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Nicolas Sarkozy est arrivé au tribunal pour le jugement du financement libyen
Nicolas Sarkozy est arrivé jeudi matin au tribunal correctionnel de Paris pour son jugement dans l'affaire des soupçons de financement par Mouammar Kadhafi de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, avec la menace pour l'ex-président d'une lourde peine de prison.
L'ancien chef de l'Etat est arrivé peu avant le début de la lecture du jugement, accompagné de sa femme, Carla Bruni. Dans la salle ont notamment pris place ses trois fils, Pierre, Jean et Louis Sarkozy.
La mort au Liban mardi d'un des prévenus et protagoniste-clé du dossier, Ziad Takieddine, n'a pas entraîné de modification de programme et la lecture du jugement doit se tenir comme prévu à partir de 10H00 et durer plusieurs heures.
A l'encontre de l'ex-président, les représentants du parquet national financier (PNF) avaient réclamé fin mars, au terme de trois mois de procès, sept ans de prison, l'accusant d'avoir noué un "pacte de corruption faustien avec un des dictateurs les plus infréquentables de ces 30 dernières années".
- Lourdes réquisitions -
Cette peine est la plus lourde réclamée contre les 12 prévenus. Pour les procureurs, Nicolas Sarkozy, 70 ans, qui a comparu pour corruption passive, recel de détournement de fonds publics, financement illégal de campagne et association de malfaiteurs, a été aussi bien un "commanditaire" qu'un bénéficiaire de ce financement.
Le sixième président de la Ve République française (2007-2012) avait dans la foulée dénoncé "l'outrance de la peine réclamée", ne visant qu'à "masquer la faiblesse des charges alléguées".
A ses côtés étaient aussi jugés des proches, dont Brice Hortefeux, l'ancien ministre et l'ami, et Claude Guéant, chef d'orchestre de la campagne de 2007 avant de devenir secrétaire général de l'Elysée, ainsi que des hommes d'affaires.
En échange de l'argent, selon l'accusation, Nicolas Sarkozy aurait notamment favorisé le retour sur la scène internationale de la Libye et se serait engagé à absoudre le beau-frère du Guide, Abdallah Senoussi, condamné à la perpétuité pour son rôle dans l'attentat du DC-10 de l'UTA qui avait coûté la vie à 170 personnes en 1989.
En cas de condamnation, un appel serait probable, tant Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse de clamer son innocence depuis 2011. Ce recours repousserait vraisemblablement de plusieurs mois la menace de la prison.
Mais une condamnation définitive supérieure à deux ans ferme ne pourrait pas être aménagée, par la pose d'un bracelet électronique par exemple. Un condamné de plus de 70 ans peut toutefois demander à bénéficier d'une libération conditionnelle.
Pendant plus d'une décennie, Nicolas Sarkozy, contre qui le parquet a également requis 300.000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité, a crié à l'"infamie" et répondu aux journalistes qu'ils devraient avoir "honte" d'évoquer l'affaire. Durant les trois mois de procès, le vocabulaire a pu varier, pas la proclamation d'innocence.
- "Aucune preuve" -
Il n'y a "aucune preuve", "rien", "pas un centime libyen", "pas le début d'un commencement de financement", a martelé un Nicolas Sarkozy lassé de se "justifier sur des preuves qui n'existent pas !".
Initialement portées par des dignitaires de l'ancien régime, les accusations ne seraient selon lui que le fruit d'un complot ourdi par le clan Kadhafi pour se venger de son rôle déterminant dans la chute du dictateur en 2011.
Pour ses avocats, les enquêteurs n'ont pas trouvé trace d'argent libyen dans les fonds de campagne, d'enrichissement personnel ni d'intervention de Nicolas Sarkozy.
Définitivement condamné à un an de prison ferme pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite "des écoutes" ou "Bismuth", Nicolas Sarkozy a déjà dû porter entre janvier et mai un bracelet électronique à la cheville, une sanction inédite pour un ancien chef de l'Etat. Il a déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).
La Cour de cassation examinera par ailleurs le 8 octobre son pourvoi dans l'affaire "Bygmalion", portant sur le financement de sa campagne présidentielle de 2012 et pour laquelle il a été condamné en appel à un an de prison dont six mois ferme.
ng-edy-amd-pab/mat/bow
S.Gregor--AMWN