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Poussée de fièvre entre Israël et l'Iran, la guerre fait rage à Gaza
Des menaces de représailles de l'Iran contre Israël ont de nouveau fait monter la tension jeudi au Proche-Orient, suscitant des appels à la retenue au moment où des progrès en vue d'une trêve dans la bande de Gaza se font attendre.
Les bombardements israéliens ont fait 63 morts en 24 heures, selon le ministère de la Santé du Hamas, dans le territoire palestinien assiégé par Israël et dévasté par plus de six mois de guerre.
Alors que les pays médiateurs attendent des réponses d'Israël et du Hamas à leur dernière proposition de trêve, la guerre dans la bande de Gaza provoque une nouvelle poussée de fièvre dans la région.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, dont le pays, ennemi d'Israël, soutient le Hamas, avait assuré mercredi qu'Israël serait "puni" après une attaque meurtrière qui lui a été imputée le 1er avril en Syrie.
Cette frappe a détruit le consulat iranien à Damas et fait 16 morts, parmi lesquels sept membres du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, selon une ONG.
"Si l'Iran mène une attaque depuis son territoire, Israël répondra et attaquera l'Iran", a répondu en persan le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz.
La Russie de son côté a appelé jeudi l'Iran et Israël à faire preuve de "retenue" pour éviter une "déstabilisation" au Proche-Orient.
La cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, a elle aussi appelé à la "retenue", afin d'éviter une "nouvelle escalade régionale".
Depuis le début de la guerre à Gaza il y a plus de six mois, les tensions ont redoublé entre l'Iran, Israël et leurs alliés respectifs.
Les groupes pro-iraniens du Liban, d'Irak ou du Yémen mènent des attaques contre des objectifs israéliens et américains pour soutenir le Hamas. Israël de son côté a intensifié ses frappes contre des positions de l'armée syrienne mais surtout contre des groupes pro-iraniens, comme le Hezbollah au Liban, et des cibles militaires iraniennes en Syrie.
"Nous sommes en pleine guerre à Gaza, qui continue à plein régime (...) mais nous nous préparons aussi à faire face à des défis sur d'autres théâtres", a déclaré jeudi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyhau. "Nous sommes prêts pour la défense et l'attaque", a-t-il assuré.
- "Panique parmi les enfants" -
La guerre a éclaté le 7 octobre lorsque des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, entraînant la mort de 1.170 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l'AFP à partir des données officielles israéliennes.
Plus de 250 personnes ont été enlevées et 129 restent détenues à Gaza dont 34 sont mortes, d'après des responsables israéliens.
En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. Son armée a lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 33.545 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Jeudi, l'armée israélienne a annoncé avoir mené pendant la nuit "une opération de précision dans le centre de la bande de Gaza", "afin d'éliminer des agents terroristes".
"La situation est désastreuse et empire, les bombardements n'ont pas cessé et continuent", a raconté à l'AFP Imad Abu Shawish, un homme de 39 ans, dans le secteur de Nousseirat, dans le centre du territoire.
"Nous entendons le son des missiles qui tombent près de nous avant d'exploser, et provoquent la panique parmi les enfants et d'autres membres de la famille", a-t-il ajouté.
Les efforts de médiation n'ont pas permis jusqu'à présent de parvenir à un compromis. Jeudi, Israël a accusé le Hamas de "tourner le dos" à une "offre très raisonnable".
- "Des exigences claires" -
Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé mercredi que la mort dans une frappe israélienne à Gaza de trois de ses fils ne ferait pas fléchir le mouvement islamiste, au pouvoir dans le territoire depuis 2007, dans ses exigences vis-à-vis d'Israël.
"Nos exigences sont claires et nous n'y renoncerons pas. Si l'ennemi croit que cibler mes fils au plus fort des négociations et avant que le Hamas ne donne sa réponse, poussera le mouvement à changer de position, il se trompe", a déclaré M. Haniyeh, basé à Doha, à la chaîne du Qatar Al-Jazeera.
Le Hamas exige avant tout accord un cessez-le-feu définitif, le retrait israélien de Gaza, une augmentation importante de l'aide humanitaire, un retour des déplacés et un accord "sérieux" d'échange d'otages et de prisonniers palestiniens.
Benjamin Netanyahu continue de répéter que la guerre se poursuivra jusqu'à la victoire sur le Hamas et la libération de tous les otages. Il maintient son projet d'offensive terrestre sur la ville de Rafah, frontalière avec l'Egypte à l'extrémité sud de la bande de Gaza, qu'il considère comme le dernier grand bastion du Hamas.
Ce projet suscite l'opposition de nombreuses capitales étrangères, à commencer par Washington, qui redoutent de lourdes pertes civiles dans la ville devenue un abri pour un million et demi de personnes, selon l'ONU, en majorité des déplacés qui ont fui la guerre plus au nord.
T.Ward--AMWN