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Trump dit que le "temps est compté" pour l'Iran, qui exclut de négocier "sous la menace"
Donald Trump a averti Téhéran que "le temps était compté" avant une attaque, après le refus du pouvoir iranien, secoué par un vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang, de négocier sous la menace américaine.
Le président américain a lancé cette mise en garde sur son réseau Truth Social alors que Washington déploie dans le Golfe une force navale, face à laquelle la direction iranienne recherche le soutien des puissances arabes de la région.
Face à la répression des manifestations ayant défié début janvier la République islamique, Donald Trump a brandi à plusieurs reprises la menace d'une intervention militaire.
Il invoque cette fois le dossier nucléaire iranien. "Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES", a-t-il écrit.
Il a menacé l'Iran d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines menées contre ses sites nucléaires en juin dernier. Washington s'était alors joint à la guerre de 12 jours déclenchée par Israël contre son ennemi juré, soupçonné par les Occidentaux de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'il dément.
Plus tôt dans la journée, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait appelé les Américains, s'ils voulaient engager des pourparlers, à "cesser les menaces, les demandes excessives".
"Faire de la diplomatie tout en formulant des menaces militaires ne peut être ni efficace, ni utile", a-t-il déclaré à la télévision, assurant que Téhéran n'avait "pas cherché à négocier".
- "Désescalade" -
Des analystes estiment que les options envisagées par Washington incluent des bombardements de sites militaires ou des frappes ciblées contre des dirigeants pour faire tomber le pouvoir, aux commandes depuis la Révolution islamique de 1979.
Le porte-avions Abraham Lincoln - dont la localisation précise n'est pas connue - est arrivé lundi avec son escorte dans le Golfe.
Pour conjurer la menace d'intervention, l'Iran multiplie les contacts diplomatiques.
Le président Massoud Pezeshkian s'est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Ryad n'autoriserait pas l'usage de son territoire pour une attaque contre l'Iran, arguant du "respect de la souveraineté de la République islamique".
Côté qatari, le Premier ministre et chef de la diplomatie, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, "le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade".
Au Caire, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a parlé à la fois avec MM. Araghchi et l'émissaire américain Steve Witkoff, soulignant l'importance de "travailler à la désescalade" et "créer les conditions nécessaires à la reprise du dialogue".
"Il est mauvais de relancer la guerre", a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, appelant Washington à reprendre les pourparlers sur le dossier nucléaire, gelés par l'attaque israélienne de juin.
- Premier procès -
Dans le même temps, l'Iran affiche sa détermination à riposter en cas d'attaque et a prévenu qu'il considérerait les pays voisins comme "hostiles" si leur territoire était utilisé pour le frapper.
Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, a menacé d'un blocage du détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.
A Téhéran, de nouveaux panneaux montrant des frappes sur le porte-avions américain et portant des slogans anti-américains sont apparus, ont constaté des journalistes de l'AFP.
D'après un bilan actualisé de l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, 6.221 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation en Iran.
Parmi ces morts, elle a décompté 5.856 manifestants, 214 membres des forces de sécurité, 49 passants et 100 mineurs.
L'organisation, qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays, enquête sur plus de 17.000 potentielles morts supplémentaires et estime qu'au moins 42.324 personnes ont été arrêtées dans une répression qui se poursuit.
Selon HRANA, un premier procès lié aux manifestations - dont la télévision d'Etat a rendu compte - s'est ouvert mardi près de Téhéran contre un homme accusé du meurtre d'un policier.
La documentation de la répression par les ONG reste entravée par la coupure générale d'internet imposée depuis le 8 janvier.
La mobilisation avait été lancée par des commerçants de Téhéran contre le marasme économique, encore aggravé par le rétablissement en septembre par l'ONU de sanctions internationales liées au programme nucléaire de Téhéran.
C.Garcia--AMWN