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Une mission scientifique plonge dans les grands fonds marins de l'Atlantique
Le navire océanographique Le Pourquoi pas? de l'Ifremer doit quitter Brest vendredi pour aller recenser, avec une quarantaine de scientifiques et deux sous-marins, les sites hydrothermaux dans les grands fonds marins de l'océan Atlantique.
Menée dans le cadre d'un contrat délivré par l’Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM), cette campagne vise à recenser, sur la dorsale Atlantique, des champs de sources hydrothermales, ces sortes de geysers sous-marins par lesquels s'échappe l'eau chauffée par le magma et chargée de composés chimiques.
Ces cheminées laissent échapper des sulfures polymétalliques, qui sont convoités par les compagnies minières pour l'industrie du numérique, les batteries électriques ou l'aérospatial.
"C'est la troisième campagne d'exploration dans le cadre du contrat que l'Ifremer porte pour le compte de la France. Il s'agit de poursuivre l'exploration de la zone pour détecter des nouveaux champs hydrothermaux actifs, et voir s'il y a aussi des champs inactifs", a expliqué à l'AFP Sébastien Yber, chef de projet Ressources Minérales Marines profondes à l'Ifremer.
Pour leurs explorations, les scientifiques pourront s'appuyer sur le sous-marin autonome Ulyx, qui réalise des cartographies précises des fonds marins, et sur le sous-marin scientifique Nautile, qui peut descendre jusqu'à 6.000 mètres avec trois personnes à bord.
Mis en service en 1984, ce submersible jaune de huit mètres de long permet aux biologistes et aux géologues d'observer et d'intervenir directement dans les grands fonds.
"Autour de ces sites, il y a une faune luxuriante", notamment des crevettes, des moules, et "énormément de communautés microbiennes", a expliqué à l'AFP Cécile Cathalot, biogéochimiste et cheffe de mission.
"Rien que d'arriver à repérer où sont tous ces sites sur l'océan global, c'est déjà une prouesse en soi. On a fait des estimations qui datent d'une vingtaine d'années basées sur des indices qu'on avait à l'époque. On se rend compte que ces sites-là sont beaucoup plus fréquents que ce qu'on pensait", a-t-elle ajouté.
Dans le cadre du contrat d'exploration, l'Ifremer doit établir l'état de la ressource et approfondir la connaissance de l'environnement.
Mais "aujourd'hui, on n'a pas déclaré de ressources parce que, pour qu'il y ait une ressource au sens minier, il faut qu'il y ait une perspective" d'exploitation, a indiqué M. Yber.
Or "on sait qu'il y aurait des impacts si on exploitait et il y a trop d'inconnus sur leur ampleur (...) pour pouvoir dire qu'on peut exploiter sans impacter de manière grave l'environnement", a-t-il ajouté.
L.Davis--AMWN