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Scooters et motos ne stationnent plus "gratis" dans les rues de Paris
La fin d'une époque gracieuse. Depuis 9h jeudi, les deux-roues motorisés thermiques doivent payer pour stationner dans les rues de Paris, une mesure qui irrite la communauté des utilisateurs, "prête à braver l'interdit".
"A un moment il faut savoir dire non et s'écarter un petit peu du chemin", glisse à l'AFP un jeune motard, Dominique Gavaud, qui a dû se garer jeudi matin sur un emplacement vélo et n'a pas payé le stationnement.
"C'est compliqué de trouver des places, je n'ai pas vraiment le choix. Si j’ai une amende je vais la payer. Faute de mieux, je brave un peu les limites de l'interdit", poursuit ce designer alternant, vivant en banlieue parisienne.
Deux sociétés ont été diligentées par la ville de Paris pour traquer les contrevenants. L'amende pour non paiement de stationnement est de 25 euros ou de 37,50 euros selon la zone (pour 6 heures de stationnement). Les stationnements gênants ou dangereux sont passibles de 135 euros d'amende.
Pour garer son deux-roues motorisé (2RM) dans les rues de Paris, il faut s'acquitter d'un paiement s'il s'agit d'un véhicule thermique. Dans le centre de la capitale, le stationnement coûte 3 euros de l'heure contre 2 euros dans les arrondissements extérieurs.
"A la fin de la journée, ça doit grimper de ouf ! Je vais tenter une ou deux fois de ne pas payer, on va voir à quel point ils sont vifs ! S’ils sont trop vifs, on s’adaptera", indique avec le sourire Nicolas (qui ne souhaite pas donner son nom), un photographe/vidéaste habitant en banlieue et qui se déplace dans Paris pour son travail avec son scooter.
Le quadragénaire, qui possède également une voiture, envisage d'acheter un scooter électrique, exempté de paiement.
"Jusque-là le gros avantage du scooter à Paris, outre le fait qu’on peut stationner plus facilement qu’en voiture, c'est de pouvoir stationner gratuitement", avance-t-il.
-"sortir de l'exemption"-
Pour justifier la mise en place du stationnement payant, débattu depuis des années, la mairie de Paris avance la pollution de l'air, les nuisances sonores mais aussi un "meilleur équilibrage de l’espace public" ou encore la migration vers "des mobilités moins polluantes et plus douces".
"Il faut sortir de cette exemption dont ont bénéficié finalement les scooters et les motos. C’est une mesure difficile, qui demande un effort significatif mais qui est essentielle pour la suite et la lutte contre les pollutions", explique à l'AFP David Belliard, adjoint (EELV) aux mobilités et à la transformation de l'espace public à la mairie de Paris.
Les résidents parisiens ont droit à un tarif préférentiel: la carte annuelle vaut 22,50 euros par an, auxquels s'ajoutent 0,75 euro par jour de stationnement. Un pass professionnel est aussi proposé et la gratuité est donc appliquée pour les 2RM électriques et pour les 2RM handicap.
"Nous allons inciter à aller (stationner) en sous-sol, on va récupérer de l’espace public, on va mieux réguler je l’espère le stationnement illicite", soutient M. Belliard.
Maman de trois enfants en bas-âge et vivant dans le 20e arrondissement, Anissa (qui ne souhaite pas donner son nom) circule à pied, poussette à la main, sur les trottoirs parisiens, non loin d'un scooter attaché à une barrière de sécurité près d'une école.
"Personnellement, je ne trouve pas ça très dérangeant qu’ils se garent sur les barrières. Cette mesure, c'est pas cool. Et maintenant, ils se garent carrément au milieu des places pour les voitures, ça crée encore plus de difficultés. Pour moi, ça rajoute un nouveau problème", lance-t-elle.
La Fédération des motards en colère (FFMC) parle d'une mesure "vraiment discriminante, notamment pour les plus démunis qui habitent en banlieue". "Les logements à Paris sont devenus tellement chers que les gens s’exportent de plus en plus loin. Les plus touchés sont les banlieusards. C’est un vrai problème social, ils ne peuvent pas faire 40 km à vélo", relève à l'AFP le délégué Ile-de-France de la FFMC, Jean-Marc Belotti.
La FFMC, qui a lancé une pétition ayant récolté jeudi midi quelque 42.400 signatures, prévoit une manifestation samedi à la mi-journée devant la mairie de Paris. Un recours devant le tribunal administratif a été déposé en septembre dernier pour annuler l'arrêté.
O.Norris--AMWN