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Pershing Square fait une offre financière pour redynamiser Universal Music
La société d'investissement américaine Pershing Square, détenue par l'investisseur activiste Bill Ackman, a fait une offre non engageante aux actionnaires d'Universal Music Group (UMG), valorisant le géant de l'industrie musicale jusqu'à 55 milliards d'euros.
"Nous pensons que cette transaction aborde de nombreux problèmes pesant sur l'entreprise qui ont empêché Universal de réaliser son plein potentiel en tant qu'entreprise cotée", a expliqué M. Ackman, lors d'une audioconférence avec des analystes, pour justifier son initiative annoncée mardi.
Il propose ainsi de fusionner UMG avec Pershing Square SPARC, holding ad hoc qui doit être cotée à la Bourse de New York, en faisant le pari que les actionnaires actuels opteront pour échanger leurs titres contre une combinaison de numéraire et d'actions de la nouvelle entité, plutôt qu'en échange de liquide uniquement.
Dans le premier cas, les actionnaires actuels recevront l'équivalent de 30,40 euros pour chaque action (prime de 78%), ce qui valorise la maison de disque au catalogue de stars, dont Taylor Swift, The Weeknd et Lady Gaga, à environ 55 milliards d'euros (64 milliards de dollars), selon des calculs de l'AFP.
Dans le second cas, ils recevront uniquement 22 euros par action (prime de 29%).
Mais, d'après les calculs de l'AFP, dans aucun des cas Pershing ne détiendrait la majorité des titres du nouvel UMG.
La partie numéraire serait financée par 2,5 milliards d'euros apportés par Pershing Square, un endettement de 5,4 milliards d'euros et 1,5 milliard d'euros nets générés par la vente des 3,10% (à fin 2025) d'Universal Music dans le géant suédois du streaming musical Spotify.
Cette cession devrait aussi permettre de verser jusqu'à 750 millions de dollars aux artistes gérés par Universal, souligne Bill Ackman dans un courrier au conseil d'administration d'Universal, joint au communiqué.
Dans cette lettre, il fait également miroiter que le nouvel UMG génèrera environ 2,3 milliards d'euros de liquidités opérationnelles dès 2027, et environ 15 milliards au total en cinq ans. Ou encore que l'action vaudra 71 euros d'ici fin 2031, avec une hausse régulière du dividende.
- "Irréel" -
Présentée au conseil d'administration d'Universal, l'offre non engageante doit recevoir, entre autres, l'aval des deux-tiers des actionnaires participant à une réunion non encore programmée. La finalisation est envisagée d'ici fin 2026.
"Depuis l'introduction en Bourse d'UMG (en 2021), (le PDG) Sir Lucian Grainge et la direction de la société ont accompli un travail remarquable en développant et en enrichissant un catalogue d'artistes de classe mondiale, tout en générant d'excellents résultats financiers", a expliqué Bill Ackman.
Universal "a dépassé nos attentes", a-t-il affirmé aux analystes.
"Cependant, le cours de l'action UMG a stagné en raison d'une série de problèmes qui n'ont aucun rapport avec les performances de son activité musicale et, surtout, qui peuvent tous être résolus grâce à cette opération", a-t-il déploré.
Il a cité l'incertitude autour de la participation de 18% du groupe français Bolloré dans la société, son premier actionnaire, mais aussi la sous-utilisation des ressources financières d'UMG.
La démission à l'été 2025 des représentants de Bolloré au conseil d'administration, "a surpris les marchés", constitué un "catalyseur irréel" et suscité maintes "interrogations sur les intentions" du groupe français, d'après M. Ackman, qui reproche également un "manque de clarté" d'Universal Music envers ses actionnaires concernant ses projets et objectifs financiers.
D'où son coup de pied dans la fourmilière avec son offre, qui prévoit aussi d'ajouter trois sièges d'administrateurs pour Pershing au conseil actuel et de reformuler le contrat de travail de M. Grainge.
"Sans Bolloré, nous n'avons pas de transaction. C'est pourquoi mon premier appel hier a été avec eux pour partager un résumé de l'opération", a expliqué Bill Ackman aux analystes, soulignant que le premier actionnaire d'UMG pourrait récupérer 2,7 milliards d'euros d'argent frais tout en conservant une participation majeure dans le nouvel UMG.
Contacté par l'AFP, Bolloré n'a pas réagi dans l'immédiat.
Le géant des médias Vivendi, également propriété de Bolloré, avait vendu 10% d'Universal Music en août 2021 à Pershing. Mais la société américaine n'en détenait plus qu'environ 4,74% à fin 2025.
A la Bourse d'Amsterdam, où Universal Music est cotée et pourrait y rester dans son nouveau périmètre, l'entreprise a terminé la séance mardi à 19,06 euros (+11,40%).
F.Pedersen--AMWN