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Alex Bodi utsedd till vicepresident för SCANDIC FINANCE-koncernen
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SCANDIC FINANCEグループ、アレックス・ボディ氏を副社長に任命
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SCANDIC FINANCE 그룹, 알렉스 보디 부사장 선임
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亞歷克斯・博迪獲任命為 SCANDIC FINANCE 集團副總裁
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Алекса Боді призначено віцепрезидентом групи SCANDIC FINANCE
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Алекс Боди назначен вице-президентом группы SCANDIC FINANCE
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Alex Bodi nommé vice-président du groupe SCANDIC FINANCE
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Journal d'un agriculteur: "Je voulais faire la multinationale du bien-être"
Jérôme Caze, 37 ans, marié et père de trois enfants, à la tête d'une exploitation maraîchère, et d'élevage de poulets et de porcs en Lot-et-Garonne, lancée il y a sept ans, raconte son quotidien de "petit agriculteur" à l'AFP depuis octobre.
Dans ce cinquième épisode, il revient sur son parcours en confrontant ses ambitions initiales, basées sur "la qualité" et le "bien-être", à la réalité d'un monde exigeant et en proie à des crises récurrentes.
- Bien-être -
"On a besoin de renflouer l'entreprise. Actuellement, on parvient à éponger les erreurs qu'on a faites au début et les factures en retard.
On va arrêter le maraîchage cette année. C'est une réflexion poussée par ma femme (en congé sabbatique, elle l'appuie ponctuellement dans son travail, NDLR). Seul, je m'y serais cramponné, parce que c'était l'héritage culturel familial.
Ça reste un échec mais on ne dépensera plus 10.000 euros par an pour acheter des graines.
Quand j'ai repris la ferme de mes parents qui ne juraient que par la qualité, j'envisageais d'aller plus loin et de faire une +multinationale du bien-être+.
Je me voyais réfléchir, donner les consignes au chef de culture et à un ou deux salariés. Dans ce modèle, le problème, c'est que tout le monde te parle des pesticides mais personne n'évoque la dureté du travail quand tu les supprimes.
J'en vois des types qui logent des saisonniers dans des petits bungalows à 600 euros par mois, avec un loyer pris sur le salaire... Ça, je m'y suis toujours refusé."
- Compromis -
"À l'école, on nous disait qu'il faut voir l'exploitation comme un tabouret : à trois pieds, ce n'est jamais bancal. Donc on va continuer trois productions : les légumes mais en primeur, les poulets plein air et les cochons de race Duroc, que je veux développer.
On veut que les animaux soient bien traités, dans des conditions qui se rapprochent du naturel : dehors, nourris aux déchets de légumes et céréales, avec un point d'eau et un point de souille pour s'y baigner et éviter les coups de soleil et les moustiques.
Avoir un objectif final de production ne doit pas empêcher de bien les considérer.
J'ai découvert l'abattoir cette année : il y a un petit corridor quand ils descendent du camion, tu peux leur parler, les nourrir, les caresser, les guider. Les pauvres sont allés à la mort tranquillement, en douceur et en confiance. C'est vraiment la méthode qui nous convient.
Mon élevage a deux mâles reproducteurs et quatre mères. Je vise deux femelles adultes supplémentaires, pour faire plus de petits, plus de volume avec des rotations de portées.
Il y a un petit côté +logique industrielle+ en pensant comme cela mais ... la vie est faite de compromis.
En agriculture, tu arrives avec un rêve et souvent on te claque la porte. En fait, tu comprends qu'il faut jouer leur jeu, sans le faire totalement, rester des petits, des marginaux, mais dans le rang."
- Fierté -
"Par exemple, je veux laisser plusieurs mois de repos aux femelles entre les portées. Le bien-être doit primer sur le volume ou le billet.
Si tu as trop d'animaux par parcours, tu t'éloignes des conditions de vie naturelles, celles des sangliers. Même si on veut plus de cochons, on évitera cela, c'est une ligne qu'on s'est fixée.
On ne se verse pas de salaire cette année, on en chie mais on sait qu'on va dans la bonne direction, en respectant nos principes et en gardant notre force de caractère.
Ce qui me fait vibrer, c'est quand je rencontre d'autres agriculteurs qui empruntent cette voie, ou quand des partenaires ou des clients visitent la ferme.
Je suis fier quand je montre mes bêtes, la nurserie, ma façon de travailler.
On ne part pas souvent en weekend mais bosser en pleine nature, chez toi, avec les gamins qui viennent t'aider ou faire les pitres à côté, y'a pas beaucoup de métiers qui le permettent.
C'est pour tout ça qu'on continue. Quand on aura plus de cochons, on trouvera des débouchés, le bouche-à-oreille va fonctionner. On va y arriver."
Propos recueillis par Karine ALBERTAZZI et Thomas SAINT-CRICQ
O.Johnson--AMWN