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La LGV Bordeaux-Toulouse "irréversible", assure Lecornu, les élus locaux satisfaits mais vigilants
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé jeudi le caractère "désormais irréversible" du projet de ligne à grande vitesse du Sud-Ouest, après avoir signé à Toulouse un protocole d'accord sur le sujet en présence des élus des collectivités concernées qui, globalement satisfaits, ont appelé à la vigilance.
"Ce projet désormais est irréversible et donc son irréversibilité se traduit évidemment par des premières sommes d'argent, pratiquement 500 millions d'euros, qui seront débloquées pour permettre de lancer les procédures d'appels d'offres", a-t-il déclaré à propos de cette ligne qui doit relier Bordeaux à Toulouse, puis à Dax.
Citant les obstacles rencontrés par le gouvernement, comme l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, les difficultés budgétaires et le "peu de temps d'ici à la fin du quinquennat", il a néanmoins jugé "impensable" de "ne pas bouger" sur certains dossiers comme le militaire, l'énergie ou encore "les questions de transports", "tout aussi importantes".
- Un mois pour "trancher" -
Les partisans de la LGV se mobilisent depuis plusieurs mois contre l'hypothèse, évoquée dans un rapport du Conseil d'orientation des infrastructures (COI), d'un recours à un partenariat public-privé pour financer ce projet dans un contexte budgétaire compliqué.
Interrogé jeudi à ce sujet, le ministre des Transports Philippe Tabarot a indiqué que "rien n'(avait) été définitivement décidé". "Nous nous sommes donnés encore un mois pour échanger ensemble sur ces différents sujets, pour pouvoir trancher avec les collectivités", a-t-il poursuivi.
"Plus qu'un montage aujourd'hui, ce qui était important, c'était l'annonce qui vient d'être faite par le Premier ministre et l'irréversibilité du projet. Pour le reste, sur le calendrier...", a-t-il encore dit.
Dans son rapport, dévoilé par le site d'information Contexte, le COI, organe consultatif composé d'experts et de parlementaires, juge "probable" que le coût de la LGV Sud-Ouest, évalué à 14 milliards d'euros en 2020, soit réévalué à hauteur de "+20% environ".
Il estime par ailleurs que le calendrier de mise en service des deux lignes, prévues pour 2032 et 2034, doit être revu à 2035 pour la liaison avec Toulouse, 2042 pour Bordeaux-Dax.
La venue de M. Lecornu a aussi été l'occasion de redire l'intention du gouvernement de porter à 4,5 milliards d'euros, contre 3 milliards jusqu'à présent, le montant du contrat de performance avec la SCNF, permettant ainsi de passer, selon M. Tabarot, de 750 à 1.000 kilomètres de lignes rénovées chaque année.
Le ministre des Transports a voulu y voir "la preuve que la France est encore un pays de grands projets" et "aussi un pays qui prend soin de ses infrastructures".
- Vigilance -
En marge de ces annonces, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, a indiqué "approuver la démarche" de la signature d'un tel protocole d'accord visant à engager 500.000 euros pour que les appels d'offres concernant quelque 12 milliards d'euros de travaux soient "bien lancés en 2026".
"Merci de veiller à ce que ces deux pages soient suivies d'effets", avait-elle plus tôt lancé à Sébastien Lecornu, avant que son homologue au département de Haute-Garonne, Sébastien Vincini, ne redouble de vigilance: "Il faut aller jusqu'au bout."
Signe de l'importance du dossier, M. Lecornu était accompagné à Toulouse de son ministre des Transports, Philippe Tabarot, de la ministre de l'Aménagement du territoire, Françoise Gatel, du ministre des Comptes publics, David Amiel, ainsi que du patron de la SNCF, l'un de ses prédécesseurs à Matignon, Jean Castex.
Dans un courrier mercredi, les opposants à la LGV avaient demandé à être reçus par Sébastien Lecornu. Dans un communiqué, ils estiment que ce projet est "en contradiction flagrante avec tous les enjeux, engagements et obligations de la France en matière environnementale" et appellent à y substituer "une régénération et modernisation des lignes existantes".
A.Jones--AMWN