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Cessez-le-feu en Iran: "rebond de soulagement" sur les marchés
Chute du pétrole, rebond des Bourses, détente sur les taux: les marchés ont vivement salué l'annonce d'une trêve de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran en l'échange d'une réouverture du détroit d'Ormuz.
"Le cessez-le-feu qui vient d'être annoncé est nettement favorable aux marchés, car il réduit directement le risque d'un choc d'inflation et de croissance alimenté par le pétrole", résume Stephen Dover, directeur du Franklin Templeton Institute, du gestionnaire d'actifs du même nom.
"Toutefois, compte tenu de son caractère temporaire et conditionnel, il doit être interprété comme un +rebond de soulagement+ et non comme un signal définitif de normalisation", ajoute-t-il, à l'unisson de réserves que partagent tous les analystes.
Le pétrole en baisse quasi historique
Principal canal de transmission des risques d'inflation à l'économie, le coût du pétrole a fortement reculé avec la perspective de la réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale.
Le WTI américain s'échangeait à 95,06 dollars le baril contre 112,95 dollars la veille (-15,84%) pour des livraisons en mai, selon un pointage à 11H15 GMT.
Le Brent de la mer du Nord passait de 109,27 à 94,18 dollars le baril (-13,14%) sur des contrats à échéance du mois de juin.
"La chute massive du prix du pétrole montre que les investisseurs sont prêts à parier sur la réouverture du détroit d'Ormuz", souligne Kathleen Brooks, directrice de recherche à XTB.
"Toutefois, il convient de noter que le prix du pétrole se situe au-dessus de 90 dollars le baril, bien au-dessus de la moyenne de 81 dollars le baril pour le Brent sur les 12 derniers mois", ajoute-t-elle.
"Les perturbations physiques et logistiques ne disparaîtront pas du jour au lendemain", ajoute Ray Sharma-Ong d'Aberdeen Investments, qui mentionne également "des coûts de transport plus élevés, des primes d'assurance liées au risque de guerre, des retards, des congestions (...)".
Bourses: retour de l'appétit pour le risque
L'annonce du cessez-le-feu a provoqué "un retour rapide de l'appétit pour le risque" sur les marchés, souligne Antoine Andreani, directeur de recherches à XTB France, qui s'interroge "sur la solidité du mouvement".
Wall Street devrait ouvrir en hausse, moins fortement qu'en Europe, d'après les contrats à terme deux heures avant le coup de cloche: Dow Jones +2,73%, Nasdaq +3,46%, S&P 500 +2,79%.
En Europe, la reprise restait vigoureuse à la mi-journée: +5,21% à Francfort avec Siemens et Airbus en pointe, +4,80% à Paris tirée par ArcelorMittal (+12,88%), Safran (+11,34%) et Société Générale (+11,30%).
Londres progresse de 3,07% malgré la sévère correction qui touche les valeurs pétrolières (-6% pour BP, -5,76% pour Shell, tout comme TotalEnergies à Paris -4,84%).
A contrario, les actions des grandes compagnies aériennes européennes prenaient leur envol: +13,91% pour Air France/KLM à Paris et +10,92% pour Lufthansa à Francfort.
"On est typiquement dans un phénomène de FOMO (l'acronyme anglais pour la peur de passer à côté de la bonne affaire, NDLR): les investisseurs reviennent rapidement à l'achat pour ne pas rater le mouvement", souligne Antoine Andreani.
Baisse des taux d'intérêt
L'annonce du cessez-le-feu a provisoirement dissipé les risques d'une réaction en chaîne menant au relèvement des taux d'intérêt et au ralentissement de la croissance: coût du pétrole, inflation, besoin de réduire la masse monétaire en circulation au péril de l'activité...
Libérés de cette menace, les taux d'emprunt des dettes souveraines européennes étaient en forte baisse mercredi, après l'annonce de l'accord.
Référence en Europe, le taux d'emprunt de la dette allemande à dix ans tombait à 2,92% mercredi vers 11H15 GMT, contre 3,08% la veille sur le marché de la dette.
Son équivalent français passait à 3,54% contre 3,78% la veille et celui du Royaume-Uni descendait à 4,69% contre 4,90% la veille.
"Le mouvement de marché est très rapide et corrige au moins la moitié du mouvement sur les taux observé depuis le point bas du mois de février", souligne auprès de l'AFP Claudia Panseri, cheffe des investissements à UBS Wealth Management France.
"L'annonce d'un cessez-le-feu renforce à nouveau les probabilités de voir la Fed baisser ses taux cette année", veut croire Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché à IG France.
Idem pour la Banque centrale européenne (BCE), ajoute-t-il: "les probabilités pour une hausse de taux de la BCE en avril sont retombées à 20% ce matin" contre 60% auparavant.
D.Moore--AMWN