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Renforcé par Trump, le Hongrois Orban compte ses troupes pour les législatives
La Hongrie manifeste jeudi avec deux marches concurrentes, l'une rassemblant les troupes du Premier ministre Viktor Orban, dopé par le soutien de Donald Trump, et l'autre celles de l'opposition, à six mois de législatives qui s'annoncent très disputées.
En fonction depuis 2010 et guetté par l'usure du pouvoir alors qu'il brigue un cinquième mandat d'affilée dans un contexte économique atone, le dirigeant nationaliste entend compter ses forces avec le scrutin d'avril.
Le Premier ministre a l'habitude d'organiser de tels rassemblements, qu'il a baptisés "marches pour la paix" bien avant l'invasion massive russe de l'Ukraine en 2022.
Cette fois, la manifestation a lieu le jour de la fête nationale, qui commémore dans ce pays d'Europe centrale de 9,5 millions d'habitants le Soulèvement de 1956 contre le joug soviétique, alors écrasé dans le sang par les troupes du Kremlin.
Le cortège progouvernemental partira d'un parc de la capitale pour se diriger vers le parlement, où M. Orban doit tenir un discours en milieu de journée.
L'opposant conservateur Peter Magyar organise une marche concurrente, qui partira plus tard, elle aussi d'un parc, pour gagner la place des Héros. C'est là qu'il compte s'adresser à la foule.
Son discours dénonçant la corruption place actuellement son parti, Tisza, en tête des intentions de vote selon la plupart des sondages.
Mais l'annonce la semaine dernière du choix de Budapest par Donald Trump pour un sommet avec son homologue russe Vladimir Poutine a redonné des couleurs à M. Orban, qui cultive des liens avec les deux dirigeants.
- "Pour la paix" -
Car si un tel sommet a finalement été repoussé sine die par Donald Trump, sa proposition a virtuellement placé la capitale hongroise au centre de la diplomatie mondiale, au bénéfice de ce soutien indéfectible du locataire de la Maison Blanche.
M. Orban, dont le pays est membre de l'Otan et de l'UE, affiche par ailleurs invariablement sa volonté de ménager la Russie dans le conflit ukrainien. Il doit partir jeudi pour un sommet européen à Bruxelles où il affrontera ses homologues de l'UE sur la question du soutien à l'Ukraine.
La motivation de sa position par la formule "pour la paix" est, selon Agoston Mraz, directeur de l'institut de réflexion Nezopont, soutenue par les Hongrois "bien au-delà de sa base" et le fait apparaître comme un modérateur.
Même l'opposition - Peter Magyar avait durci le ton ces derniers mois concernant la Russie - a été obligée d'accueillir favorablement l'annonce du potentiel sommet, tout en avertissant qu'une paix "véritable" n'était envisageable qu'en invitant l'Ukraine à la table des négociations.
Le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto a accusé sur Facebook "l'élite politique proguerre et leurs médias" d'avoir saboté le sommet.
Dans une énième volte-face mardi, M. Trump a fait savoir que sa rencontre avec M. Poutine était reportée sine die, soulignant ne pas vouloir de discussions "pour rien" ni de "perte de temps".
Le ministère américain des Finances a annoncé mercredi des sanctions visant les groupes pétroliers russes Rosneft et Lukoil, conséquence selon Washington de "l'absence de volonté sérieuse de la Russie de s'engager dans un processus de paix afin de mettre fin à la guerre en Ukraine".
J.Williams--AMWN