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Iran: la mobilisation ne faiblit pas, craintes d'une répression brutale
Les craintes montent samedi d'une brutale répression en Iran, coupé du monde par un blocage d'internet, après de nouvelles manifestations dans la nuit dans le cadre d'une mobilisation inédite depuis trois ans.
"Les Etats-Unis soutiennent le courageux peuple iranien", a écrit sur X le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.
Des ONG ont signalé des dizaines de morts depuis le début du mouvement fin décembre, alors que la République islamique fait face à l'un de ses plus grands défis depuis sa mise en place en 1979.
Le fils de l'ancien chah, renversé à l'époque, et figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a appelé les Iraniens à "se préparer à prendre" les centres-villes, leur demandant de descendre dans la rue samedi et dimanche en fin de journée.
Dans ces conditions, peu d'informations filtrent.
La coupure d'internet vise "à dissimuler les violences infligées lors de la répression", ont mis en garde sur Instagram les cinéastes iraniens dissidents, Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof, appelant la communauté internationale à "mettre en place des moyens de communication" pour surveiller la situation.
La lauréate du prix Nobel de la Paix 2003, l'avocate iranienne en exil Shirin Ebadi, a aussi dit redouter un "massacre sous le couvert d'un black-out total". Elle s'est notamment alarmée d'informations faisant état de raids des forces de sécurité dans les hôpitaux contre des manifestants blessés.
- "Gros problèmes" -
L'ONG Amnesty International a dit analyser des éléments semblant montrer une intensification de la répression ces derniers jours.
Depuis le début le 28 décembre de la contestation, au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, ont été tués et des centaines d'autres blessés, a dénombré vendredi l'organisation Iran Human Rights, basée en Norvège.
La veille, il avait réitéré ses menaces de "frapper très fort" le pays en cas de vague de répression meurtrière.
Le président américain a toutefois jugé prématuré que Reza Pahlavi endosse un rôle dirigeant en cas de chute du régime, alors que le fils du chah s'est dit prêt à "rentrer dans son pays natal" dans un avenir "très proche".
Après une forte mobilisation jeudi, de nouvelles manifestations de masse ont secoué Téhéran et d'autres grandes villes dans la nuit, selon des images vérifiées par l'AFP, diffusées sur les réseaux sociaux via des moyens satellitaires.
Dans le quartier de Saadatabad à Téhéran, des Iraniens ont scanadé des slogans anti-gouvernementaux, notamment "Mort à Khamenei", du nom du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.
Des chaînes de télévision en persan basées à l'étranger ont aussi diffusé des vidéos de nombreux protestataires à Machhad, dans l'est, à Tabriz, dans le nord, et dans la ville sainte de Qom.
Une autre vidéo, que l'AFP n'a pas pu authentifier dans l'immédiat, montre un homme brandissant un drapeau iranien de l'époque du chah, au milieu de feux et d'une foule dansant dans la ville de Hamedan (ouest).
- "En pleine guerre" -
Dans un discours offensif, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait averti vendredi que son pays ne "reculerait pas" face à la contestation.
"Nous sommes en pleine guerre", a ensuite lancé Ali Larijani, un de ses proches conseillers qui dirige la plus haute instance de sécurité, dénonçant "des incidents orchestrés de l'extérieur".
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a lui accusé les Etats-Unis et Israël d'ingérence dans le mouvement.
L'armée iranienne a de son côté assuré qu'elle "protégerait et sauvegarderait vigoureusement les intérêts nationaux" contre un "ennemi cherchant à perturber l'ordre et la paix".
La télévision d'État a diffusé samedi des images des funérailles - auxquelles ont notamment assisté une vaste foule dans la ville méridionale de Chiraz - de membres des forces de sécurité tués lors des manifestations.
Le pouvoir iranien n'avait pas été confronté à une telle contestation depuis celle provoquée par la mort en 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin.
Elle survient dans un pays affaibli par sa guerre de juin avec Israël et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l'ONU.
D.Kaufman--AMWN