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Avec un nouveau chef, l'Iran mobilise ses partisans et affole les marchés pétroliers
Le pouvoir iranien a mobilisé lundi ses partisans pour célébrer la désignation de Mojtaba Khamenei comme guide suprême, succédant à son père, tué dans les frappes américano-israéliennes.
Parallèlement, Téhéran a continué d'envoyer drones et missiles sur les infrastructures pétrolières de ses voisins du Golfe, provoquant une hausse des prix du pétrole et la crainte d'un choc stagflationniste mondial.
A Téhéran, les partisans du pouvoir sont descendus dans la rue pour afficher leur détermination, en dépit du pilonnage du pays depuis 10 jours par Israël et Les Etats-Unis.
"Dieu est grand", "Mort à l’Amérique", "Mort à Israël", ont scandé des milliers d'Iraniennes et d'Iraniens, vêtus de noir, sur une place centrale de la capitale, rassemblés en soutien au nouveau dirigeant de 56 ans, proche des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.
"Nous le soutiendrons et obéirons à tous ses ordres jusqu'à notre dernier souffle", dit à l'AFP une manifestante, Somayeh Marzoughi, femme au foyer de 35 ans.
Pour autant, le nouveau guide suprême n'est pas encore apparu publiquement, alors qu'Israël l'a déjà désigné comme "une cible", et qualifié de "tyran prêt à perpétuer la brutalité du régime iranien".
Donald Trump, qui doit donner une conférence de presse vers 21H30GMT, a prédit qu'un nouveau dirigeant iranien ne tiendrait "pas longtemps" sans son aval
Dans le même temps, l'Iran poursuit ses bombardements du territoire israélien, en riposte à l'attaque israélo-américaine lancée le 28 février. Et les Gardiens de la Révolution ont "décidé de ne plus tirer de missiles dont les ogives ont un poids inférieur à une tonne" contre Israël, a annoncé l'agence Fars.
- Choc majeur ? -
Les frappes iraniennes continuent également contre des infrastructures pétrolières et des installations américaines se trouvant dans les pays du Golfe.
L'embrasement du Moyen-Orient entraîne une flambée des cours de l'or noir qui, si elle se prolonge, pourrait plomber l'économie mondiale. La Commission européenne a mis en garde lundi contre un "choc stagflationniste majeur sur l'économie mondiale et européenne", si le conflit se prolonge.
Lundi vers 16H30 GMT, les prix du pétrole avaient cependant ralenti, après un bond, les ministres des Finances du G7 ayant évoqué une possible utilisation des réserves stratégiques d'or noir.
Cela pourrait libérer 300 à 400 millions de barils, estime auprès de l'AFP Ole R. Hvalbye, de SEB, qui s'appuie sur des informations du Financial Times. De quoi "détendre un peu le marché pendant deux à cinq jours".
L'envolée des prix a néanmoins provoqué un "retour des pressions inflationnistes", qui est "l'un des principaux sujets d'inquiétude" des marchés, selon John Plassard, de chez Cité Gestion Private Bank.
Une frappe a encore provoqué un incendie dans le complexe de raffinage d'Al-Maameer, à Bahreïn, selon un média d'Etat. Et l'Arabie saoudite a intercepté des drones visant le gisement de pétrole de Shaybah, déjà attaqué dimanche.
Le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), se poursuit aussi et le passage maritime stratégique restera impraticable, tant que la guerre durera, a averti lundi le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani.
- "Petit prix", selon Trump -
Pour Donald Trump, la guerre et ses conséquences sont un "tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité". S'il souhaite la chute du pouvoir iranien, Washington affiche comme objectif de détruire les capacités balistiques du pays et l'empêcher de se doter de la bombe atomique, intention que Téhéran dément avoir.
A plusieurs milliers de km de l'Iran, au Liban, le Hezbollah pro-iranien a prêté allégeance lundi au nouveau guide suprême.
Le président libanais Joseph Aoun a lui accusé ce mouvement chiite de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban en attaquant Israël pour le compte de l'Iran.
L'armée israélienne pilonne sans relâche son voisin, depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars, avec une frappe sur le territoire israélien.
Au moins 486 morts ont été dénombrés dans les frappes israéliennes au Liban, et plus d'un demi-million déplacées, selon les autorités.
Dans la matinée, l'armée israélienne a frappé des succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, qui a lui revendiqué des tirs sur le nord d'Israël et a affirmé avoir visé une base militaire près de Tel-Aviv.
Parmi les autres alliés régionaux de l'Iran, les rebelles houthis du Yémen et trois factions armées irakiennes pro-Téhéran ont salué le nouveau guide.
A l'étranger, le président russe Vladimir Poutine, allié de Téhéran, a assuré Mojtaba Khamenei de son "soutien indéfectible".
Dans la nuit, l'armée israélienne a annoncé des frappes en Iran visant des bases de lancement de missiles, des centres de commandement, une usine de moteurs de fusées. Avant de faire état d'une attaque "de grande ampleur" sur Téhéran, Ispahan (centre) et le sud du pays.
Des infrastructures pétrolières iraniennes ont aussi été visées par des frappes israélo-américaines. Des dépôts de carburant à Téhéran ont été touchés, provoquant des incendies qui ont plongé dimanche la capitale dans une obscurité apocalyptique.
"L'air est devenu irrespirable", a témoigné une habitante jointe par téléphone depuis Paris dénonçant des frappes destinées à "nous rendre encore plus pauvres que nous ne le sommes déjà".
En riposte, une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël a fait un mort, selon les secours.
Un deuxième missile iranien a aussi été intercepté au-dessus de la Turquie, provoquant une mise en garde d'Ankara à Téhéran.
burx-dla-alf/cab
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