-
Première peine de prison ferme dans le scandale du périscolaire parisien
-
Dons d'organes en France : des pistes pour augmenter les greffes et explorer les xénogreffes
-
Salaires, carburants, mobilisations... le pouvoir d'achat s'impose dans la campagne
-
Objets personnels et souvenirs de Brigitte Bardot aux enchères à Paris
-
Le Caire et Ryad appellent à garantir la libre navigation en mer Rouge
-
RDC: Heurts et gaz lacrymogène lors de rassemblements de l'opposition
-
Danemark, Lituanie : l'UE dénonce la montée des "provocations" russes
-
Trump fustige une décision "horrible" de la Cour suprême sur le vote par correspondance
-
Sécu, diplômes... : l'UE veut faciliter la mobilité des travailleurs
-
Budget: l'écologie de nouveau sous pression, au sortir d'un été torride
-
Des taux américains au plus haut depuis 2007 pèsent sur les marchés avant la Fed
-
Allemagne: le moral des investisseurs progresse bien moins qu'attendu en septembre
-
Voix iconique des Rita Mitsouko, Catherine Ringer s'est éteinte
-
Wall Street ouvre en baisse, minée par la flambée des taux
-
Salaires, conditions de travail, reconnaissance: les policiers d'Alliance manifestent à Paris
-
Dette: "pas de craintes sur le financement de l'Etat", affirme le gouverneur de la Banque de France
-
Inde: près de cinq millions de personnes touchées par des inondations au Bihar
-
Vortex, le pari franco-allemand sur le vol habité européen
-
Périscolaire à Paris: Hidalgo reconnaît des failles mais parle d'un "échec collectif"
-
Athlétisme: Nairobi accueillera en 2029 les premiers Mondiaux en Afrique
-
RDC : Ebola continue de s'étendre de façon "exponentielle" au Nord-Kivu, alerte l'OMS
-
Marchés: des taux américains inédits depuis 2007, prudence sur les Bourses
-
Catherine Ringer, célèbre voix des Rita Mitsouko, s'est éteinte
-
Mobilisation massive des électriciens et gaziers pour défendre leur "tarif agent"
-
Macron baptise la première promotion du nouveau service national du nom d'un résistant fusillé à 16 ans
-
Le Pentagone reconnait une "pénurie" de munitions liée à la guerre en Iran
-
Un drone abattu pour la première fois par l'Otan au-dessus de la Lituanie
-
Récoltes de maïs, betteraves ou pommes de terre au plus bas
-
Electriciens et gaziers mobilisés pour défendre leur "tarif agent"
-
L'avion spatial franco-allemand Vortex pourrait transporter des astronautes
-
Dette: "pas de craintes sur le financement de l'Etat", indique le gouverneur de la Banque de France
-
Nucléaire: 80% de grévistes dans la plus grosse centrale française à Gravelines (syndicats)
-
La Thaïlande accuse le Cambodge de "jouer les victimes" devant la médiation internationale
-
Grèce : un ex-responsable néonazi d'Aube dorée sort de prison et annonce son retour en politique
-
Lecornu saisit le Cese sur l'adaptation au changement climatique
-
Carburants: levée du blocage par les pêcheurs du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer
-
Le Danemark accuse la Russie d'avoir tiré des fusées éclairantes vers un de ses hélicoptères
-
L'Ukraine prendra des "mesures de désescalade" si la Russie fait de même, affirme Zelensky
-
La Bourse de Paris en recul face à la hausse du pétrole, les taux d'intérêt continuent de grimper
-
En Ukraine, la viticulture à l'épreuve de la guerre
-
Le diesel atteint un nouveau record à près de 6,27 dollars le gallon aux Etats-Unis
-
Une "obsession": les Sud-Africains accros aux auditions d'une commission sur le crime organisé
-
Marchés mondiaux: le taux à dix ans américain au plus haut depuis 2007, les Bourses reculent
-
Au Sénégal, l'ingénieuse introduction de poissons dans des rizières contre la bilharziose
-
Marchés mondiaux: le dix ans américain au plus haut depuis 2007, les Bourses reculent
-
Fibre Excellence obtient trois mois de sursis supplémentaire pour son usine de Saint-Gaudens
-
A Pékin ou Los Angeles, l'architecte chinois Ma Yansong harmonise nature et futurisme
-
La comédie d'épouvante "Widow's Bay" et la série médicale "The Pitt" dominent les Emmy Awards
-
Russie: des législatives sans suspense, sous le signe de la guerre en Ukraine
-
Intelligence artificielle: TotalEnergies annonce un partenariat avec Mistral, 100 millions d'euros sur 3 ans
Près du front, des dentistes ukrainiens bravent le danger pour soigner leurs "héros"
Oleksandre Kovaliov est groggy mais soulagé. Le soldat ukrainien sort d'une heure et demie de soins pour une rage de dents, dispensés dans un cabinet dentaire mobile à une trentaine de km de la ligne de front.
