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Rick Rieder, le crack de la finance dans la course pour présider la Fed
Le financier Rick Rieder, du géant de la gestion d'actifs BlackRock, est désormais considéré comme un sérieux candidat à la présidence de la Réserve fédérale américaine (Fed) avec son profil peu académique apprécié par la Maison Blanche.
En le qualifiant simplement de "très impressionnant", le président Donald Trump a propulsé cet expert du marché obligataire en tête de la liste des successeurs potentiels de Jerome Powell, dont le mandat prend fin en mai.
Toute nomination à la tête de la Fed doit être confirmée par le Sénat américain.
Peu connu du grand public, Rick Rieder est une figure des cercles financiers, qui commente fréquemment l'actualité des affaires sur les chaînes d'information économiques américaines.
Chez BlackRock, il chapeaute la gestion d'actifs cumulant une valeur d'environ 2.400 milliards de dollars en tant que directeur des investissements pour les placements à "revenu fixe", ces titres générant des intérêts - à la différence des actions qui promettent des dividendes -, comme les obligations d'entreprises et la dette souveraine des Etats.
Diplômé d'une école de commerce américaine, M. Rieder n'a pas de doctorat comme les anciens patrons de banque centrale Alan Greenspan, Janet Yellen ou Ben Bernanke (ce dernier ayant reçu un Nobel d'économie en 2022, après son séjour à la Fed).
Il n'a jamais travaillé pour l'institution monétaire, ni eu de responsabilités gouvernementales.
Mais ces absences dans son CV ont été considérées comme un "grand avantage" lors de son entretien avec Donald Trump et le secrétaire au Trésor Scott Bessent, a rapporté la chaîne Fox Business qui sert souvent de caisse de résonance à l'exécutif américain. Celui-ci prône un chamboule-tout à la Fed.
L'intérêt de Donald Trump pour Rick Rieder reflète "les reproches de son mouvement MAGA (Make America Great Again, ndlr) à l'égard de la Fed, jugée excessivement technocratique", estime Mark Blyth, professeur d'économie internationale à l'université Brown.
- Franc-tireur? -
Dans un entretien accordé en 2023 au podcast "Exchanges" de la banque d'affaires Goldman Sachs, Rick Rieder décrivait le frisson de son travail, expliquant qu'il consiste à naviguer dans un environnement en constante évolution et à savoir changer de cap.
"Notre métier n'est pas d'avoir raison. Notre métier consiste à générer des retours sur investissement à nos clients", soulignait M. Rieder, dont les journées de travail démarrent rituellement à 03H30 du matin.
Rieder a travaillé pour la banque d'affaires Lehman Brothers de 1987 à 2008 avant de créer R3 Capital Partners en 2008, quelques mois avant la faillite de Lehman. BlackRock a racheté R3 dès 2009.
Ironiquement, le profil de Rick Rieder se rapproche quelque peu de celui de Jerome Powell, ancien banquier d'affaires.
Mark Blyth se demande si le financier porterait une ligne très éloignée de M. Powell, qui s'est attiré l'hostilité de la Maison Blanche en n'orientant pas la banque centrale dans une direction aussi accommodante que souhaité par Donald Trump.
"Il n'est pas évident que Rieder soit un partisan de taux d'intérêt très bas", poursuit le professeur.
Lors d'une récente interview à la chaîne économique CNBC, Rick Rieder a affirmé que la Fed "devait baisser les taux" à environ 3%. Ils sont actuellement entre 3,30% et 3,75%.
Il s'exprimait au lendemain de la révélation par Jerome Powell de l'ouverture par le ministère de la Justice d'une procédure à son encontre.
M. Powell a dénoncé sans détour une tentative d'intimider la Fed parce qu'elle ne suit pas "les préconisations du président" en matière de taux.
Rick Rieder a refusé de commenter l'affaire mais a soutenu l'indépendance de l'institution, insistant sur le fait que quiconque succédera à Jerome Powell "prendra les bonnes décisions (...) pour assurer plein-emploi et stabilité des prix" - les deux mandats de la Fed.
Sur le plan politique, les dons du financier suggèrent une tendance à l'indépendance.
En 2024, il a soutenu Nikki Haley, candidate républicaine à la primaire contre Donald Trump, plutôt que le président, et certains démocrates, notamment les sénateurs Sherrod Brown de l'Ohio et Jon Tester du Montana, qui ont tous deux été battus.
Y.Kobayashi--AMWN