-
Plainte contre Cyril Hanouna : sa mère et Shana Loustau racontent leur inquiétude
-
Jordan Bardella s’oppose vivement à Gilles Bouleau lors du journal de TF1
-
Bethesda officialise le titre The Elder Scrolls VI dans un premier teaser
-
GTA 6 : le préchargement de 212 Go commencera une semaine avant la sortie
-
Xbox Nano : une petite manette ambitieuse destinée à des usages précis
-
Volkswagen ID.3 Neo : 1 500 kilomètres pour mesurer ses progrès sur autoroute
-
Adobe PDF Spaces ajoute une conversation partagée autour des documents
-
Chery annonce une recharge capable de récupérer 500 kilomètres en cinq minutes
-
Venise reste la grande ville italienne la moins motorisée
-
Une Ferrari V12 longtemps abandonnée s’engage dans une restauration complète
-
Yamaha NMAX E : un scooter électrique conçu pour rivaliser avec les 125 thermiques
-
Renault 5 électrique : l’épreuve de 1 000 kilomètres entre Nice et Paris
-
À 82 ans, un Américain transforme son Mercedes Sprinter en logement permanent
-
La Fiat Grande Panda électrique vise désormais jusqu’à 400 kilomètres
-
Cinéma : les principaux films à découvrir le mercredi 4 novembre
-
L’enseignement catholique défend une école fondée sur la fraternité et la liberté
-
Après la défaite républicaine, Donald Trump salue les démocrates et brandit son veto
-
Présidentielle : Bruno Retailleau pousse Edouard Philippe vers une primaire
-
SNCF : les syndicats demandent un rattrapage salarial face à l’inflation
-
BMW abaisse de nouveau ses objectifs après un troisième trimestre en recul
Sans eau propre ni toilettes, la double peine des déplacées de la mousson pakistanaise
Dans des écoles ou sous des tentes, les Pakistanaises chassées de chez elles par les crues subissent une double peine: si comme tous les déplacés, elles n'ont ni affaires ni accès à de l'eau propre, elles doivent en plus gérer dans la promiscuité leurs règles ou leur grossesse.
"On a du mal à trouver des serviettes hygiéniques et même quand on finit par en avoir, il n'y a pas de vraies toilettes pour pouvoir les mettre dans nos sous-vêtements", raconte à l'AFP Aleema Bibi, son bébé sur les genoux, enroulé dans un drap taché par la pluie boueuse.
Si cette Pendjabie de 35 ans accepte de parler de menstruations, un véritable tabou dans la très conservatrice société pakistanaise, c'est parce qu'elle n'en peut plus.
Depuis plusieurs jours, faute de sanitaires dans le camp de fortune monté à Chung pour 2.000 déplacés de la mousson au Pendjab, "nous allons dans les maisons des alentours pour utiliser leurs toilettes", explique-t-elle.
Mais "il faut attendre que les hommes soient sortis pour pouvoir entrer, utiliser les toilettes et changer nos serviettes", poursuit Jameela, qui vit, elle, dans une tente voisine depuis que l'eau a submergé les terres de son village.
- "Mal partout" -
Et, même là-bas, l'hygiène n'est pas toujours au rendez-vous: "l'une de ces toilettes jouxte une étable", rapporte Jameela, qui ne donne que son prénom. "On a échappé à la mort mais baigner dans la misère comme ça, c'est comme être mort".
Depuis la fin juin, la mousson ne cesse de tuer et de détruire au Pakistan: principalement dans le nord et le nord-ouest du pays, elle a déjà fait plus de 850 victimes.
Depuis près d'une semaine, elle a fait déborder les fleuves du Pendjab, frontalier de l'Inde dans l'Est, et menace désormais le sud du pays, en aval, avant la mer d'Arabie. Déjà 750.000 Pendjabis ont été évacués avec un demi-million de têtes de bétail.
Plus loin, une femme crie: sa belle-fille, enceinte de huit mois, vient de perdre les eaux et elle ne sait pas où l'emmener pour qu'elle soit prise en charge.
Fatima, elle, attend son deuxième enfant. Son aîné a un an et à 19 ans, elle est de nouveau enceinte, de quatre mois.
Quand, jeudi, l'eau est venue lécher l'entrée de sa maison, elle a fui vers l'école de Chung. Depuis, dit-elle, "j'ai mal partout et je ne trouve aucun médicament".
"Avant, je mangeais, je dormais, je me déplaçais comme je voulais, maintenant je ne peux plus rien faire", se lamente la jeune femme qui témoigne sous un nom d'emprunt.
La précarité de ces futures parturientes pourrait être fatale au Pakistan, un pays où la mortalité maternelle et périnatale est très élevée.
Chaque jour, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), 675 bébés de mois d'un mois et 27 mères meurent de complications qui auraient pu être soignées.
- "Trauma" -
En regardant la pluie qui tombe sans discontinuer et semble repousser toujours un peu plus un hypothétique retour à la maison, Shoumaia Riaz, enceinte de sept mois, se demande elle aussi de quoi sera fait l'avenir de son enfant à naître.
"Je voulais me concentrer sur ce bébé mais maintenant je ne sais même pas ce que je vais devenir moi-même", lâche-t-elle.
Autour d'elle, elles sont plusieurs à tenter de protéger leur ventre dans les salles de classe et les tentes surpeuplées, évitant du mieux qu'elles peuvent la boue qui s'infiltre partout et les relents pestilentiels de l'eau stagnante des alentours.
Ce sont elles qui sont les plus vulnérables aux épidémies qui pourraient émerger de ces mares brûnatres, dans un pays où la dengue et le paludisme font des ravages à chaque mousson.
"Tous les jours, je reçois 200 à 300 patients qui ont contracté des infections et des maladies transmises par l'eau", affirme le docteur Fahad Abbas, dépêché par une ONG médicale dans le camp de fortune de Chung.
A cela s'ajoute, "le trauma psychologique d'avoir perdu sa maison, particulièrement fort chez les femmes et les enfants", dit-il.
"Je le vois dans leurs yeux, leur façon de se mouvoir, la plupart n'arrivent toujours pas à réaliser ce qui leur est arrivé".
Y.Aukaiv--AMWN