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Friedrich Merz promet de soutenir Kiev pour préserver "la paix" en Allemagne
Le futur chancelier Friedrich Merz a promis lundi la poursuite du soutien à l'Ukraine pour préserver la "paix" en Allemagne même et dévoilé une partie de son gouvernement, incluant un chef de la diplomatie très critique du Kremlin.
Le conservateur de 69 ans, qui doit être élu chancelier le 6 mai par les députés, a assuré que son pays assumerait "à nouveau", après des années de retrait, "ses responsabilités de leader en Europe et avec les autres membres de l'Union européenne".
Et le soutien à Kiev fait partie des priorités.
"Le combat de l'Ukraine contre l'agression de la Russie est aussi un combat pour le maintien de la paix et la liberté dans notre pays", a insisté M. Merz devant des dirigeants de son parti CDU réunis en congrès, qui ont adopté le contrat de coalition gouvernementale récemment conclu avec les sociaux-démocrates (SPD).
Les défis sont nombreux pour cet ancien rival d'Angela Merkel, sans expérience gouvernementale, qui prendra les commandes à un moment de basculement géopolitique, avec un allié américain devenu imprévisible sous l'administration de Donald Trump.
Ce bouleversement contraint aussi bien l'Allemagne que l'Europe à dépenser davantage pour leur défense face à la menace russe.
Le chancelier désigné, dont le camp conservateur a remporté les élections législatives du 23 février, a déjà pris les devants en faisant adopter un paquet d'investissements géants de plusieurs centaines de milliards d'euros pour réarmer et moderniser le pays.
- Aide sans faille à l'Ukraine -
Lundi, il a dévoilé le noms des ministres de son camp, parmi lesquels figure Johann Wadephul, 62 ans, aux Affaires étrangères. Quasi inconnu du grand public, il devrait être un sherpa fidèle de M. Merz en matière de diplomatie, domaine sur lequel le chancelier donne traditionnellement le ton.
M. Wadephul, expert des questions de politique étrangère au Parlement, s'est illustré ces dernières années par ses prises de position très tranchées en faveur de l'aide militaire à Kiev, critiquant la pusillanimité à ses yeux du chancelier social-démocrate (SPD) sortant Olaf Scholz.
Il n'a cessé de dénoncer le refus catégorique de ce dernier de lui livrer des missiles longue portée Taurus, ce que M. Merz n'a, lui, pas exclu.
Dans un récent entretien au journal Frankfurter allgemeine Zeitung, M. Wadephul avait déclaré que Vladimir Poutine était "disruptif, agressif, affamé" de conquêtes.
Les autres ministres désignés sont également peu connus. Parmi eux, l'ancienne secrétaire d'Etat à l'Environnement et aux Transports Katherina Reiche, 51 ans, obtient l'Economie.
Ce poste, distinct en Allemagne de celui des Finances qui doit revenir à un social-démocrate, est particulièrement délicat à un moment où la première puissance européenne traverse une grave crise de son modèle industriel, frappant de plein fouet le secteur crucial de l'automobile, exacerbée par l'augmentation des droits de douane de Donald Trump.
L'économie toujours en berne après deux ans de récession alimente aussi la montée en puissance du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD). Ce dernier a dépassé les conservateurs dans de récents sondages et représente pour Friedrich Merz une autre "menace" pour la stabilité de l'Allemagne.
- Fermeté sur les migrants -
Le bouillant Jens Spahn, ancien ministre de la Santé et connu comme M. Merz pour son opposition à la politique d'accueil généreuse des migrants d'Angela Merkel, va lui occuper le poste stratégique de chef du groupe parlementaire des conservateurs au Bundestag.
L'autre grand défi du gouvernement Merz sera justement de tenir ses promesses de campagne sur une réduction de la migration, après plusieurs attaques meurtrières ayant impliqué des étrangers et qui ont favorisé le score historique de l'AfD, arrivée deuxième aux élections.
Le poste de l'Intérieur sera occupé par Alexander Dobrindt du parti bavarois allié CSU, partisan d'une grande fermeté en la matière.
Au total, les conservateurs occuperont dix postes ministériels, leur allié social-démocrate sept, même si ce dernier a accusé le pire résultat de son histoire aux législatives.
Les membres du SPD doivent encore approuver le contrat de coalition. Le parti dévoilera le nom de ses ministres après le vote. Boris Pistorius, autre grand soutien de Kiev, devrait rester à la Défense.
P.Costa--AMWN