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Grève de contrôleurs de France: un millier de vols annulés, des vacanciers et professionnels mécontents
A quelques heures de la fin de l'année scolaire et de premiers grands départs en vacances d'été, certains ont dû revoir leurs plans: un millier de vols est encore annulé vendredi en France, en particulier dans les aéroports parisiens, en raison d'une deuxième journée de grève de contrôleurs aériens.
"Il faut se rendre compte qu'hier et aujourd'hui, 272 personnes dans notre pays vont impacter le bien-être de plus de 500.000 personnes. C'est inacceptable", a déclaré vendredi matin sur CNews le ministre des Transports Philippe Tabarot.
Des centaines de milliers de personnes ont déjà été affectées jeudi en France et en Europe par ce mouvement social, déclenché par deux syndicats minoritaires qui réclament une amélioration de leurs conditions de travail et des effectifs plus importants.
A l'aéroport d'Orly vendredi matin, des voyageurs étaient désemparés.
Sabrina Taristas, 42 ans, cherchait à partir à Toulouse. "Si je reste jusqu'à dimanche pour un départ, est-ce qu'il y aura un hôtel de prévu? Ou est-ce que tout sera à ma charge ? (...) On ne peut pas aller à l'encontre de la grève, mais après c'est vrai que c'est pénalisant pour nous les voyageurs", a-t-elle déclaré à l'AFP.
"Je sais qu'en France on est pris en otage à Noël et pendant les vacances, même si on bosse et qu'on n'a pas de salaire garanti comme ceux qui nous foutent dans la mouise", a lancé Bruno Percepied, 63 ans. "Je ne suis pas énervé mais c'est vrai que je n'apprécie pas la situation".
Autour de 1.000 vols sont annulés vendredi, au départ de la France ou à l'arrivée, selon la Direction générale de l'aviation civile, contre 933 jeudi.
Lara, 30 ans, devait prendre un vol Paris-Berlin avec son conjoint. "Le vol était prévu jeudi soir, mais nous avons été informés mercredi qu'il avait été annulé. Nous avions pu prendre un autre billet gratuitement, pour vendredi soir, mais il a été supprimé à son tour", a-t-elle expliqué.
"Il a fallu prendre en urgence des billets de train. Résultat, un surcoût de 100 euros et plusieurs heures de trajet en plus", témoigne-t-elle.
De nombreux voyageurs ont annulé des nuitées dans des hôtels, "particulièrement dans les villes avec de gros aéroports comme Nice ou Paris", selon l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih).
"C'est un peu la panique entre ceux qui arrivent et ceux qui partent, les compagnies aériennes cherchent à reloger leurs clients, c’est compliqué à gérer et ça va leur coûter cher", a déclaré à l'AFP Véronique Siegel, responsable de la branche hôtellerie de l'Umih. "C'est un très mauvais signal vis-à-vis de l’étranger et ça donne une image catastrophique de la France".
- "Stratégie de blocage" -
Les effets du mouvement se font sentir au-delà des frontières nationales, la principale association européenne de compagnies aériennes, Airlines for Europe (A4E) ayant estimé qu'en Europe, 1.500 vols seraient annulés jeudi et vendredi, "affectant presque 300.000 passagers" sur le Vieux continent.
L'Union des aéroports français a dénoncé dans un communiqué une "stratégie de blocage systématique, qui sacrifie l'intérêt général sur l'autel de revendications difficilement justifiables".
Selon la DGAC, le taux de grévistes s'est établi à 26,2% jeudi, 272 contrôleurs ayant pris part au mouvement sur le millier de personnels de service.
Le deuxième syndicat d'aiguilleurs du ciel, l'Unsa-Icna (17% des voix aux dernières élections professionnelles) a lancé ce mouvement pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants. Il a été rejoint par la troisième force syndicale de la profession, l'Usac-CGT (16%).
La compagnie Air France a confirmé avoir été "contrainte d'adapter son programme de vols", sans préciser le nombre d'annulations, mais souligné que tous les long-courriers étaient "maintenus" jeudi et vendredi.
- "Management toxique" -
Une réforme contestée est en cours pour établir un pointage des contrôleurs à la prise de poste, à la suite d'un "incident grave" à l'aéroport de Bordeaux fin 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision. Une enquête en avait fait peser la responsabilité sur une organisation défaillante du travail des aiguilleurs, en dehors du cadre légal et sans respect du tableau de service.
Parmi les griefs de l'Unsa-Icna: "un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l'été", des outils obsolètes et "un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés".
Le premier syndicat d'aiguilleurs du ciel, le SNCTA (60% des voix), n'a pas appelé à la grève.
tq-max-neo-tsz-sr/ak/vk
P.Santos--AMWN