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Israël et le Liban saluent la signature d'un accord-cadre à Washington, rejeté par le Hezbollah
Israël et le Liban se sont félicités vendredi d'avoir signé un accord-cadre sous l'égide de Washington, le Hezbollah pro-iranien avertissant qu'il pourrait mettre en péril les négociations en cours pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.
Dans une vidéo préenregistrée pour cause de shabbat et diffusée juste après l'annonce de l'accord, Benjamin Netanyahu a semblé dévoiler les succès obtenus côté israélien, à commencer par le maintien de son armée dans le sud du Liban, malgré la mise en place de deux "zones pilotes" contrôlées par l'armée libanaise.
"C'est un coup majeur porté à l'Iran", s'est-il réjoui. "L'Iran essaie de nous contraindre à nous retirer du sud du Liban par la pression, mais en réalité, Israël, le Liban et les États-Unis lui répondent : cela ne vous regarde pas".
L'accord est "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté entière du Liban sans "occupation", "subordination" ni "tutelle", a de son côté réagi son président Joseph Aoun. Il n'a toutefois pas donné plus de détails sur son contenu, tout comme le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio qui en avait dévoilé peu avant la signature à Washington.
Les "autorités libanaises seront incapables d'imposer" sa mise en oeuvre, à moins "qu'elles ne se dirigent, avec le soutien américain, vers une guerre civile", a réagi Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, mouvement pro-iranien armé, très implanté dans le sud du Liban et qui a toujours rejeté ces négociations directes.
Le député a aussi qualifié l'accord de "tentative de perturber" celui conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran pour mettre durablement fin à la guerre dans la région, y compris au Liban - sous l'insistance de l'Iran qui ne veut pas dissocier les deux dossiers.
- Pas de retour pour les déplacés -
Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran le 28 février.
"Israël reste dans la zone de sécurité dans le sud du Liban. C'est un accomplissement majeur et nous le maintiendrons tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé et continuera de représenter une menace pour Israël", a ajouté le Premier ministre israélien, avertissant aussi que la population civile déplacée ne pourrait pas revenir.
La "zone de sécurité" est une partie du sud du Liban qu'occupe l'armée israélienne depuis le début de cette nouvelle guerre avec le Hezbollah, mise en place, selon elle, pour protéger le habitants du nord d'Israël. Elle y a sommé des dizaines de milliers de ses habitants de quitter la zone, et opéré de larges destructions.
Le président Joseph Aoun a maintes fois répété qu'il refusait l'occupation israélienne dans le sud, tout comme toute autre ingérence étrangère - en référence à l'Iran.
Sous les auspices des Etats-Unis, le Liban et Israël avaient entamé mi-avril des discussions directes, les premières depuis des décennies entre les deux pays, toujours techniquement en état de guerre. Cette session de pourparlers était la cinquième.
Depuis le début de la guerre sur ce front le 2 mars, les frappes israéliennes ont fait plus de 4.200 morts, selon les autorités libanaises. Une trêve annoncée le 17 avril n'a jamais été respectée.
- "violation stupide" à Ormuz -
Dans le Golfe, des navires continuent vendredi à traverser le détroit d'Ormuz, rouvert à la faveur du protocole d'accord entre Washington et Téhéran.
Plusieurs d'entre eux l'ont fait en empruntant une route non approuvée par l'Iran, malgré l'attaque d'un cargo la veille qui a poussé l'ONU à suspendre son évacuation, selon des données de suivi maritime.
Une "violation stupide" du cessez-le-feu avec l'Iran, a réagi Donald Trump vendredi, alors que les deux belligérants sont entrés dans une phase de 60 jours de négociations pour parvenir à un accord final.
Selon le président américain, l'Iran, qui avait verrouillé Ormuz depuis le début de la guerre, "a lancé au moins quatre drones d'attaque contre des navires".
Vendredi, 29 navires commerciaux sont passés par le détroit, dont dix pour entrer au Golfe et 19 pour en sortir, selon les données de Kpler en fin d'après-midi. Dix-sept ont suivi une route longeant les côtes d'Oman. Après un pic de 57 navires mercredi, 42 étaient passés jeudi, selon la même source.
L'autorité maritime iranienne avait averti, après l'attaque, que "tout passage en dehors du cadre défini" par l'Iran "ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé".
Le processus d'évacuation sera relancé dès qu'il aura "obtenu des confirmations supplémentaires" sur les garanties de sécurité, a expliqué le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale, Arsenio Dominguez.
Depuis mardi, 115 navires et 2.500 marins ont été évacués sur un total de 11.000 marins à bord de 600 navires à évacuer, selon OMI.
O.M.Souza--AMWN