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Les ports français et européens perturbés par une grève des dockers
Les ports français et européens, grecs notamment, sont perturbés vendredi par une grève de 24 heures des dockers, à l'appel des syndicats qui réclament des augmentations de salaire et s'opposent à la "militarisation" de ces infrastructures.
Au Havre, dans le nord-ouest de la France, il n'y avait aucun camion devant les deux portes d'entrée du port vendredi matin, a constaté l'AFP. "Il n'y a ni chargement ni déchargement", a affirmé François Brisot, secrétaire général CGT des travailleurs portuaires du Havre.
Haropa Port, qui gère Le Havre et Rouen, affirme pourtant que les impacts sur l'activité sont limités, avec une escale de navire de croisière annulée et huit escales retardées au Havre, premier port français pour le trafic de conteneurs.
A Dunkerque (Nord), le terminal à conteneurs n'est pas touché par la grève vendredi, ont indiqué un responsable et un représentant syndical à AFP. En revanche, les terminaux pour le vrac, les liquides divers, les carburants ou d'autres marchandises non transportées en conteneurs, sont "totalement bloqués", a affirmé Ludovic Dewynter, secrétaire général de la CGT des travailleurs portuaires de Dunkerque.
Au port de Nantes Saint-Nazaire, dans l'ouest, "neuf navires étaient à quai (...) et n'ont pas pu être traités", ont relevé vendredi les autorités portuaires, en notant que la grève a été annoncée "très en amont" et que le trafic maritime s'est "organisé en conséquence".
"Les ports français vont être à l'arrêt à 95 %" vendredi, a déclaré à l'AFP le secrétaire général de la CGT des dockers, Tony Hautbois. La consigne est de n'avoir aucun chargement ni déchargement.
La représentativité du syndicat est de 95 % parmi les dockers, qui chargent et déchargent les marchandises, et de 87,5 % parmi l'ensemble des salariés de la manutention portuaire au niveau national.
Les ports français ont traité 330 millions de tonnes de marchandises en 2025, soit 7 à 8 % du total européen.
- Contre la militarisation des ports -
Quelque 14.000 travailleurs portuaires, dont 7.500 dockers, sont concernés par l'appel à la grève à Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer, Le Havre, Rouen, Paris (Haropa), Cherbourg, Saint-Malo, Roscoff, Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux, Bayonne, Port-Vendres, Sète, Fos-sur-Mer, Marseille, Toulon, Nice, Bastia, Ajaccio et La Réunion.
Le syndicat de dockers conteste des mesures du projet de budget du gouvernement français qui, selon lui, "détruisent nos systèmes de solidarité". Ils ont annoncé s'associer à l'appel national à la grève le 5 novembre, lancé toutes les grandes centrales syndicales.
Ils réclament "l'augmentation du smic" (salaire minimum), des "augmentations de salaires et non des primes non cotisées", et affirment qu'ils se mobilisent pour défendre "la jeunesse", "l'avenir du service public d'éducation", la Sécurité sociale, les hôpitaux et les retraités.
En Grèce, la grande majorité des liaisons maritimes entre le continent et les îles de la mer Égée ne sont pas assurées vendredi en raison de la grève des syndicats de marins (Stefenson) et ingénieurs de la marine marchande (Pemen), selon les gardes-côtes.
Les syndicats dénoncent "les conditions de travail des salariés à deux vitesses" et réclament "des salaires décents" et "des conventions collectives". Ils s'opposent également au transport de "matériel de guerre" via les ports et "refusent de mettre leur vie en danger en participant à des missions dans des zones maritimes dangereuses".
Le premier appel à la grève de vendredi a été lancé dans un cadre européen, par le Conseil européen dockers (European Dockworkers Council, EDC), et au niveau international par d'autres fédérations de dockers, notamment en Turquie et en Inde. Il s'agit de dire non à la guerre et à la militarisation des ports.
Les syndicats européens s'opposent notamment à un projet de règlement pour favoriser la "mobilité militaire", en facilitant le transit de matériel de défense via les infrastructures civiles de transport.
im-mac-ld-hec-las-am/aro/ybl
F.Schneider--AMWN