"Le médecin a enlevé les nerfs et a fait un nouveau plombage. Tout va bien, je sens encore l'anesthésie", explique à l'AFP le militaire âgé de 31 ans en sortant d'une camionnette jaune flambant neuve, donnée par le Luxembourg et aménagée en véritable cabinet dentaire.
Les traits tirés, il dit s'être assoupi dans le fauteuil car il n'avait "pas assez dormi".
Parti de Kramatorsk, dans l'Est de l'Ukraine, le véhicule s'est rendu dans un hameau d'une dizaine d'habitants, en pleine campagne.
Il s'est garé pour deux jours devant une petite maison occupée par des soldats, le lieu de rendez-vous où Oleksandre et quatre autres membres de son unité de mortiers sont venus pour se faire soigner.
Ces dentistes assurent des services essentiels pour les soldats, qui n'ont pas le temps d'aller consulter en cabinet. Ce sont donc les soignants qui viennent à eux, malgré les dangers des combats tout proches.
- Six m2 -
Vêtue d'une blouse jaune, masquée et gantée, loupe binoculaire et lampe fixées au front, Laïa Saraïeva, une dentiste âgée de 49 ans, soigne dans un petit espace d'environ six m2.
"Il est clair que nous sommes habitués à travailler différemment, à avoir plus d'espace", confie-t-elle à l'AFP.
"Mais nous avons ici un niveau de clinique haut de gamme. Toutes les cliniques en ville n'ont pas ce que nous avons là", se réjouit-elle.
Avec son collègue chirurgien-dentiste Igor Riskine, 46 ans, ils sont volontaires chaque week-end pour l'ONG ukrainienne Life saving center. Ils sillonnent depuis le début d'année la région près du front Est avec leur clinique mobile.
"Au début, nous avons commencé ensemble, nous travaillions tout le temps. Puis Laïa a trouvé d'autres médecins, par le biais des réseaux sociaux, qui se soucient de la santé de nos +héros+", explique le chirurgien.
La semaine, lui et sa collègue reçoivent des patients civils dans leurs cabinets respectifs à Kharkiv, la grande ville plus au nord.
D'autres dentistes volontaires soignent aussi chaque jour des soldats dans une deuxième camionnette, équipée à l'identique mais stationnée de façon fixe à Kramatorsk.
- Longue attente -
Garée à côté de la camionnette, une voiture 4X4 fait office de salle d'attente.
A l'intérieur, abrités du vent et de la pluie qui se met à tomber, quatre soldats patientent.
Ils sont venus de la zone de Lyman, où ils combattent les forces russes.
Le conducteur, Oleksiï, 41 ans, a pris rendez-vous "pour un examen général", car il n'a pas consulté "depuis plus d'un an", dit-il.
Les combattants peuvent aussi consulter dans les villes, mais souvent "il y a de longues files d'attente, car il y a beaucoup de soldats. Il n'est donc pas toujours possible de voir un dentiste", ajoute Oleksiï, qui ne souhaite pas donner son nom de famille.
Pour son camarade Oleksandre Kovaliov, le cabinet dentaire mobile "est vraiment nécessaire". Les soldats sont parfois stationnés dans des villages isolés, "où nous avons ni le temps ni l'occasion de consulter et d'être soignés", dit-il.
Selon Ievguène Gorbounov, un infirmer militaire de 29 ans basé dans le hameau, hors blessures liées aux combats, les maux de dents sont "probablement le problème numéro un" des soldats, "aprèsles douleurs dans le dos".
"A cause du manque de vitamines, du stress, de la nervosité" des combattants.
Selon Ievguène Gorbounov, un infirmer militaire de 29 ans basé dans le hameau, hors blessures liées aux combats, les maux de dents sont "probablement le problème numéro un" des soldats, "après les douleurs au dos".
"A cause du manque de vitamines, du stress, de la nervosité, les dents sont les premières à payer", affirme-t-il, se disant reconnaissant envers la brigade mobile.
- "La peur ne change rien" -
Pour les dentistes, "il est difficile de travailler dans de telles conditions, mais pour des professionnels, c'est une expérience passionnante", assure Laïa Saraïeva.
Elle explique que les soins prodigués au soldat souffrant d'une rage de dents auraient pris deux heures dans des conditions normales, "mais ici nous les faisons un peu plus vite".
Ont-ils peur de travailler ainsi non loin du front?
"Les garçons (soldats, ndlr) n'ont pas peur. Et on doit leur montrer que nous n'avons pas peur non plus. Nous sommes avec eux", répond Igor Riskine.
"Parfois vous traitez les garçons, vous vous serrez la main, vous vous donnez l'accolade, et une semaine plus tard, vous apprenez que cette personne n'est plus là. C'est ce qui est le plus difficile pour moi", ajoute-t-il, en évoquant la mort de soldats.
Pour Laïa Saraïeva, "la peur ne change rien à la situation. Si une roquette arrive, que vous ayez peur ou pas, vous mourrez de toutes les façons, dans la joie ou dans les larmes. Mieux vaut donc être heureux", dit-elle, fataliste.
O.Johnson--AMWN