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Les Sud-Coréens arrêtés aux Etats-Unis attendus dans leur pays
Des centaines de Sud-Coréens qui avaient été arrêtés sur le chantier d'une usine de batteries par la police américaine de l'immigration sont attendus vendredi dans leur pays, après cet épisode qui selon Séoul risque d'entraver ses futurs investissements aux Etats-Unis.
L'arrestation le 4 septembre de 475 personnes, essentiellement des Sud-Coréens, travaillant sur un projet du groupe Hyundai-LG dans l'Etat américain de Géorgie (est) a provoqué des tensions entre Washington et Séoul, de proches alliés aux relations commerciales étroites.
Après plusieurs jours de tractations, un Boeing 747 de Korean Air a décollé jeudi matin d'Atlanta avec 316 Sud-Coréens et 14 salariés originaires d'autres pays à bord. Il doit atterrir dans l'après-midi à Séoul.
"Tout s'est bien passé à Atlanta", a déclaré un représentant du ministère des Affaires étrangères à l'AFP, "l'avion est parti comme prévu avec le bon nombre de passagers".
Le raid de la police de l'immigration (ICE) constituait l'opération la plus importante jamais réalisée sur un seul site dans le cadre de la campagne d'expulsion d'immigrés orchestrée par le président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.
Les salariés arrêtés ne disposaient probablement pas d'un visa les autorisant à effectuer des travaux de construction, ont relevé des experts.
Le président sud-coréen Lee Jae-myung s'est néanmoins dit "perplexe" jeudi sur ces arrestations. Il les a expliquées par des "différences culturelles", expliquant qu'en Corée du Sud, les infractions mineures semblables touchant des ressortissants américains ne sont pas considérées comme "un problème sérieux".
Cette affaire pourrait avoir un "impact significatif sur les décisions d'investissement futures, en particulier lors de l'évaluation de la faisabilité d'opérations directes aux Etats-Unis", a-t-il prévenu.
- Main d'oeuvre qualifiée -
L'opération anti-immigration, au cours de laquelle les employés sud-coréens ont été enchaînés et menottés, a provoqué la stupéfaction dans la quatrième économie d'Asie. La Corée du Sud est un allié clé de Washington pour la sécurité dans le Pacifique qui a promis récemment d'investir 350 milliards de dollars aux Etats-Unis pour éviter des droits de douane américains très élevés sur ses exportations.
La confédération KCTU réunissant les principaux syndicats sud-coréens a réclamé des excuses de Donald Trump, appelant Séoul à suspendre son plan d'investissements aux Etats-Unis.
Le président américain avait finalement renoncé à expulser ces professionnels mais Séoul a décidé de les rapatrier car ils sont "en état de choc", a précisé le chef de la diplomatie Cho Hyun.
Ce dernier s'est rendu spécialement à Washington cette semaine pour négocier une sortie de crise, Séoul veillant en particulier à ce que les travailleurs ne subissent aucune répercussion s'ils souhaitaient retourner aux États-Unis.
Ces arrestations mettent en évidence les contradictions de l'administration Trump, qui "fait venir des usines de production à grande échelle tout en négligeant de former les travailleurs locaux", estime Kim Dae-jong, professeur de commerce à l'université de Sejong.
Le président sud-coréen a expliqué que, pour les entreprises de son pays, les techniciens qualifiés étaient "essentiels" lors de l'installation des infrastructures, des équipements et des usines.
"La main-d'oeuvre nécessaire n'existe tout simplement pas localement aux Etats-Unis," a-t-il souligné.
Selon des sources industrielles interrogées par l'AFP, il est courant de contourner les règles en matière de visas afin de faire venir cette main-d'œuvre et éviter les retards dans les projets.
La construction de l'usine ciblée par le raid est, elle, désormais retardée de quelques mois, a indiqué Jose Munoz, le PDG de Hyundai. "Nous devons chercher des personnes pour reprendre ces postes. Pour la plupart, elles ne sont pas aux Etats-Unis", a-t-il justifié.
L'entreprise LG Energy Solution, dont 47 employés ont été arrêtés aux côtés de 250 personnes travaillant pour un sous-traitant, a de son côté promis d'apporter son soutien aux employés rapatriés, dans un dans un communiqué à l'AFP.
H.E.Young--AMWN