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Washington met la pression sur Kiev et Moscou et propose des "échanges territoriaux"
Le vice-président américain JD Vance a sommé mercredi Moscou et Kiev de parvenir à un accord pour trouver une issue au conflit en Ukraine, proposant des "échanges territoriaux entre les deux pays", au moment où des discussions ont lieu à Londres entre responsables américains, ukrainiens et européens.
Les attaques aériennes russes ont repris en Ukraine à la suite d'une brève trêve de Pâques.
Neuf personnes ont été tuées et 32 blessées dans une attaque de drone russe contre un bus à Marganets, dans le sud-est de l'Ukraine, a annoncé mercredi le gouverneur de la région de Dnipropetrovsk. Dans la nuit, des incendies se sont déclarés dans plusieurs régions ukrainiennes à la suite d'attaques russes.
JD Vance a averti mercredi que la Russie et l'Ukraine devaient s'entendre sur un accord, sinon les Etats-Unis "se retireront", a-t-il prévenu.
Le vice-président américain a évoqué la possibilité de "geler les lignes territoriales à un niveau proche de ce qu'elles sont aujourd'hui".
"Cela signifie que les Ukrainiens et les Russes doivent tous deux abandonner une partie du territoire qu'ils possèdent actuellement", a-t-il ajouté. "Il va falloir procéder à des échanges territoriaux".
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé qu'il ne s'agissait cependant pas d'un ultimatum. "Les Etats-Unis poursuivent leurs efforts de médiation, et nous nous (en) félicitons", a-t-il déclaré.
Le président Volodymyr Zelensky a lui insisté sur la nécessité d'avoir un cessez-le-feu "immédiat, complet et inconditionnel" en Ukraine en amont de négociations de paix.
Londres a redit qu'il appartenait "à l'Ukraine de décider de son avenir". La présidence française a elle affirmé que l'"intégrité territoriale" de l'Ukraine était une "exigence très forte" des Européens.
Kiev et ses alliés européens réclament un retour complet de l'Ukraine dans ses frontières d'avant 2014, une position que le ministre américain de la Défense Pete Hegseth avait qualifiée en février d'"irréaliste".
- "Pas facile" -
Les déclarations de JD Vance interviennent alors que des discussions se tiennent à Londres entre Américains, Ukrainiens et Européens.
Elles devaient s'inscrire dans la foulée de celles qui ont eu lieu à Paris la semaine dernière mais le Foreign Office a annoncé mercredi matin un "report" des pourparlers au niveau des ministres des Affaires étrangères.
Il s'agit désormais de discussions qualifiées de "techniques" par le gouvernement britannique.
Le déplacement de Marco Rubio n'avait jamais été officiellement annoncé, mais celui-ci ayant dit la semaine dernière à Paris qu'il irait à Londres s'il le jugeait utile, son absence laisse penser qu'il y a renoncé faute de progrès.
Côté américain, l'émissaire spécial pour l'Ukraine, le général Keith Kellogg, est présent. La France est représentée par Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique du président Emmanuel Macron.
Côté ukrainien, le chef de l'administration présidentielle Andriï Iermak, le chef de la diplomatie Andriï Sybiga et le ministre de la Défense Roustem Oumerov sont à Londres.
Une délégation ukrainienne doit rencontrer Keith Kellogg, a dit une source au sein de la présidence à Kiev.
Andriï Sybiga a indiqué que lui-même et Roustem Oumerov s'entretiendraient avec leurs homologues britanniques David Lammy et John Healey.
"La voie vers la paix n'est pas facile mais l'Ukraine a été et reste engagée dans les efforts de paix", a déclaré Andriï Iermak.
- "Irréaliste" -
Mardi, le Kremlin a mis en garde contre toute précipitation dans les discussions visant à obtenir un cessez-le-feu plus de trois ans après l'invasion russe.
Le président américain Donald Trump, qui veut mettre un terme au plus vite à cette guerre "terrible et insensée", avait dit dimanche espérer un accord "dans la semaine" entre Moscou et Kiev, sans en dévoiler les éventuels contours.
Entre temps, l'émissaire américain Steve Witkoff prévoit un voyage à Moscou cette semaine, ont indiqué la Maison Blanche et le Kremlin, sans préciser la date.
Selon le Financial Times, Vladimir Poutine a proposé à M. Witkoff début avril d'arrêter son invasion et de geler la ligne de front actuelle si les Etats-Unis accèdent à ses revendications majeures, comme la reconnaissance de la souveraineté de la Russie sur la péninsule de Crimée, annexée en 2014, et la non-adhésion de l'Ukraine à l'Otan.
"De nombreuses fausses informations sont publiées en ce moment", a réagi le Kremlin.
Par ailleurs, Pékin a dénoncé mercredi des "accusations sans fondement" après que l'Ukraine a affirmé que des soldats chinois combattaient au sein de l'armée russe et que des entreprises chinoises aidaient Moscou à fabriquer du matériel militaire.
lb-burs-ctx/cla/am
P.Santos--AMWN