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Yémen: les séparatistes visés par des frappes meurtrières de la coalition dirigée par Ryad
Le mouvement séparatiste au Yémen, soutenu par les Emirats arabes unis, a fait état vendredi de nouvelles frappes saoudiennes ayant tué sept membres de ses forces qui s'étaient emparées ces dernières semaines de vastes pans du pays.
Il s'agit des premières pertes humaines infligées par Ryad, allié au gouvernement yéménite, au Conseil de transition du Sud (STC) depuis qu'il a pris le contrôle en décembre de territoires dans la province riche en pétrole de Hadramout, frontalière de l'Arabie, ainsi que dans la région voisine de Mahra.
Cette offensive des séparatistes, qui font pourtant partie de la coalition gouvernementale, a suscité la colère des autres factions au sein du gouvernement et de Ryad, attisant les tensions entre l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
Sept frappes saoudiennes ont été menées contre une base militaire des forces du STC à al-Khasha, faisant sept morts et plus d'une vingtaine de blessés, a affirmé à l'AFP le chef du STC pour les régions de Wadi et du désert d'Hadramout, Mohammed Abdelmalek.
- "Guerre existentielle" -
Il a également fait état d'une attaque au sol contre ce même camp par des "milices" islamistes et le groupe jihadiste Al-Qaïda.
Le porte-parole militaire du STC, Mohamed Al-Naqib, a parlé d'une "guerre existentielle" contre ces forces qui bénéficie selon lui du "soutien saoudien".
Une source au sein du STC a fait état plus tard de frappes contre une autre base et un aéroport à Seyoun, une ville de l'Hadramout aux mains du mouvement. Des témoins ont parlé de combats dans le secteur.
Un peu plus tôt, le gouverneur de Hadramout, Salem Al-Khanbashi avait annoncé une opération terrestre des forces gouvernementales soutenues par l'Arabie visant à prendre le contrôle de bases militaires dans la région de Hadramout de "manière pacifique".
Des sources saoudiennes ont confirmé que les premières frappes de vendredi avaient été menées par la coalition dirigée par Ryad, mise en place en 2015 pour soutenir le gouvernement face aux rebelles houthis, soutenus par l'Iran, qui se sont emparés de la capitale Sanaa en 2014, puis de larges pans du nord du pays.
Une source proche de l'armée saoudienne a affirmé à l'AFP que l'opération "ne s'arrêtera pas tant que le CST ne s'est pas retiré des deux régions".
Ryad a exhorté à plusieurs reprises le STC à se retirer des régions conquises et a déjà mené des frappes contre ses positions. La coalition a également bombardé mardi une cargaison d'armes présumée en provenance des Emirats arabes unis dans un port yéménite contrôlé par le STC.
Jeudi, le STC, qui aspire à terme à rétablir un Etat dans le sud du Yémen, où une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990, a réaffirmé son intention de rester dans les régions conquises.
- "Intransigeance" -
Plus tôt dans la journée, l'ambassadeur saoudien pour le Yémen, Mohammed al-Jaber, avait accusé le président du STC, Aidarous al-Zoubaidi, de faire preuve d'"intransigeance" face aux efforts d'apaisement.
"Le royaume a déployé tous les efforts ces dernières semaines et jusqu'à hier auprès du STC pour mettre fin à l'escalade et obtenir un retrait de ses forces hors des provinces de Hadramout et de Mahra", a-t-il écrit sur X .
"Mais il s'est heurté au refus constant et à l'intransigeance d'Aidarous al-Zoubaidi", a-t-il ajouté.
L'ambassadeur saoudien a affirmé que le chef du STC avait refusé la veille une autorisation à un avion transportant une délégation officielle saoudienne venue pour discuter à Aden, la capitale provisoire du gouvernement yéménite, et ajouté que le trafic aérien à l'aéroport avait été fermé.
Jeudi, le ministère yéménite du Transport, contrôlé par le STC, avait dénoncé une décision de la coalition dirigée par Ryad, imposant à tous les vols en direction ou en provenance des Emirats arabes unis de faire escale en Arabie saoudite pour des contrôles de sécurité.
Le ministère n'a pas annoncé officiellement la fermeture de l'aéroport, mais selon le site Flightradar, aucun vol n'a décollé ou atterri à Aden ces dernières heures.
Ces nouvelles tensions pourraient fragiliser davantage ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique, déjà dévasté par des années de guerre.
Un conflit a éclaté en 2014 entre d'un côté, le gouvernement et ses alliés, dont le STC, et de l'autre, les rebelles houthis pro-iraniens. Il a fait des centaines de milliers de morts, morcelé le pays et provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde. Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée.
M.Thompson--AMWN