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Charles III présente le premier programme travailliste en 15 ans lors du "discours du roi"
Charles III prononce mercredi le "discours du roi", lors d'une cérémonie solennelle où il va dévoiler le premier programme législatif d'un gouvernement travailliste en 15 ans, après l'écrasante victoire du Labour aux législatives du 4 juillet au Royaume-Uni.
En milieu de matinée, le roi a quitté le palais en carrosse doré en direction de Westminster pour ce moment empreint de tradition et de solennité.
Un peu plus tôt, des gardes royaux ont procédé à l'inspection des caves du Parlement à la recherche d'explosifs, un héritage de la tentative infructueuse des catholiques de faire sauter le bâtiment en 1605.
La députée Samantha Dixon est elle retenue symboliquement en otage à Buckingham jusqu'au "retour sain et sauf du roi" dans sa résidence.
Le discours du trône ou discours du roi est prononcé par le souverain mais rédigé par le gouvernement. C'est l'occasion pour le nouveau parti au pouvoir d'exposer ses priorités à Westminster.
Il marque l'ouverture de la nouvelle session du Parlement après les élections législatives qui ont abouti à l'arrivée à Downing Street du nouveau Premier ministre travailliste Keir Starmer après 14 ans de pouvoir conservateur.
Ce discours du trône est le premier rédigé par un exécutif travailliste depuis le gouvernement de Gordon Brown en 2009, avant l'arrivée au pouvoir des conservateurs quelques mois plus tard.
- "Impatient" -
"Le programme législatif présenté lors du discours du roi s'appuiera sur l'élan de nos premiers jours au pouvoir et fera une différence dans la vie des travailleurs", avec la croissance économique comme priorité, a déclaré le chef du gouvernement.
Alors qu'il s'est dit juste après son arrivée au pouvoir "impatient de mettre en oeuvre le changement" promis aux Britanniques, il a prévu d'annoncer plus de 35 projets de loi.
Parmi les principaux projets de loi doit notamment figurer la création d'un fonds d'investissement public visant à financer la transition écologique du pays, des mesures pour accélérer la construction de logements, renationaliser les compagnies de transport ferroviaire ou encore pour abaisser le droit de vote à 16 ans au lieu de 18 ans actuellement.
Une réforme de la Chambre des Lords, qui compte près de 100 membres au titre héréditaire, pourrait également être annoncée.
Les travaillistes ont aussi promis de renforcer la décentralisation en donnant aux conseils locaux et aux maires des grandes régions davantage de pouvoir.
Un projet de loi devrait aussi renforcer les droits des travailleurs, en supprimant notamment les contrats dits "zéro heure" qui ne garantissent pas de durée minimum de travail.
Le gouvernement, qui a bâti sa campagne sur une promesse de "sérieux" budgétaire, doit également donner de nouvelles attributions à l'organisme public de prévision budgétaire, l'OBR, pour assurer un meilleur contrôle des dépenses publiques.
Outre ces projets travaillistes, le gouvernement pourrait également, selon certains médias britanniques, remettre à l'ordre du jour des textes portés par les conservateurs dont l'examen avait commencé sous la précédente législature, notamment la loi visant à interdire la vente de tabac à toute personne née après 2009.
- Ton monocorde -
Avec ce programme, les travaillistes veulent "montrer qu'ils peuvent redevenir ce qu'ils considèrent comme le parti naturel du gouvernement", souligne à l'AFP Tony McNulty, ancien ministre du Labour et professeur de politique britannique à l'université Queen Mary de Londres.
C'est le deuxième "discours du roi" prononcé par Charles III depuis son accession au trône, en septembre 2022. En mai de cette année là, en tant que prince de Galles, il avait aussi remplacé sa mère Elizabeth II, dont la santé déclinait.
Charles III, coiffé de la couronne impériale d'apparat, s'assiéra sur le trône de la Chambre des Lords, avec à sa gauche son épouse Camilla. Le gentilhomme huissier de la verge noire ("Black Rod") ira alors mander quelque 250 députés rassemblés à la Chambre des Communes.
Le roi doit prononcer le discours d'un ton monocorde pour illustrer la neutralité politique du souverain. Une tradition que ce défenseur de l'environnement avait respectée en novembre dernier lorsqu'il avait dû annoncer l'intention du gouvernement de Rishi Sunak d'accorder de nouvelles licences pétrolières et gazières.
"Il y a probablement dans ce discours du roi davantage de choses qu'il préférera" par rapport au précédent, estime Tony McNulty. "Mais il le prononcera avec un visage impassible. C'est son rôle".
P.Costa--AMWN