiance. En étant beaucoup plus jeune qu'eux, je me dis que si l'année dernière en fin de saison, j'ai réussi à les suivre, cela veut dire que si je progresse encore, je vais pouvoir combler cet écart", espère Seixas.
Difficile, "mais pas impossible". "On voit les startlists des prochaines courses, il y a que des mecs très forts, mais je vais tout donner pour pouvoir lever les bras le plus tôt possible, que ce soit sur l'Algarve ou en Ardèche", promet-il.
Gagner? "Pas une obsession, affirme Seixas, mais une envie très forte". "J'ai confiance en moi, je sens que je progresse", poursuit-il.
- "Le Tour de France un rêve, pas un objectif" -
Jusqu'à participer à son premier Tour de France cet été ? "Ce serait un rêve forcément, mais ce n'est pas mon objectif cette année", même si le champion du monde juniors du contre-la-montre ne se fixe "pas vraiment de limite", et ne "ferme aucune porte".
"Après, quand j'étais jeune... genre il y a un ou deux ans, j'adorais les courses sur les pavés", plaisante-t-il, conscient qu'il ne participerait sûrement pas à Paris-Roubaix cette année en raison de nouveau statut, mais espérant le faire à l'avenir.
Jusqu'ici, les louanges des observateurs et de ses concurrents ne l'ont pas fait dévier de son chemin. "Ce que j'aime, c'est gagner des courses. Mais même si j'arrive à réaliser mes rêves, c'est pas cela qui m'arrêtera. Quand j'étais petit, mon rêve, c'était de devenir champion de France, je l'ai été (en cadets, NDLR). Cela me donne juste envie de me dépasser à l'entraînement pour réussir en course", explique-t-il.
"Et gagner une course, c'est quand même un sentiment indescriptible, qui n'a pas de prix", assure Seixas, qui dit tenir cette passion de son grand-père.
Jusqu'à passer des journées entières sur les routes. "C'est vrai que j'aime bien faire des longues séances", assure celui qui a surpris les suiveurs en postant fin octobre sur l'application Strava une sortie de 323 km avec 8.500 m de dénivelé positif.
"J'ai toujours été quelqu'un de très endurant, donc c'est presque comme un petit voyage, tu pars des fois pendant sept, huit heures, tu vois du paysage. Et si t'es passionné tu te rends compte du plaisir que c'est, et de la joie de l'accomplissement de l'effort", assure-t-il.
Des plaisirs simples, qui le poussent chaque matin à aller toujours plus loin, toujours plus haut.
Y.Nakamura--AMWN