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Rubio reçoit ses pairs du G20 en plein désordre mondial
Les États-Unis accueillent vendredi une réunion des pays du G20 incluant notamment la Russie, au moment où l'impasse semble régner sur tous les fronts, de l'Iran à l'Ukraine, et que les prix du pétrole ne cessent de monter à quelques jours des élections de mi-mandat dans le pays hôte.
Cette réunion, sous les auspices du secrétaire d'État américain Marco Rubio et qui se tient jusqu'à samedi à Atlanta, en Géorgie, doit déblayer le terrain en vue du sommet de mi-décembre que le président américain Donald Trump accueillera dans son golf près de Miami, en Floride.
Le G20 rassemble les grandes économies mondiales (États-Unis, Chine, Inde, Japon, France, Brésil) mais a perdu un peu de son lustre au fil des ans, sans déboucher sur de grandes décisions.
Parlant du sommet de Miami à venir, une source diplomatique prévient qu'il est "davantage conçu comme une démonstration de la puissance américaine, de l'engagement des États-Unis en matière de croissance, de dérégulation, de commerce et de business, plus que comme un sommet portant de grandes ambitions sur le fond".
L'administration Trump, qui assure l'actuelle présidence du G20 avant de passer la main au Royaume-Uni, juge que cette instance a dévié de ses objectifs initiaux et s'est affairée à "réorienter" le G20, avançant que la sécurité mondiale et la prospérité économique "sont indissociables".
A Atlanta, la grande ville du sud des États-Unis, "les discussions aborderont les défis liés à l'énergie et à la chaîne d'approvisionnement, ainsi qu'identifier des moyens de faire face collectivement à l'impact des tensions géopolitiques sur la sécurité économique", a expliqué un responsable du département d'État.
Il a souligné l'importance de l'accès à l'énergie — indispensable aux technologies émergentes telles que l'intelligence artificielle — et a mis en avant une "détermination commune à faire face aux crises urgentes et à maintenir ouvertes les voies maritimes essentielles au commerce, sans menaces ni péages".
Aucune "déclaration finale" négociée entre les pays n'est attendue, mais plutôt des "conclusions" de la présidence américaine, a-t-on indiqué par ailleurs de source diplomatique.
La réunion intervient alors que les signaux d'une nouvelle escalade au Moyen-Orient s'accumulent.
Selon le Wall Street Journal, les États-Unis ont demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une campagne courte et intense après les élections américaines prévues le 3 novembre.
"On fera peut-être un autre petit Epic Fury", avait déclaré le président américain la semaine dernière à l'occasion d'un meeting de campagne pour le camp républicain, en référence au nom de l'offensive militaire des États-Unis en Iran qui avait débuté le 28 février.
Quant à l'Ukraine, les discussions sont à l'arrêt depuis le début de l'année. Une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains pourrait se tenir en novembre aux Émirats arabes unis pour relancer les efforts de paix mais Washington ne l'a pas encore confirmé.
- Lavrov présent -
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, dont le pays est membre du G20, est arrivé aux États-Unis pour participer à une réunion du groupe, a indiqué vendredi l'agence russe Tass. Mais personne n'attend à ce que cela débouche sur des avancées.
Le président américain a invité son homologue russe, Vladimir Poutine, au sommet du G20 en décembre aux États-Unis mais attend encore la confirmation de sa venue.
La présence du ministre russe ne manquera pas de provoquer des remous du côté des Européens.
"Ils verront probablement cela d'un très mauvais œil", souligne à l'AFP Alisha Chhangani, du cercle de réflexion Atlantic Council.
Mais cela "ne normalise en rien ses actes ni ses positions", a précisé la source diplomatique, ajoutant que "les Européens continueront à défendre fermement leur ligne sur l'Ukraine".
La France, qui préside le G7 cette année, sera représentée par son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, tandis que la Chine sera présente avec le vice-ministre des Affaires étrangères Ma Zhaoxu.
Grande absente : l'Afrique du Sud, qui a été mise au pilori par Washington qui lui reproche une prétendue persécution des descendants des colons blancs européens, les Afrikaners.
En revanche, Washington a invité la Pologne, souhaitant que ce pays en devienne membre à part entière.
Les observateurs guetteront tout contact entre M. Rubio et son homologue brésilien Mauro Vieira, qui sera bien présent, selon le département d'État.
Les États-Unis ont accueilli sur leur territoire Flavio Bolsonaro, en fuite après avoir perdu l'élection présidentielle dimanche face au président Lula.
lb-bys-Dt/eml/bfi/roc
P.Mathewson--AMWN