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Ukraine : frappe mortelle sur un lycée en zonée occupée, Kiev dément avoir visé des civils
La Russie a affirmé vendredi qu'au moins six personnes avaient été tuées, des dizaines d'autres blessées et 15 portées disparues dans une frappe ukrainienne sur un lycée situé en zone occupée par les forces russes en Ukraine, Kiev démentant avoir visé des civils.
Depuis le début de l'offensive russe en février 2022, des milliers de civils ont été tués des deux côtés du front et les bombardements se poursuivent quotidiennement, dans un contexte de quasi-impasse militaire.
Selon les responsables russes, 86 jeunes âgés de 14 à 18 ans se trouvaient dans un dortoir de plusieurs étages, qui s'est effondré à la suite d'une attaque au cours de la nuit à Strarobilsk (Starobelsk en russe), une ville d'environ 16.000 habitants située dans la région ukrainienne de Lougansk (est) dont Moscou revendique l'annexion.
"À l'heure actuelle, nous savons que six personnes ont perdu la vie, que 39 ont été blessées et que 15 sont portées disparues, car le déblayage des décombres se poursuit", a déclaré le président Vladimir Poutine après une minute de silence retransmise à la télévision.
Selon lui, cette attaque "n'était pas accidentelle" et s'est déroulée "en trois vagues, avec 16 drones visant le même endroit".
"Aucun site à vocation militaire, ni aucun site appartenant aux services secrets ou à des services apparentés" n'était situé à proximité, a-t-il précisé, promettant une réponse de ses soldats.
Quelques minutes plus tard, l'état-major de l'armée ukrainienne a affirmé que celle-ci avait bombardé pendant la nuit précédente plusieurs sites militaires russes, dont un "quartier général" d'une unité situé "dans la zone" de Starobilsk.
Il a assuré y avoir pris pour cible des éléments du groupe Rubikon, une unité russe spécialisée dans les frappes de drones et qui, toujours selon l'état-major, attaque "régulièrement" des civils en Ukraine.
"L'Ukraine mène des frappes contre les infrastructures et les installations militaires utilisées à des fins militaires, respectant scrupuleusement les normes du droit international humanitaire", a-t-il écrit dans un message sur les réseaux sociaux.
Le ministère russe des Affaires étrangères a de son côté évoqué une "attaque ciblée contre la population civile" et dénoncé l'assistance des Occidentaux qui "fournissent des renseignements aux forces armées ukrainiennes et les aident à cibler leurs frappes".
- "Crime monstrueux" -
Le gouverneur de la région de Lougansk, Léonid Passetchnik, installé par Moscou, avait précédemment diffusé sur les réseaux sociaux des photos de bâtiments gravement endommagés : l'un en feu et partiellement effondré et l'autre aux murs calcinés et aux fenêtres brisées.
"C'est un crime monstrueux (...) du régime de Kiev", a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, au cours d'un point-presse auquel participait l'AFP. "Ceux qui en sont responsables doivent être punis", a-t-il ajouté.
La Russie a convoqué une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, prévue pour 20H00 GMT.
L'Ukraine vise régulièrement la Russie et les territoires occupés en représailles aux bombardements quotidiens dont elle fait l'objet depuis le début de l'offensive russe en février 2022.
Les attaques de drones de chaque côté du front sont largement montées en puissance depuis l'année dernière, Kiev et Moscou étant désormais capables d'envoyer chaque nuit des centaines de ces engins sur l'adversaire.
Le week-end dernier, l'une des frappes ukrainiennes les plus massives sur la Russie depuis le début de la guerre avait fait quatre morts. Elle intervenait deux jours après que 24 personnes avaient péri à Kiev, où un missile russe avait rasé une section entière d'un immeuble d'habitation.
Les discussions sur une issue diplomatique dans ce conflit sont au point mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, après plusieurs sessions de pourparlers sous médiation américaine qui n'avaient pas abouti à des progrès substantiels.
Début mai, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait dit espérer la venue en Ukraine des négociateurs américains dans les prochaines semaines.
Le Kremlin a quant à lui récemment répété que de véritables pourparlers de paix avec Kiev étaient impossibles tant que l'armée ukrainienne n'aurait pas quitté le Donbass, une région industrielle de l'est de l'Ukraine que Moscou s'est donné pour objectif de conquérir.
M.Fischer--AMWN