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Bad Bunny fait danser Paris dans un show célébrant la culture caribéenne
"Profitez des choses de la vie: chanter, danser, pleurer si ça vous fait du bien": phénomène mondial du reggaeton, Bad Bunny a transformé samedi la salle parisienne Plenitude Arena en immense piste de danse.
Devant près de 40.000 fans, la superstar portoricaine a déroulé ses tubes dans un show éclatant, confirmant son statut d'artiste latino le plus influent de sa génération.
Après le stade Vélodrome de Marseille mercredi, le chanteur de 32 ans a ouvert son concert, tout de blanc vêtu, à la manière d'un crooner, avec des tubes de son dernier album "Debi tirar mas fotos", au succès planétaire.
Au cours de la soirée, il a adressé des clins d'œil subtils à la culture française, un guitariste reprenant sur scène "La vie en rose" et "L'hymne à l'amour" d'Edith Piaf, et il a entonné son hit "Monaco", sur un sample de Charles Aznavour.
Mais c'est bien la culture portoricaine qu'il a célébrée durant 2H30 de show: fidèle à ses racines, Bad Bunny a recréé une scénographie aux couleurs caribéennes avec une "casita " rose (petite maison), typique de son île.
Cette deuxième scène, dans laquelle se bousculent d'ordinaire les VIP, a réuni samedi à Paris essentiellement des danseuses et des danseurs.
La "casita" a beaucoup été pointée du doigt, accusée de véhiculer des stéréotypes en ne montrant que des jeunes et jolies femmes sélectionnées à leur arrivée au concert.
Ici point de polémique. L'interprète de "Nuevayol" et "EoO" a proposé un "show simple", dénué de messages politiques. "Profitez des choses de la vie: chanter, danser, pleurer si ça vous fait du bien", a-t-il lancé à la foule.
Bad Bunny - Benito Martinez Ocasio de son vrai nom - a longuement salué le public pour ce qui est son premier grand concert parisien. Plenitude Arena (anciennement La Défense Arena) est la plus grande salle couverte d'Europe.
L'artiste, un des plus écoutés au monde, avait jusqu'ici donné un seul concert dans la capitale française, en juillet 2019 lors du festival Lollapalooza.
Le concert de samedi soir a tranché avec ses précédentes prestations dans des stades, qui ont fait des milliers de vues sur les réseaux sociaux.
Plongé dans la pénombre, le public parisien a pu profiter d'un éclairage spectaculaire, bien différent de la lumière du jour des stades.
L'artiste né en 1994 à Porto Rico, qui s'est produit lors de la mi-temps du Super Bowl (la finale du championnat de football américain), a propulsé ces dernières années le reggaeton et la trap latine au sommet de la pop mondiale. Il s'est aussi attiré les foudres du président américain Donald Trump, mécontent du succès de cet artiste chantant uniquement en espagnol.
Sorti début 2025, son dernier album accorde une grande place aux rythmes traditionnels de Porto Rico (salsa, bomba, plena...) et évoque la colonisation de l'île sous juridiction des Etats-Unis depuis 1898, en livrant un message sociopolitique sous une forme dansante.
Rien ne semble arrêter la star, dont la tournée à guichets fermés devant des dizaines de milliers de fans a débuté en juillet 2025 par une série de 30 concerts à Porto Rico.
Selon le magazine américain Billboard, Bad Bunny est devenu grâce à cette tournée le premier artiste latino à générer plus d'un milliard de dollars de recettes.
Et ce, sans même passer par les Etats-Unis.
Un choix revendiqué par l'artiste, afin de mettre ses fans à l'abri de potentiels raids d'ICE, la police américaine de l'immigration.
Il sera de nouveau sur scène à Paris dimanche soir.
P.Santos--AMWN