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Défense par vidéo pour Trump, absent à son procès civil pour viol présumé
"C'est une menteuse!": Donald Trump ne s'est pas présenté au procès civil à New York où une ancienne chroniqueuse du magazine Elle l'accuse de viol dans les années 1990, mais le jury a pu visionner jeudi sa déposition durant la procédure, une vidéo où il nie fermement les faits présumés.
A la fin de l'audience, le juge Lewis Kaplan, qui préside les débats, a fait confirmer à l'avocat de l'ancien président américain qu'il renonçait au droit de témoigner devant les neuf jurés citoyens. Puis, "dans l'intérêt de la justice", il a encore laissé la porte ouverte à une apparition de toute dernière minute du milliardaire républicain, "s'il change d'avis".
Depuis l'un de ses golfs, en Irlande, Donald Trump avait assuré jeudi à des journalistes qu'il comptait "rentrer et affronter" son accusatrice, mais son avocat, Joe Tacopina, n'a donné aucune indication en ce sens.
Le procès doit reprendre lundi avec les plaidoiries finales des avocats des deux parties.
Puis le jury se retirera pour décider si l'ancien président doit payer des dommages et intérêts à E. Jean Carroll, qui l'accuse depuis 2019 de l'avoir violée au printemps 1996 dans la cabine d'essayage d'un grand magasin de luxe new-yorkais, Bergdorf Goodman, et de l'avoir diffamée quand elle est sortie du silence.
- "Menteuse" et "malade" -
En l'absence de Donald Trump, qui compte reconquérir la Maison Blanche en 2024, les jurés se sont contentés d'extraits de sa déposition durant la procédure, via une audition enregistrée en octobre dernier.
"C'est une menteuse et c'est vraiment une malade (...) Je pense qu'elle est malade, elle a des troubles mentaux", y répète l'ancien président, veste bleue et cravate bleue sur une chemise blanche.
Il réitère qu'il ne connaît pas E. Jean Carroll, à l'époque chroniqueuse dans le magazine Elle, et réaffirme plusieurs fois qu'elle n'est "pas (son) genre".
Il est alors confronté à une photo lors d'une soirée mondaine où il se trouve en face de la journaliste, des années avant leur rencontre présumée de 1996.
Tout en affirmant qu'il ne se souvient pas de la scène, l'ancien président confond la plaignante avec son ex-femme, Marla : "c'est ma femme... c'est Marla", dit-il, immédiatement corrigé par son avocate, qui lui précise que "c'est (E. Jean) Carroll".
Le jury a aussi pu visionner un extrait d'une vidéo devenue célèbre, où l'on entend Donald Trump en 2005 tenir des propos dégradants à l'égard des femmes.
Il s'y vante de les embrasser et de les toucher à sa guise, puis ajoute: "quand tu es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire. Les choper par la chatte".
"Ce sont vraiment de vieilles infos", réagit-il durant sa déposition, évoquant des "discussions de vestiaires".
- Déjà inculpé -
Selon un bilan des médias américains, Donald Trump a été accusé dans le passé par plus de 20 femmes de les avoir agressées sexuellement ou d'avoir eu des gestes déplacés à leur encontre. Il a toujours nié ces accusations et n'a jamais été poursuivi au pénal. Une condamnation au civil s'ajouterait à ces ennuis judiciaires, alors qu'il compte se présenter face à Joe Biden en 2024.
Début avril, fait sans précédent pour un ancien président américain, il a été inculpé au pénal à New York pour 34 fraudes comptables et fiscales liées à des paiements pour étouffer des affaires embarrassantes avant la présidentielle de 2016.
E. Jean Carroll, 79 ans, a pu intenter un procès en vertu d'une loi de l'Etat de New York permettant aux victimes d'agressions sexuelles de relancer leur action en justice au civil, même en cas de prescription au pénal.
La semaine dernière, elle a longuement témoigné et décrit comment sa rencontre fortuite avec Donald Trump, à l'entrée de Bergdorf Goodman, s'était terminée par un viol dans une cabine d'essayage du 6e étage, déserté en ce début de soirée du printemps 1996.
Il n’existe pas de témoin oculaire ayant vu Donald Trump et E. Jean Carroll dans les rayons du magasin, mais deux amies de la plaignante ont confirmé devant le tribunal qu'elle leur avait confié, pour l'une quelques minutes plus tard, pour l'autre dans les jours suivants, qu'elle avait été "agressée" ou "attaquée" par l'homme d'affaires.
P.M.Smith--AMWN