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Nouvelles frappes sur la bande de Gaza, les espoirs de paix s'amenuisent
Les espoirs de paix s'amenuisent mardi dans la bande de Gaza, dévastée par plus de neuf mois de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, à l'heure où "la catastrophe humanitaire" s'aggrave, alertent des ONG.
Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a fait part lundi à deux hauts responsables israéliens de la "vive inquiétude" des Etats-Unis après les frappes meurtrières israéliennes des derniers jours, selon son porte-parole.
Alors que le marathon diplomatique venait d'être relancé dans l'espoir de conclure un cessez-le-feu, le Hamas a annoncé dimanche qu'il suspendait sa participation aux négociations indirectes, portant un coup dur aux efforts des médiateurs.
Dans la bande de Gaza, à l'aube mardi matin, quatre corps et trois blessés ont été retirés des décombres d'une maison visée par une frappe aérienne israélienne à Khan Younès (sud), selon le Croissant rouge palestinien, qui a fait état également d'un mort et de plusieurs blessés dans une maison de Nousseirat (centre) ciblée par un avion israélien.
Dans la nuit de lundi à mardi, des témoins ont signalé des frappes et des tirs d'artillerie de l'armée israélienne du nord au sud du territoire palestinien.
Dans la ville de Gaza (nord), les services ambulanciers ont rapporté avoir trouvé un mort et deux blessés dans un appartement ciblé.
La Défense civile du territoire palestinien dirigé par le Hamas a rapporté qu'une frappe israélienne sur une maison à Zawaida (centre) a fait deux morts et plusieurs blessés.
La veille, une frappe israélienne contre une école abritant des déplacés dans le quartier Al-Rimal de la ville de Gaza (nord), a fait un mort et quatre blessés, selon la Défense civile. Il s'agit de la sixième école bombardée en neuf jours dans la bande de Gaza.
Dimanche, 22 personnes ont été tuées à Nousseirat, a indiqué le ministère de la Santé du Hamas, dans le bombardement d'une école de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, abritant "des milliers de déplacés" selon la Défense civile. L'armée israélienne a affirmé avoir "frappé des terroristes".
- "Détérioration" de l'accès de l'aide humanitaire -
"Ces événements récents aggravent la catastrophe humanitaire", s'est alarmé Médecins Sans Frontières, qui dénonce avec d'autres ONG "l'obstruction systématique à l'aide par Israël et ses attaques contre les opérations d'aide".
Dans un état des lieux publié lundi, 13 ONG alertent sur la "détérioration" de l'accès de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, avec l'intensification des opérations israéliennes.
La prise du point de passage de Rafah (sud) par les Israéliens début mai, désormais détruit à la frontière avec l'Egypte, a provoqué un "arrêt complet" de l'acheminement, selon les ONG, parmi lesquelles Oxfam, Care, Save the children ou encore Médecins du monde. Selon elles, moins de la moitié (53) des 115 missions humanitaires planifiées ont été facilitées par Israël (46%).
Dans le nord de la bande de Gaza, isolé du sud par les forces israéliennes, quelque 20% des foyers sont classés en situation "catastrophique" et 50% en situation "urgente" pour risque de famine, explique MSF, précisant que l'acheminement de l'aide y est "très limité".
De son côté, Israël nie toute situation de famine à Gaza et accuse les Nations unies d'être responsables des blocages de livraisons d'aide.
- "Effroyable massacre" -
Samedi, selon le Hamas, des frappes israéliennes ont tué 92 Palestiniens dans le camp d'Al-Mawasi, près de Khan Younès, un secteur déclaré il y a plusieurs mois "zone humanitaire" par Israël, où les civils déplacés avaient été invités à se regrouper.
Israël a indiqué avoir visé Mohammed Deif, le chef militaire du Hamas, et Rafa Salama, commandant à Khan Younès du mouvement islamiste, présentés comme "deux cerveaux du massacre du 7 octobre" en Israël, qui a déclenché la guerre.
Mohammed Deif est sain et sauf, selon un responsable du Hamas. L'armée israélienne a annoncé que Rafa Salama avait été tué dans cette frappe, mais n'a pas donné d'informations concernant Mohammed Deif.
Après cette frappe, un responsable de l'Unrwa a raconté avoir assisté, à l'hôpital Nasser de Khan Younès, à "certaines des scènes les plus horribles" depuis le début de la guerre.
Le Hamas a dénoncé un "effroyable massacre".
L'armée a affirmé de son côté que "la frappe avait été menée dans une zone clôturée gérée par le Hamas" et que "la plupart des victimes étaient des terroristes".
La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent menée le 7 octobre par le Hamas dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de 1.195 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.
Sur 251 personnes alors enlevées, 116 sont toujours retenues à Gaza dont 42 sont mortes, selon l'armée.
En riposte, Israël a juré de détruire le Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza, et lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 38.664 morts, en majorité des civils, dont au moins 80 ces dernières 24 heures, d'après des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.
Depuis le début de la guerre à Gaza, le Hezbollah, allié du mouvement islamiste palestinien, échange quotidiennement des tirs transfrontaliers avec Israël, qui font craindre une guerre à plus grande échelle.
Dans la nuit, le Hezbollah a annoncé avoir envoyé des dizaines de roquettes de type katioucha et falaq sur la localité frontalière de Kyriat Shmona "en riposte aux agressions de l'ennemi israélien contre les villages dont le massacre effroyable à Bint Jbeil".
Un combattant du Hezbollah et sa soeur ont été tués dans une frappe israélienne sur cette ville du sud du Liban, ont indiqué l'agence nationale d'information (ANI) et le mouvement islamiste libanais, l'armée israélienne disant y avoir visé un site de stockage d'armes.
- Coup dur pour les négociations -
Après des mois de négociations restées vaines, le retrait du Hamas porte un coup dur aux efforts des médiateurs, Qatar, Etats-Unis et Egypte, pour avancer vers une trêve associée à un échange de prisonniers palestiniens contre des otages retenus à Gaza.
Le mouvement islamiste s'est toutefois dit prêt "à reprendre les négociations" quand Israël "fera preuve de sérieux".
Samedi, le chef politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a accusé Benjamin Netanyahu de chercher à bloquer un cessez-le-feu par des "massacres odieux".
M. Netanyahu a toujours affirmé vouloir poursuivre la guerre jusqu'à la destruction du Hamas, classé organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, et la libération de tous les otages.
L.Miller--AMWN