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Budget: le PS maintient l'étreinte sur le gouvernement autour de la taxe Zucman
Jour de relâche à l'Assemblée, mais pression intacte: le patron du PS Olivier Faure a agité dimanche le spectre d'une nouvelle censure, entraînant une probable dissolution, si le gouvernement ne cédait pas dans les prochains jours sur une taxe sur les hauts patrimoines.
"A la fin de cette semaine, nous saurons si nous allons à la dissolution ou pas", a résumé sur LCI Olivier Faure. "Si nous y allons (...), on peut considérer que dans le mois de novembre, il y aura les élections législatives", a-t-il insisté.
Après avoir décroché la suspension de la réforme des retraites, le PS entend pousser son avantage en concentrant ses revendications sur un autre objet: la taxe Zucman, qui s'invite au coeur des discussions sur la partie "recettes" du budget à l'Assemblée, prévues jusqu'au 4 novembre.
La taxe prévoit un impôt minimum de 2% sur les patrimoines à partir de 100 millions d'euros, mais "si d'aventure dans l'hémicycle, nous n'arrivions pas à avancer" sur cette version, "nous chercherons des amendements de repli", a précisé le premier secrétaire du PS. Alternative portée par son groupe: instaurer un impôt minimum de 3% sur les hauts patrimoines, à partir de 10 millions d'euros, en excluant les entreprises innovantes et familiales.
Sous sa forme initiale, cet impôt est une ligne rouge pour l'exécutif qui "considère qu'on ne peut pas faire n'importe quoi avec l'appareil productif, qu'on ne peut pas faire n'importe quoi avec l'emploi, qu'on ne peut pas faire n'importe quoi avec l'innovation et avec tout ce qui crée de la richesse en faveur de nos concitoyens", selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, interrogée sur France 3.
"Si on pouvait sortir du totem de la taxe Zucman... La taxe Zucman on a l'impression qu'elle va résoudre toutes les plaies d'Egypte", a abondé le chef de députés MoDem Marc Fesneau sur franceinfotv, appelant à faire "redescendre" la pression.
Mais un refus catégorique des députés du bloc central de trouver une piste d'atterrissage sur le sujet, "bien sûr, c'est un casus belli", a menacé Olivier Faure.
Et le député socialiste Philippe Brun d'enfoncer le clou sur Radio J: "S'il n'y a pas d’accord avec nous cette semaine, tout va s'effondrer. Le gouvernement va s'effondrer, cette Assemblée va s’effondrer et le pays va s’effondrer".
La semaine qui s'ouvre à l'Assemblée, marquée également par le début de l'examen du budget de la Sécurité sociale en commission, s'annonce donc encore périlleuse pour le gouvernement Lecornu, qui ne doit pour l'heure sa survie qu'à la décision du PS de ne pas le censurer d'emblée.
- Taxe "homéopathique" -
Samedi soir, à la clôture de débats devenus houleux, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a annoncé qu'à la reprise lundi, certains articles seraient examinés en priorité, repoussant de facto l'examen de la taxe Zucman à plus tard dans la semaine.
Un report tactique selon La France insoumise, qui crie depuis plusieurs jours au "jeu de dupes" et accuse le PS de collusion avec l'exécutif à grand renfort de "tractations secrètes". "Ils sont en train de négocier des choses qui fait que le Parti socialiste non seulement a changé d'alliance, mais a changé de ligne", a assuré Mathilde Panot au Grand Jury RTL/Public Sénat/Le Figaro.
Selon la cheffe des députés Insoumis, le PS "est en train de tout abandonner" en proposant une "taxe Zucman homéopathique" au "rendement quasi nul".
Face à ces attaques, M. Faure revendique des contacts "normaux" et une "discussion fluide" avec M. Lecornu, autour d'une volonté partagée "d'aboutir à un moment à ce que la France soit dotée d'un budget avant la fin de l'année".
A l'unisson, Mme de Montchalin a assuré dimanche qu'il n'y avait "pas de deal global", ni "pacte de non-censure" ou "accord de coalition". "Il y a des sujets sur lesquels nous cherchons des compromis", a-t-elle affirmé au micro de "Questions politiques" (France Inter, franceinfo, Le Monde).
Mais l'exercice s'apparente à du funambulisme pour un exécutif pris dans des injonctions contradictoires, entre son socle de soutiens, ses oppositions, ou encore le Sénat dont le président Gérard Larcher a fait savoir samedi sa volonté de retoquer la suspension de la réforme des retraites.
"Le compromis, ça vaut pour tout le monde et ça vaut aussi pour le gouvernement. Donc chacun doit être un peu humble", a exhorté Maud Bregeon.
P.Martin--AMWN