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Mondial 2026: la Fifa se penche sur l'affaire de la banderole argentine sur les Malouines
La Fifa a annoncé jeudi être en train de se pencher sur l'affaire du déploiement sur le terrain par des footballeurs argentins d'une banderole proclamant que "les Malouines sont argentines" à l'issue de la demi-finale du Mondial 2026, le Royaume-Uni exigeant une enquête approfondie et le président argentin disant pour sa part comprendre ses joueurs.
Archipel britannique situé à 600 km des côtes argentines, les Malouines, appelées Falkland en anglais, demeurent un sujet sensible dans les relations entre Londres et Buenos Aires, qui continuent de se disputer leur souveraineté.
En 1982, une guerre avait éclaté entre les deux pays à la suite de l'invasion argentine de l'archipel. Les forces britanniques avaient repris les Malouines après 74 jours de combats qui avaient fait 649 morts côté argentin et 255 morts côté britannique.
Mercredi, après leur victoire 2-1 face à l'Angleterre à Atlanta, aux États-Unis, des joueurs argentins avaient déployé sur la pelouse une banderole proclamant que "les Malouines sont argentines", en violation apparente du règlement de la Fédération internationale de football (Fifa) qui interdit toute manifestation politique dans une enceinte lors des tournois qu'elle organise.
"Conformément à la procédure habituelle, la Commission de discipline indépendante de la Fifa examine actuellement les rapports de match et évalue les circonstances pertinentes avant de se prononcer sur d'éventuelles mesures supplémentaires, conformément au code disciplinaire", a réagi l'organisme jeudi.
"La Coupe du monde n'est peut-être pas à nous, mais les îles Falkland le sont assurément", a affirmé pour sa part un porte-parole de Downing Street.
"L'un des principes fondamentaux de la Coupe du monde est que la politique n'a pas sa place dans le football. Cette question relève désormais de la Fifa. J'attends de la Fifa qu'elle mène une enquête minutieuse", avait auparavant déclaré le ministre britannique des Entreprises et du Commerce, Peter Kyle.
- "Patriotisme bon marché" -
Le président argentin Javier Milei avait dans un premier temps semblé vouloir tempérer la situation. "Ne mélangeons pas les choses. Les Malouines se récupèrent avec une diplomatie avisée et non avec des gestes de patriotisme bon marché", avait-il dit mercredi.
Jeudi, il a toutefois affirmé comprendre les joueurs de l'équipe nationale. Le ressenti sur les Malouines "est un sentiment qui habite tous les Argentins, et il est parfaitement licite et valide qu'ils veuillent l'exprimer", a-t-il dit à la radio El Observador.
"Effectivement, les Malouines sont argentines, et nous allons les récupérer", a assuré M. Milei, "mais nous allons le faire sur le plan diplomatique avec de l'intelligence dans notre action".
Selon des médias argentins, la banderole était une improvisation, le jour du match, d'un groupe de supporteurs argentins à Atlanta à partir d'un drap de leur hôtel.
Selon le témoignage d'un membre du groupe au média en ligne Infobae, ils ont déployé la banderole en tribune. Puis dans les dernières minutes du match, alors qu'ils avaient été repérés par un agent de sécurité, ils s'en sont débarrassés en la lançant sur la pelouse. C'est là que des joueurs l'ont récupérée et brandie.
Ce n'est pas la première fois que la question des Malouines s'immisce dans un match de football entre Angleterre et Argentine.
Au Mondial 1986, quatre ans après la guerre, l'Argentine avait éliminé l'Angleterre en quart de finale sur un doublé légendaire de Diego Maradona (2-1), dont la célèbre "main de Dieu" que l'ancien N.10 avait décrit comme "une revanche symbolique contre les Anglais".
L'hymne officieux des supporters argentins au Mondial-2026, "La Cuarta Estrella" (la 4e étoile), contient également une référence à l'archipel contesté: "Pour les Malouines, pour Diego, pour la dernière de Leo (Messi), Argentine, je veux te voir double championne du monde".
Après sa victoire contre l'Angleterre, l'Argentine affrontera l'Espagne en finale dimanche au MetLife Stadium d'East Rutherford, dans la banlieue de New York, en présence du président américain Donald Trump et du roi d'Espagne Felipe VI. Javier Milei, lui, a annoncé qu'il ne s'y rendrait pas, par superstition.
burx-roc/am
S.F.Warren--AMWN