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Des perturbations redoutées dans les aéroports américains avec la paralysie budgétaire
La paralysie budgétaire aux Etats-Unis menace de provoquer des perturbations importantes dans le trafic aérien, ont averti jeudi des parlementaires républicains, qui disent craindre un absentéisme accru chez les contrôleurs du ciel à l'approche de la grande fête familiale de Thanksgiving.
Après plus de trois semaines de blocage au Congrès, les républicains de Donald Trump et l'opposition démocrate ne parviennent toujours pas à s'entendre pour adopter un budget et lever ce "shutdown".
Chaque camp se rejette la responsabilité de la crise. Les démocrates accusent la majorité présidentielle d'ignorer une explosion à venir des coûts de santé pour les Américains, tandis que les républicains dénoncent une obstruction injustifiable de l'opposition.
Selon les estimations du cercle de réflexion Bipartisan Policy Center, plus de 700.000 fonctionnaires fédéraux sont au chômage technique sans rémunération. Près de 700.000 autres sont obligés de continuer à travailler, mais sans être payés, jusqu'à la fin du blocage.
Plus de 60.000 contrôleurs aériens et agents de la sécurité des transports sont dans ce cas. Mais plutôt que de travailler sans salaire pendant plusieurs semaines, certains préfèrent se faire porter pâle.
Les autorités craignent ainsi des pénuries de personnel qui pourraient entraîner retards et annulations de vols, mais aussi de longues files d'attente pour passer la sécurité dans les aéroports.
- Record en vue? -
"Nous approchons de la saison des fêtes", a noté le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, soulignant également que la saison de football américain battait actuellement son plein.
En temps normal, 5% des retards de vols sont le résultat de pénuries de personnel, mais ce chiffre a bondi à plus de 50%, a affirmé l'élu lors d'une conférence de presse.
Quelque 19.000 vols ont été retardés entre samedi et lundi, et ce chiffre n'ira "qu'en augmentant", a-t-il prévenu.
Le chamboulement du transport aérien par manque de contrôleurs avait été l'une des raisons majeures de la fin en 2019 du blocage précédent, lors du premier mandat de Donald Trump.
Ce "shutdown" avait duré 35 jours, un record qui pourrait être battu le 5 novembre.
Au Congrès, les deux camps restent retranchés sur leurs positions.
Les républicains proposent de prolonger le budget actuel, avec les mêmes niveaux de dépenses, tandis que les démocrates réclament une prolongation de subventions pour des programmes d'assurance santé à destination de ménages à bas revenus.
En raison des règles en vigueur au Sénat, même si les républicains y sont majoritaires, plusieurs voix démocrates sont nécessaires pour adopter un budget.
- Echéance du 1er novembre -
Pour tenter de faire bouger les lignes, la majorité présidentielle a organisé un vote jeudi au Sénat sur un texte qui garantirait le versement des salaires pour les militaires et certains fonctionnaires fédéraux forcés de continuer de travailler sans paie.
Les démocrates ont cependant fait échouer la proposition de loi, car celle-ci aurait donné trop de pouvoir à Donald Trump, selon eux, pour décider qui est payé durant un "shutdown", et qui ne l'est pas. Ils soulignent en outre que le texte ne comprend pas de mesures pour les fonctionnaires placés au chômage technique.
Le parti de Donald Trump espère que ce rejet rejaillira négativement sur les démocrates, en raison notamment de la place de choix que tiennent les soldats dans la culture américaine.
Lundi, le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, avait souligné l'importance de l'échéance du 1er novembre, date à laquelle d'importants changements dans les polices d'assurance santé des Américains prendront effet.
Pour l'élu new-yorkais, si le problème des subventions n'est pas résolu avant cette date, "des dizaines de millions de gens à travers le pays se rendront compte que leurs primes, coûts, et franchises d'assurance santé auront explosé", a-t-il affirmé.
Mais Donald Trump rejette toute négociation sur les questions de santé sans "réouverture" préalable de l'Etat fédéral.
Pour tenter de faire céder des sénateurs de l'opposition, le président a multiplié les menaces de suppression de "programmes soutenus par les démocrates" et de limoger de milliers de fonctionnaires.
L.Harper--AMWN