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Foot: PSG, une saison en dents de scie qui commence à faire grincer
Après l'imposant succès contre l'OM (5-0), la saison du PSG était lancée croyait-on, mais la cuisante défaite vendredi à Rennes (3-1) a fait rejaillir les doutes chez des Parisiens peinant à enchaîner et même naître une certaine tension avant la Ligue des champions.
Cette irrégularité persistante interroge, jusqu'à irriter certains cadres, bien conscients de ce que peut engendrer ce mois de février - moment auquel l'an passé le Paris SG avait avec un peu d'avance démarré son printemps éclatant - avec un barrage aller qualificatif pour les huitièmes de finale de la C1 mardi à Monaco et une pression maintenue par Lens dans la lutte pour la première place en Ligue 1.
"On est sur la deuxième partie de saison, et c'est le Paris Saint-Germain qui doit être en premier, et pas les individualités. On doit jouer pour le club au lieu de penser à soi-même", a ainsi lâché Ousmane Dembélé, bien agacé, au micro du diffuseur Ligue 1+.
"Si on joue tout seul sur le terrain, ça ne va pas aller, on ne va pas gagner les titres qu'on veut", a martelé le Ballon d'Or, décidé à tirer la sonnette d'alarme cinq jours à peine après avoir claironné, dans l'euphorie d'un clinquant "classique", que le PSG était "de retour".
Fébrilité défensive, arythmie au milieu, mire perdue en attaque... En Bretagne, tout était réuni dans la désunion parisienne vendredi soir au Roazhon Park.
- "Ces déclarations ne valent rien" -
Matveï Safonov n'a pas été décisif sur sa ligne, il est vrai abandonné par la charnière centrale Willian Pacho/Illya Zabarnyi, en retard lors des trois buts encaissés, sans compter les latéraux Nuno Mendes et Achraf Hakimi aussi en difficulté.
Le milieu, d'habitude dominant dans les duels, n'a pas pesé. L'attaque, avec pourtant son trio de titulaires Ousmane Dembélé, Désiré Doué et Khvicha Kvaratskhelia, a manqué d'idées mais pas de mauvais choix, un mal chronique cette saison devant le but.
Vendredi, Vitinha a, comme Dembélé, pointé un excès d'individualisme: "Tout le monde veut marquer, on en a parlé souvent, il y a des fois où il faut donner le ballon au joueur qui est le mieux placé, c'est ce qui nous a amené loin l'année dernière".
Luis Enrique, lui, n'a en revanche pas voulu rebondir sur les propos de son attaquant, estimant que les déclarations d'après-match "ne valent rien" et sont souvent dites sous l'effet de la colère.
En interne, on assure que Dembélé ne visait personne en particulier, ont expliqué deux sources proches de l'effectif, précisant que ce n'était pas une observation générale mais qu'elle était relative à la contre-performance du soir.
Selon une de ces deux sources, le Français évoquait un manque de replis défensifs, une panne de pressing à la perte de balles et de mauvaises inspirations devant le but.
- Pas d'ambiance pesante -
Pour Luis Enrique, ce revers - le troisième en 2026 après les défaites contre le Paris FC en Coupe de France (1-0) et à Lisbonne (2-1) en Ligue des champions - "est très facile à (expliquer): on s'est créé le même nombre d'"expected goals" (buts qui auraient dû être inscrits au vu des occasions créées, NDLR) que contre l'OM. Mais contre l'OM on a marqué cinq buts et aujourd'hui un seulement".
Or si Paris ne retrouve pas vite son habituelle efficacité offensive, il risque plus d'une déconvenue supplémentaire, s'il ne hausse pas non plus son niveau défensivement. A ce titre, l'entraîneur espagnol a bien dû se rendre une nouvelle fois compte que lorsqu'il ménage son capitaine Marquinhos, Willian Pacho n'affiche pas la même sérénité et solidité avec Illya Zabarnyi à ses côtés.
"Je suis tous les jours inquiet. Parce que je veux (toujours) améliorer (les choses) et je veux beaucoup plus de mes joueurs", a déclaré Luis Enrique, qui n'attendra rien d'autre d'eux qu'une réaction de champion mardi contre Monaco, qui a déjà battu le PSG cette saison en championnat.
Dans le vestiaire, pour autant, l'ambiance n'était "pas pesante", assurait-on en interne vendredi soir.
Et Vitinha de tempérer avec sagesse: "On ne change pas d'une équipe top, première d'Europe, à une équipe qui doute en l'espace d'une semaine".
G.Stevens--AMWN