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ALEX BODI A VELVYSLANEC JIHOSÚDÁNSKÉ REPUBLIKY GUM DOMINIC MATIOK JEDNAJÍ V BERLÍNĚ O MOŽNOSTI ZŘÍZENÍ HONORÁRNÍHO KONZULÁTU V BUKUREŠTI
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Le dissident cubain José Daniel Ferrer annonce avoir accepté de partir en exil
L'opposant historique cubain José Daniel Ferrer, emprisonné dans l'est de Cuba, a annoncé vendredi avoir accepté de partir en exil à la suite de pressions exercées par les autorités.
"Face aux actions constantes de la police politique pour que nous quittions Cuba, j'ai fini par accepter l'exil", a écrit José Daniel Ferrer dans une lettre datée du 10 septembre et lue au téléphone à l'AFP par son épouse, Nelva Ortega, de Santiago de Cuba où réside sa famille.
"Au cours de ces derniers quatre mois et dix-neuf jours, la cruauté de la dictature à mon égard a dépassé toutes les limites", dénonce le dissident, citant "les coups, les tortures, les humiliations, les menaces et les conditions extrêmes, les vols de nourriture et de produits d'hygiène ordonnés par les sbires du régime".
Selon son épouse, son départ vers une destination qui n'a pas été précisée pourrait intervenir dès lundi. Mais les autorités sont toujours en possession de son passeport, a-t-elle précisé à l'AFP.
José Daniel Ferrer, aujourd'hui âgé de 55 ans, est un partisan de longue date de la lutte pacifique en faveur d'un changement démocratique sur l'île communiste.
"Je pars de Cuba avec ma dignité et mon honneur porté haut et (je ne pars) pas pour longtemps", ajoute le dissident dans sa missive.
José Daniel Ferrer avait été remis en liberté en janvier dans le cadre d'un accord négocié avec le Vatican sous le mandat de l'ex-président américain Joe Biden en vue de la libération de centaines de prisonniers. Il avait été à nouveau emprisonné en avril.
L'opposant, fondateur du mouvement Union patriotique de Cuba (Unpacu), qualifié d'illégal par les autorités, avait été auparavant arrêté le 11 juillet 2021, tandis qu'il tentait de se joindre aux manifestations antigouvernementales historiques qui secouaient Cuba.
Un tribunal avait alors mis un terme à sa liberté conditionnelle et l'avait renvoyé en prison pour finir de purger une peine de quatre ans et demi à laquelle il avait déjà été condamné en 2020.
- "Posture complice" -
Pendant ses quelques mois en liberté au cours de cette année, José Daniel Ferrer avait défié les autorités en critiquant le pouvoir communiste sur les réseaux sociaux.
Il avait également mis en place à son domicile, pour accueillir des indigents, une cantine financée par des Cubains de l'étranger, des activités que le gouvernement considère comme du prosélytisme politique.
"Parmi les autres raisons qui m'ont poussé à envisager l'exil, il y a la posture complice ou faible du monde libre face à une tyrannie criminelle alliée aux principaux ennemis de la liberté sur la planète", écrit aussi le dissident, dans une allusion à peine voilée à la position de l'Union européenne qui maintient un "accord de dialogue politique et de coopération" avec La Havane, vertement critiqué sur l'île par les opposants.
"Seuls les États-Unis maintiennent une position ferme contre le régime communiste et une véritable solidarité avec l'opposition pacifique et le peuple cubain", affirme José Daniel Ferrer.
Il évoque également la dissidence dans son pays, fortement affaiblie par la répression depuis les manifestations du 11 juillet 2021.
"Bien que j'aie perdu ma foi en de nombreux opposants en raison de leur désunion, de leur sectarisme et de leur manque d'efficacité, je garde beaucoup de foi en les bons combattants qui restent encore", écrit José Daniel Ferrer.
En 2003, encore jeune militant, il avait fait partie des 75 prisonniers politiques arrêtés pendant le "Printemps noir", une période de forte répression contre la dissidence orchestrée par le pouvoir de Fidel Castro (mort en 2016).
Il avait alors été condamné à 25 ans de prison et libéré en 2011, après des négociations entre le gouvernement et l'église catholique. Comme onze autres dissidents, il avait cependant refusé de quitter Cuba en échange de sa libération.
En août 2021, il a été déclaré "prisonnier d'opinion" par Amnesty international, ce qui avait déjà été le cas en 2003 avec les dissidents arrêtés au cours du "Printemps noir".
Ch.Havering--AMWN