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Emus aux larmes, de premiers Palestiniens de Gaza rentrent d'Egypte
En larmes, ils étreignent longuement leurs proches, se fraient un chemin dans la cohue: une dizaine de Palestiniens ont regagné la bande de Gaza en ruines, après la réouverture très limitée du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte.
La joie se mêle à l'émotion quand ils descendent lundi, à la nuit tombée, de l'autocar qui les a conduits jusqu'à l'hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, entouré par une petite foule fébrile, brandissant des téléphones portables pour capter ce moment.
Mais les retrouvailles tant espérées ont aussi un goût amer.
"Cela a été très difficile, il y avait des contrôles partout. Ils fouillaient toutes nos affaires, surtout au point de contrôle de l'armée" israélienne, raconte à l'AFP une femme, Samira Said.
Rotana Al-Riqib, elle aussi arrivée par le passage de Rafah, se dit épuisée après "un voyage humiliant" et des fouilles "minutieuses".
"Les Israéliens nous ont interrogés, ils nous ont tout confisqué. Ils ne nous ont laissé que des vêtements", a-t-elle confié à l'AFP. "Tout est interdit, la nourriture, l'eau, les parfums. Nous n'avons pas pu rapporter le moindre cadeau pour nos enfants".
"Ils ne veulent pas qu'un grand nombre de gens rentrent à Gaza. Ils voudraient plutôt qu'un grand nombre parte", ajoute cette femme d'une trentaine d'années, en faisant référence aux autorités israéliennes qui imposent des contrôles draconiens à l'entrée dans le territoire.
Au total, une vingtaine de personnes, sur environ 200 attendues, ont traversé lundi dans les deux sens la frontière, seul point d'entrée et de sortie de Gaza ne passant pas par Israël, restée globalement fermée depuis que l'armée israélienne en a pris le contrôle du côté palestinien en mai 2024.
Parmi elles, douze Palestiniens - neuf femmes et trois enfants - sortis de Gaza avant la fermeture de la frontière pour aller se faire soigner en Egypte, ont pu rentrer, a indiqué mardi un responsable palestinien.
- "Lueur d'espoir" -
Si certains rentrent, des milliers de Palestiniens de Gaza espèrent désormais quitter le territoire, soumis depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 à un siège israélien très strict, parmi lesquels de nombreux malades et blessés dans l'attente d'une évacuation sanitaire.
Lundi, cinq blessés et leurs sept accompagnateurs sont sortis de Gaza, lors de cette timide réouverture étroitement contrôlée également du côté égyptien.
L'Egypte, seul pays frontalier de Gaza à l'exception d'Israël, a répété à maintes reprises qu'elle s'opposerait à tout déplacement massif des Palestiniens vers son territoire.
Umm Mohamed Abu Shaqfa, une femme de 37 ans qui vit à Gaza-ville, raconte que sa fille de 11 ans, Nisreen, souffre d'une maladie du sang depuis six ans pour laquelle il n'existe pas de traitement à Gaza, et a reçu le feu vert des autorités et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour aller se faire soigner à l'étranger.
Mais depuis, elle attend en vain. "L'ouverture est une lueur d'espoir", dit-elle. "Nous vivons d'espoir. Tous les jours, je vais au ministère de la Santé et dans les bureaux de l'OMS pour voir si le nom de ma fille est sur la liste".
Mardi, les retours d'Egypte et les évacuations depuis Gaza devaient se poursuivre au compte-gouttes.
Car Israël n'a pas autorisé pour l'heure la réouverture totale de la frontière, prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre avec le Hamas et réclamée par les organisations internationales afin de permettre l'entrée massive d'aide humanitaire à Gaza.
burs-sg/anb
B.Finley--AMWN