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Le président vénézuélien Maduro capturé et exfiltré par les Etats-Unis, qui veulent le juger
Le président américain Donald Trump a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro, amené à New York pour y être jugé, après plusieurs frappes sur le pays sud-américain.
Nicolas Maduro, capturé avec son épouse par les forces américaines, va être conduit à New York, a déclaré dans une interview à Fox News le président américain qui a affirmé avoir regardé en direct l'opération de capture et d'exfiltration.
"Ils ont été inculpés à New York", a rappelé le président américain, faisant écho à une précédente déclaration de sa ministre de la Justice, Pam Bondi, selon laquelle le couple est poursuivi pour "narcoterrorisme" et "complot pour importation de cocaïne" aux Etats-Unis. "Ils sont à bord d'un navire, mais ils se dirigent vers New York", a-t-il précisé.
"L'heure de la liberté est arrivée", a réagi dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux la cheffe de l'opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, après la capture du président Maduro.
La prix Nobel de la paix 2025 a estimé que le candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, doit "assumer immédiatement" la présidence.
Le bilan humain des frappes reste pour l'heure inconnu.
Alors que Caracas s'est réveillée dans le silence et que plusieurs quartiers sentaient la poudre, des habitants ont commencé à se rendre dans les supermarchés et les stations d'essence où des files d'attente se sont formées, a constaté l'AFP.
Dans le même temps, quelque 500 partisans du président vénézuélien, au pouvoir depuis 2013, se sont rassemblés non loin du Palais de Miraflores, le palais présidentiel à Caracas.
"Comment se fait-il qu'un gouvernement étranger vienne s'ingérer dans le pays et en expulse le président? (...) C'est la force du puissant, c'est la force du caïd de quartier", a déploré Katia Briceño, une professeure d’université de 54 ans.
Le président américain a assuré qu'aucun Américain n'a été tué lors de la capture de Nicolas Maduro, qui se trouvait "dans un endroit très bien gardé, comme une forteresse". "Deux hommes ont été touchés, mais ils sont revenus et sont en bonne forme", a-t-il précisé.
Dans une brève déclaration au New York Times, Donald Trump s'était félicité d'une opération "remarquable" ayant impliqué "une bonne préparation et beaucoup de bons, bons soldats", notamment contre le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du Venezuela, au sud de Caracas, et la base aérienne de Carlota, au nord.
- Frappes nocturnes -
Après avoir jugé "profondément inquiétante et condamnable" l'intervention américaine, Moscou a "exhorté" les Etats-Unis à "libérer le président légalement élu d'un pays souverain ainsi que son épouse", selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.
Pékin s'est dit "profondément choqué" et a "condamné fermement le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain et leur action contre son président", tandis que l'Iran, un autre allié de Caracas, a condamné "fermement l'attaque militaire américaine".
La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a exigé des Etats-Unis "une preuve de vie" du couple Maduro après cette opération spectaculaire.
En pleine nuit, les frappes nocturnes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil. Dans beaucoup de quartiers, ils se sont rués à leur fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qu'il se passait.
De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu'à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l'AFP.
Les explosions "m’ont soulevée hors du lit par la force, et sur le moment j’ai pensé +Mon Dieu, mon jour est arrivé+, et j'ai pleuré", a raconté à l'AFP Maria Eugenia Escobar, une habitante de La Guaira, âgée de 58 ans.
Des explosions ont été entendues à l'aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de la Guaira à l'AFP. D'autres habitants ont dit à l'AFP avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de km à l'est de Caracas.
A fuerte Tiuna, épicentre des bombardements de la nuit, des gens fuyaient l'enclave avec des valises et des sacs remplis de vêtements. Certains ont expliqué à l'AFP qu’ils partaient pour protéger leur famille. "Ils ont failli nous tuer", a expliqué l'un des résidents.
"Le Venezuela rejette et dénonce (...) la très grave agression militaire perpétrée par (...) les Etats-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens", a dénoncé le gouvernement vénézuélien dans un communiqué.
"L'objectif de cette attaque n'est autre que de s'emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l'indépendance politique de la Nation", poursuit le communiqué.
"Les forces envahisseuses (...) ont profané notre sol (...) allant jusqu'à frapper, au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat, des zones résidentielles", a accusé le général Vladimir Padrino Lopez, indiquant être en "train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts".
- "Dangereux précédent" -
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est inquiété "que le droit international n'ait pas été respecté", déplorant un "dangereux précédent".
L’Espagne a "appelé à la désescalade et à la modération" et s'est dite "disposée à offrir ses bons offices" comme médiateur.
L'Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas, a rappelé qu'"en toutes circonstances, les principes du droit international et de la Charte des Nations unies doivent être respectés".
Londres et Paris ont rappelé le respect des mêmes principes, tandis que la Première ministre italienne Georgia Meloni a jugé "légitime" l'"intervention défensive" des Etats-Unis.
Le Mexique a condamné "avec la plus grande fermeté", comme le président Lula au Brésil, les frappes américaines, à l'inverse saluées par un tonitruant "La liberté avance, vive la liberté, bordel !" du président argentin pro-Trump, Javier Milei.
P.Santos--AMWN