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Le gouvernement Attal gère les "affaires courantes", la gauche se fracture autour de Matignon
Le gouvernement Attal est officiellement démissionnaire mais reste en charge des affaires courantes, probablement pour au moins "quelques semaines". La gauche, elle, se divise toujours sur son candidat à Matignon, la spécialiste du climat Laurence Tubiana étant jugée trop "Macron-compatible" par les Insoumis.
Emmanuel Macron a "accepté" mardi en fin de journée la démission de Gabriel Attal et de tous les ministres, qui assurent désormais "le traitement des affaires courantes jusqu’à la nomination d'un nouveau gouvernement", a annoncé l'Elysée dans un communiqué.
Après seulement six mois à son poste, Gabriel Attal a promis d'assurer "jusqu'à la dernière minute" la "continuité de l'État". Pour le camp présidentiel, "l'avenir est à écrire" après avoir "évité le pire", a insisté le Premier ministre démissionnaire, attendu au 20H de TF1.
Cette démission permet aux ministres élus députés de siéger dans l'hémicycle pour participer à l'élection à la présidence de l'Assemblée nationale jeudi, puis vendredi et samedi à l'attribution des postes stratégiques du Palais Bourbon.
- Pacte législatif ? -
Ils vont désormais s'atteler la construction d'une majorité alternative à la gauche. Afin qu'un gouvernement de plein exercice voie le jour "le plus rapidement possible", "il appartient aux forces républicaines de travailler ensemble pour bâtir un rassemblement autour de projets et d'actions au service des Françaises et des Français", a affirmé l'Elysée.
Emmanuel Macron a lui exhorté son camp a reprendre la main en mettant "une proposition sur la table en vue d'une coalition majoritaire ou d'un large pacte législatif", selon un ministre.
Un "pacte législatif", c'est précisément ce qu'élabore Laurent Wauquiez, le chef du nouveau groupe La Droite républicaine à l'Assemblée, issu du parti Les Républicains.
S'il se refuse à toute "coalition gouvernementale", il a listé plusieurs mesures sur le travail et l'autorité susceptible de rallier certains députés de l'ex-majorité.
Une partie de la macronie adhère à la manœuvre et l'a fait savoir. Ces propositions législatives "sont très intéressantes et méritent que nous en discutions", a lancé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin dans un message à ses collègues députés Renaissance, consulté par l'AFP.
Mais le "bloc central" est tiraillé entre son aile droite et son aile gauche. "Combien de gains à droite et combien de pertes à gauche? Le sujet c'est d'élargir, pas de faire des additions ou des soustractions", glisse un conseiller ministériel.
Les mêmes discussions ont lieu pour la présidence de l'Assemblée. Si un accord est passé avec la droite, une candidature comme celle de la sortante Yaël Braun-Pivet pourrait réunir plus de voix que la gauche.
Mais d'autres personnalités sont évoquées pour le poste, comme Naïma Moutchou chez Horizons ou Geneviève Darrieussecq au MoDem. Le centriste Charles de Courson, représentant du groupe Liot, s'est officiellement déclaré.
A gauche, les discussions pour soumettre un candidat au poste de Premier ministre ne cessent de se tendre, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon ayant refusé de les poursuivre tant qu'un candidat commun pour le perchoir n'a pas été trouvé.
- Bras de fer PS/LFI -
Socialistes, communistes et écologistes sont néanmoins revenus à la charge lundi soir en proposant une personnalité issue de la société civile, Laurence Tubiana, pour Matignon. Cette architecte de l'accord de Paris sur le climat avait été citée pour entrer au gouvernement en 2020, ce qu'elle avait exclu, assez critique par ailleurs sur la politique environnementale du chef de l'Etat.
Fin de non-recevoir des insoumis: "Si c'est effectivement ce profil sur lequel travaillent nos partenaires, je tombe de ma chaise", a déclaré sur France 2 Manuel Bompard. Le coordinateur de LFI considère la proposition "pas sérieuse", car cela ferait "rentrer par la fenêtre les macronistes".
La députée Sophia Chikirou, proche de Jean-Luc Mélenchon, a elle semblé associer le nom de Laurence Tubiana à l'action de François Hollande, avec des mots choisis: "Le hollandisme c'est comme les punaises de lit: tu as employé les grands moyens pour t'en débarrasser (...) mais en quelques semaines, ça gratte à nouveau", a-t-elle invectivé sur X.
Les insoumis ne peuvent "s'imposer à tous les autres", a rétorqué le patron du PS Olivier Faure sur France Inter. "On propose un point de réconciliation. Si d'autres considèrent que c'est un point de division, ça veut dire peut-être que l'envie de gouverner n'est pas complète" chez LFI, a renchéri le chef des députés socialistes Boris Vallaud sur France Info.
Au milieu de ce bras de fer, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a déploré que certains repartent "dans les travers d'appareils". "Le casting, c'est le cadet de mes soucis", regrette-t-elle dans un entretien à l'AFP.
A.Jones--AMWN