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A la marche pour Quentin Deranque, colère contre "la racaille antifa"
Enveloppés dans des drapeaux français, portant des roses blanches ou des autocollants de Quentin Deranque près du cœur, les manifestants ont marché, sans heurts, en réclamant justice pour leur "camarade" de 23 ans, battu à mort par des membres de l'ultragauche.
Certains revendiquent être militant identitaire, d'autres leur foi chrétienne et certains se disent apolitiques. Toutes les générations se croisent.
"On est ici pour rendre hommage à Quentin, militant nationaliste assassiné par la racaille antifa", déclare à l'AFP Maxime, 24 ans, activiste identitaire venu de Toulouse.
Très émue, Maryline dénonce, aux côtés de ses deux jeunes fils, "un acte ignoble". La femme de 42 ans fréquentait la même paroisse traditionaliste que le défunt et "le croisait régulièrement".
"Maintenant, les gens se battent pour tuer", s'émeut pour sa part Philippe Picard, dont les enfants ont à peu près le même âge que le jeune homme battu à mort. Le quinquagénaire assure n'être ni "d'extrême droite ni d'extrême gauche".
"On est aussi là dans un esprit de patriotisme", souligne pour sa part Charlie, 15 ans, venu avec son père qui, lui, dit manifester "pour la première fois".
- "Lyon est antifa" -
Sur la place Jean-Jaurès, d'où est partie le cortège, une discrète banderole "Lyon est antifa", accrochée à une fenêtre, accueille les manifestants.
Très vite, les slogans politiques s'invitent à cet hommage, qui a rassemblé 3.200 personnes selon les autorités, dont de nombreux jeunes hommes, habillés de noir, le visage parfois masqué.
"Les responsables de la mort de Quentin sont au sein de La France insoumise", accuse, juché sur le camion de l'organisation, Raphaël Ayma, militant identitaire du sud-est de la France. Deux des sept hommes mis en examen dans le dossier sont des collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault.
Une minute de silence et de prière est ensuite respectée, certains manifestants réalisant le signe de croix.
Quand la marche s'engage, les participants alternent les slogans "antifa assassin, LFI complice" et "justice pour Quentin", sous le regard médusé de Mathilde, 30 ans.
"Savoir qu'il y a des groupuscules fascistes dans Lyon qui défilent, moi ça me fait peur", dit cette habitante du quartier, de "gauche". Elle tente de se rassurer en estimant qu'il n'y "avait pas grand monde".
Arthur, 25 ans, constate, lui, la présence de "nombreux crânes rasés, de beaucoup d'hommes cagoulés et jeunes dans la trentaine", évoquant une "ambiance un peu belliqueuse".
- "Pensée pour les parents" -
A l'approche du lieu où Quentin Deranque a été violemment agressé, un homme fait des doigts d'honneur aux manifestants, qui lancent: "La rue, la France, nous appartient".
Puis les manifestants déploient une grande banderole noire, barrée d'un symbole chrétien et de la mention "Adieu camarade" et encadrée de gerbes de fleurs. Plusieurs torches sont allumées dans une ambiance solennelle.
Certains entonnent "La ligue noire", un hymne contre-révolutionnaire, d'autres des chants religieux.
"J'ai une pensée pour les parents", glisse une dame à sa voisine, brandissant un autocollant de Quentin Deranque.
Avant la dispersion, une Marseillaise est entonnée et des slogans "Vive la France" résonnent.
Imen, une contre-manifestante de 34 ans, est révoltée: "Lyon, c'est la capitale de la résistance, il y a une grande université lyonnaise qui s'appelle Jean Moulin", héros de la Seconde guerre mondiale.
Selon un porte-parole de la préfecture du Rhône, "deux personnes au moins" ont été vues en train de faire des saluts nazis pendant la marche. La préfecture a annoncé qu'elle comptait saisir la justice.
P.Santos--AMWN