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Les Sud-Coréens arrêtés aux Etats-Unis de retour dans leur pays
Plusieurs centaines de Sud-Coréens arrêtés la semaine dernière sur le chantier d'une usine de batteries par la police américaine de l'immigration ont été rapatriés dans leur pays dans un vol spécial vendredi, ont constaté des journalistes de l'AFP.
L'arrestation le 4 septembre de 475 personnes, essentiellement des Sud-Coréens, travaillant sur un projet d'usine du groupe Hyundai-LG dans l'Etat américain de Géorgie (est) a provoqué des tensions entre Washington et Séoul, de proches alliés aux relations commerciales étroites.
Un Boeing 747-8I de Korean Air, avec plus de 310 Sud-Coréens à bord, qui avait décollé d'Atlanta, en Géorgie, a atterri à l'aéroport international d'Incheon, qui dessert la capitale Séoul, vers 15H25 locales (06H25 GMT).
Le raid de la police de l'immigration (ICE) constituait l'opération la plus importante jamais réalisée sur un seul site dans le cadre de la campagne d'expulsion d'immigrés orchestrée par le président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.
Les salariés arrêtés ne disposaient probablement pas d'un visa les autorisant à effectuer des travaux de construction, selon des experts.
Le président sud-coréen Lee Jae Myung a averti jeudi que le raid de l'immigration américaine était "déstabilisant" et pourrait avoir un effet dissuasif sur les investissements futurs, en particulier lors de l'évaluation de la faisabilité d'opérations directes aux Etats-Unis".
A l'aéroport d'Incheon, on pouvait voir personnes brandir une pancarte satirique représentant le président Trump en uniforme de l'ICE, armé d'un pistolet, avec l'inscription : "Nous sommes amis, n'est-ce pas?".
Un homme âgé, sans lien avec les salariés, a organisé une manifestation et tenait une pancarte où l'on pouvait lire : "Vous nous avez dit d'investir, seulement pour nous arrêter! Est-ce ainsi que vous traitez un allié?"
- Main-d'oeuvre qualifiée -
L'opération anti-immigration, au cours de laquelle les employés sud-coréens ont été enchaînés et menottés, a provoqué la stupéfaction dans la quatrième économie d'Asie. La Corée du Sud est un allié clé de Washington pour la sécurité dans le Pacifique qui a promis récemment d'investir 350 milliards de dollars aux Etats-Unis pour éviter des droits de douane américains très élevés sur ses exportations.
La confédération KCTU réunissant les principaux syndicats sud-coréens a réclamé des excuses de Donald Trump, appelant Séoul à suspendre son plan d'investissements aux Etats-Unis.
Le président américain avait finalement renoncé à expulser ces professionnels mais Séoul a décidé de les rapatrier car ils sont "en état de choc", a précisé le chef de la diplomatie Cho Hyun.
Ce dernier s'est rendu spécialement à Washington cette semaine pour négocier une sortie de crise, Séoul veillant en particulier à ce que les travailleurs ne subissent aucune répercussion s'ils souhaitaient retourner aux États-Unis.
Ces arrestations mettent en évidence les contradictions de l'administration Trump, qui "fait venir des usines de production à grande échelle tout en négligeant de former les travailleurs locaux", estime Kim Dae-jong, professeur de commerce à l'université de Sejong.
Le président sud-coréen a expliqué que, pour les entreprises de son pays, les techniciens qualifiés étaient "essentiels" lors de l'installation des infrastructures, des équipements et des usines.
"La main-d'oeuvre nécessaire n'existe tout simplement pas localement aux Etats-Unis," a-t-il souligné.
Selon des sources industrielles interrogées par l'AFP, il est courant de contourner les règles en matière de visas afin de faire venir cette main-d'œuvre et éviter les retards dans les projets.
La construction de l'usine ciblée par le raid est, elle, désormais retardée de quelques mois, a indiqué Jose Munoz, le PDG de Hyundai. "Nous devons chercher des personnes pour reprendre ces postes. Pour la plupart, elles ne sont pas aux Etats-Unis", a-t-il justifié.
L'entreprise LG Energy Solution, dont 47 employés ont été arrêtés aux côtés de 250 personnes travaillant pour un sous-traitant, a de son côté promis d'apporter son soutien aux employés rapatriés, dans un communiqué à l'AFP.
J.Williams--AMWN