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Trump durcit encore l'affrontement commercial avec le Canada
La crise entre les Etats-Unis et le Canada, lancés depuis quelques jours dans une surenchère de droits de douane et d'attaques verbales, a empiré lundi avec de nouvelles menaces de Donald Trump visant l'acier et les voitures importées du Canada.
Après la rupture spectaculaire vendredi soir par le Premier ministre canadien de discussions en vue d'un compromis commercial, le ton n'a cessé de monter entre les deux voisins et partenaires économiques.
Le Canada a reproché aux Etats-Unis de "demander trop et offrir trop peu", tout en accusant Washington de s'en prendre, par certaines de ses revendications, au statut de la langue française, un sujet politiquement sensible dans ce pays officiellement bilingue.
Le président américain, qui avait lancé les offensives commerciales, martèle lui que le Canada abuse de la générosité de son puissant voisin, que ce soit sur le plan commercial ou militaire.
"Le Canada dépouille les Etats-Unis d'Amérique depuis des années", a assuré Donald Trump lundi sur son réseau Truth Social, en affirmant qu'à partir du 1er janvier 2027, "toutes les voitures, les camions, grands et petits, les pièces détachées automobiles et l'acier verront leurs taxes augmentées à 50%".
"En matière commerciale et ailleurs, ils sont parmi les pires pays avec lesquels négocier", a encore critiqué Donald Trump.
"Ils pensent avoir tous les droits et pourtant, NOUS N'AVONS PAS BESOIN DU CANADA, C'EST EUX QUI ONT BESOIN DE NOUS", a assuré le milliardaire républicain, qui a plusieurs fois évoqué la possibilité de faire du Canada le 51ème Etat des Etats-Unis, suscitant l'indignation des Canadiens.
La surenchère de droits de douane suit l'échec vendredi soir de discussions menées depuis des semaines pour tenter de trouver un compromis commercial entre les deux pays voisins.
Les détails de ces négociations sont techniques, et les systèmes de taxes douanières multiples entre les deux pays.
- Crosses de hockey -
La majorité des produits canadiens est exemptée de droits de douane américains grâce à l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis et le Mexique (ACEUM), mais des surtaxes imposées par Donald Trump depuis l'an dernier ont déjà eu un fort impact sur certains secteurs stratégiques comme l'aluminium, l'acier ou l'industrie automobile.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a décidé de rompre les négociations juste avant que n'expire un ultimatum de la Maison Blanche.
Au lieu d'une trêve, ce sont donc de nouvelles surtaxes américaines de 50% affectant environ 20 milliards de dollars de marchandises qui sont entrées en vigueur samedi, soit 5,5% des exportations canadiennes vers les Etats-Unis, dont le ciment et les crosses de hockey.
M. Carney, décidé à rendre coup pour coup, a annoncé de nouveaux droits de douane canadiens à partir du 8 septembre, visant notamment l'acier et des produits laitiers américains.
Il a reproché à Washington d'avoir ajouté de nouveaux éléments de discussions "à la dernière minute".
Il a aussi évoqué des "menaces contre la langue française" et la "culture québécoise" portant, selon lui, sur les subventions à la culture francophone, la place des médias en français en ligne et l'obligation d'étiquetage bilingue des produits vendus au Canada.
Reste à savoir maintenant qui cillera le premier.
Donald Trump, lancé depuis son retour au pouvoir dans un virage protectionniste, a souvent envoyé des menaces commerciales très dures, avant de se rétracter à la dernière minute.
Mark Carney, dont le pays est très dépendant économiquement de son grand voisin, est sous pression politiquement pour ne pas céder trop de terrain à Washington.
Dans un sondage mené au Canada ce week-end, 76% des personnes interrogées soutiennent la rupture des négociations, et 62% sont favorables aux représailles annoncées par le Premier ministre canadien.
Depuis son arrivée au pouvoir en mars 2025, il tente d'ailleurs de réduire cette dépendance en cherchant de nouveaux partenaires commerciaux en Asie ou en Europe.
Les Etats-Unis sont, de très loin, le premier partenaire commercial du Canada, les exportations canadiennes vers ce pays représentant actuellement autour de 70% du total.
Cela ne signifie pas qu'une guerre commerciale prolongée serait sans effet sur la première puissance économique mondiale.
Toute surenchère des droits de douane risque en effet d'alimenter une inflation tenace, qui vaut à Donald Trump un mécontentement de plus en plus prononcé de l'opinion publique.
P.Santos--AMWN